jeudi 7 juin 2018

7 juin 2018

J'écris ces lignes, en fin de journée, en regardant d'un oeil la tv donnant un reportage tres intéressant sur les vignobles de prestige français, dont hélas je ne fais pas partie (Romanée Conti, Petrus, Salom, Lafitte, ), c'est à dire ces vins dont on parle et qu'on ne boit pas.

Je dédie ces lignes à la nouvelle habitante de Mattes, née hier soir, et qui découvrira peut être dans 100 ans, ce que fut son jour de naissance, au domaine, et pour moi.

Temps presque ensoleillé, jour annoncé comme le dernier d'une série pluvieuse. Il fait presque frais. autour de 20°C; Je commence par des e mails, apres 8H. La nuit fut mauvaise, dieu sait pourquoi, et j'ai dévoré un lit tres intéressant, sur le monde à la mort de Louis XIV; 400 ans. On voit deja que l'Inde ou la Chine ont les mêmes problemes qu'aujourd'hui, et que l'Iran sous la poussée de ses shahs voulait repousser ses frontières.

Bref, rien de nouveau sous le soleil, la Russie existait deja et titillait la Chine, qui entreprenait sous l'empereur Kanxi sa rénovation, entre Chinois, Mandchous et Moghols !! Apres avoir travaillé sur les statuts d'une société à venir,  Vers 10 h, je suis allé à la mairie de Portel, fait qq courses, et retour. En arrivant, il y avait le camion d'enlèvement pour un client hollandais.

j'ai fini la matinée en revisant la trésorerie jusqu'a fin aout. Nous partons de 100.000 €, nous aurons 86.000 € de flux entrants sur la période, soit assez pour couvrir 3 mois. Puis de nouveau e mail pour expliquer les résultats 2017 à notre principal banquier, et envoi d'une dizaine de factures.

L'après midi, je recois un vieux client, M. GIBERT de Cajarc, qui m'avoue boire le chevreuse que sur des becasses !! et je lui propose un vin plus adapté. Belle commande.

Breve averse de 20 mn puis travail de bureau, les salons, la fosse pedologique, puis discussion avec un professeur de géologie sur la nappe des corbières, et le caractère préservé de Mattes. Sur un domaine qu'il connait bien , a st emilion, le clos Fourtet ! les vins la bas sont vendus 4 ans à l'avance !! non non Mattes est différent. le clos Fourtet, 18 ha, 100 € la bouteille !

Un peu apres 17, je file humer l'air et voir les vignes sur Fitou. Y a de tout, peu d'herbe, peu de plantations, mais des arrachages, et surtout des vignes complantées. La bas, les palissages sont plus rares.

Derniers e mails, et contact avec un homme de loi, puis e mail, il est presque 20 H.La journée s'achève. Je pense à un tres bon pâtissier, faisant à bon prix des gâteaux de qualité, de très grande qualité, et qui doit fermer faute de clients à fin juin. Mon Destin ? les Corbières ne se developpent pas, et j'ai été frappé par la myriade de petits domaines inconnues dans un rayon de 30 KM; A l'heure d'Amazon, de la pub, et du gigantisme, qui subsistera ???Même dans Sigean, qui se développe, les commerces semblent péricliter !!!

dimanche 20 mai 2018

L'AVENIR DE L INTELLIGENCE

On ne finit pas de faire le tour de MAURRAS, écrivain si ignoré aujourd'hui, parmi tant d'autres qui connurent  la gloire il y a à peine un siècle. Qui lit encore Barrès ? et Loti, et Bourget et Léautaud....Rentrant un jour chez Gallimard, vers le bas du bd Raspail, je fus étonné de tous ces noms ignorés aujourd'hui, qui fleurissaient les murs de  la nécropole des lettres !!

Maurras a écrit un livre assez intéressant, l'Avenir de l'Intelligence, dans lequel il recherche les tendances du monde, et donc l'Avenir. Il décrit par exemple que les premiers hommes de pouvoir furent des orateurs (les grecs par exemple), puis avec l'écrit, ce furent les écrivains (de Voltaire à Thiers, etc). Puis il note bien que la lecture "glisse" vers les journaux, les éditorialistes, dont il fut l'un deux. mais il observe aussi que cette évolution s'est accompagnée d'une baisse de l'intelligence servie aux lecteurs ou consommateurs.

Mort en 1951, il a pu connaître les débuts de la radio, du cinéma, mais pas la présence de la TV. Il serait sans doute effaré - je le suis aussi - que plus les média "descendent" et nous envahissent, plus l'intelligence en est absente. Le dernier exemple en étant le mariage Windsor bassiné toute la semaine. 0n nous fait prendre des vessies pour des lanternes, et de partout, sans souci de faire appel ou d'éclairer notre intelligence.

Ceci est général. La Chine célébre Karl Marx, alors qu'elle compte déjà 370 milliardaires en dollars. L'Amérique sous la direction - non pas direction, disons la présidence de Trump arrivé au pouvoir par la téléréalité, sinon le mensonge - diminue les impots des plus riches alors que la sécurité sociale n'y existe pas, que le budget s'enfonce, que les infrastructures défaillent,  glorifie les armes, alors qu'elle perd chaque année plus d'écoliers que de soldats, et enfin se veut "le maître du monde" alors que depuis un siècle elle est fondamentalement isolationniste...Sans compter Israel qui tire sur des gens désarmés pour prétendre faire la paix !! oui, il semble loin le temps où Israel éait un modèle, et une victime !

Le comble actuel étant sans doute ici les pilotes d'AIR FRANCE qui sont en train de scier la branche sur laquelle ils couvent, et qu'ils prétendent sauver  !! Sans compter l'Education Nationale qui persiste à ne pas voir que 20% de sa production - et ce depuis 50 ans - ne sait pas écrire, ni lire, ni compter, et donc....quel vigneron accepterait de voir chaque année 20% impropre à la consommation ?

Donc pour prolonger Maurras, et son regard, deux grandes tendances jouent beaucoup dans notre monde. La première, qu'on pourrait qualifier de societé du spectacle - pas uniquement la TV, mais aussi les fausses vedettes, les modes, les fashion designers etc, les tendanceurs -. Elle favorise sans nul doute l'apparence, la betise, le superficiel, l'inculture, etc.  La seconde qu'on voit moins est aussi la Vitesse à laquelle le monde tourne, ou veut tourner. Sous Louis XIV, par exemple, les navires partaient pour le Siam, et revenaient deux ou trois ans plus tard, sans donner de nouvelles. Sous Napoléon, sa lettre mettait 8 jours pour franchir Moscou-Paris. Désormais, 10.000 nouvelles arrivent chaque heure de toutes les parties du monde, dans tous les sens. Même à l'échelon familial. Je fus effaré d'apprendre que chaque utilisateur de telephone mobile envoie parfois 300 sms par jour !! le pire dans ce flot est de trier et de hiérarchiser ce qui est important, vital ou accessoire. Pour agir le mieux possible.

On voit la difficulté de l'exercice, car il y faut non seulement de l'intelligence mais du caractère. Le fonctionnement le plus proche est celui du commando, du militaire de base. Il faut que je retrouve le titre d'un livre  lu cet hiver, plein d'enseignements. Le soldat le plus efficace est celui qui a le plus de sang froid, le soldat autonome.

Le vigneron est un peu soumis aux mêmes tensions, surtout dans une région comme la nôtre ou là vie fut toujours difficile depuis 1900;

Que doit il planter ? sachant que c'est fait pour 30 ans . Quand doit il ramasser ? quel sera le temps ? à qui vendre ? a quels prix ? doit il investir ou se retirer ? son exploitation est elle dans la bonne direction ? faut il faire du bio, comme le veut la mode ? faut il faire des foires ? quelles sont les bonnes étiquettes ? ses vins sont ils deja bons ? etc. ou exporter ? quel négociant approcher ?  comment avoir les meilleurs ouvriers ? de quel niveau ? mille questions l'assaillent, sans qu'il ait la reponse ou même l'envie de réfléchir. et chaque étape est une montagne, on est tjrs à mi pente.

Quel est l'avenir de la viticulture ? que faut il faire ? Il est indéniable que le monde agricole français est foncièrement conservateur, sait ce que fut son expérience, son apprentissage, celui de ses pères, etc. I'Italien est plus novateur, sous la poussée de ses grands marchands. et les pays du nouveau monde, encore plus. autant de voies différentes.


lundi 7 mai 2018

DE LA FRANCE, de son évolution,

Ce long week end m'a conduit sur mes terres natales, où je n'etais pas retourné aussi profondément depuis 20 ans, environ, sans compter les brefs sauts de jeunesse.

Plusieurs choses  m'ont frappé au cours de ce périple qui m'a conduit de Paris, et ses embouteillages, aux sources de la Loire, en suivant la nationale 7, par une belle journée de soleil.

Il existe oui, plusieurs France humaines. Des régions se sont développées, d'autres s'enfoncent. Je ne saurais pas dire pourquoi, en prenant l'exemple de ma commune natale.

En 40 ans, elle  a doublé sa population, mais paraît vide, et bloqué dans sa torpeur. Choses frappantes, les commerces paraissent bien moins nombreux qu'avant : à mes 20 ans, il y avait tout un ensemble de commerces qui semblent ne plus exister, et n'existent plus. Epiceries, bistrots, j'en comptais au moins 4, je n'en vois plus, petits artisans, plombiers, garagistes, et même maréchal ferrant, mercerie, tout ce tissu social semble avoir disparu. Et notamment les patisseries, qui étaient six dans mon adolescence. sans compter les bistrots, qui m'étaient interdits.

Cela n'est pas particulier à ma ville. Je le vois aussi a Firminy, pourtant ville moyenne, ou Montrond, ou l'ex relais et châteaux de M. Randoing, 2 étoiles, est presque en ruines ! Pourtant, des villages coquets, vivants, existent, mais tous semble avoir des industries susceptibles de garder les jeunes. Il y a aussi un nivellement des prix, et des gouts. Cela se voit dans les restaurants notamment, ou le nombre de pizzas, kebabs tient de l'invasion, tandis que les restaurants moyens ou fins de mon enfance disparaissent. Bref, on distingue de grandes fractures par rapport au Passé. Si l'église est encore remplie le dimanche, et les communions frequentes, aucun assistant de moins de 40 ans, voire de 60 ans.

Oui, toutes ces maisons sans vie, peu fleuries, parfois négligées ou en ruines - frappant dans l'allier, le long de la N7 - pourtant, là haut sur les plateaux si difficiles, la vie s'accroche encore, et la nature parait entretenue. Que sera tout ca dans 20 ans ? les touristes sont peu combreux.. ..









Oui, un bon vin de M. Delas - il était temps - un gigondas de 2014. très mourvèdre !

samedi 21 avril 2018

ASTERIX 20 AVRIL 2018

J'aime beaucoup Hercule Poirot. Il observe, il note, puis il pense et déduit. Conduit dans trois restaurants agréables ces temps ci à l'occasion d'un séjour à Mattes - photos à suivre - sans cuisine, j'observais que la carte des vins était exclusivement locale, le plus souvent. Certes, il convient de faire connaître nos vignerons, surtout que les prix en sont modérés. mais j'ose penser que cet attachement local a d'autres raisons, l'entresoi, le manque d'ouverture et de regard sur le monde.

Cette observation est d'abord passée par les chemins de Dieu. La TV m'avait servi une émission sur les 100 PLUS BEAUX VILLAGES DE France. J'avais regardé la liste, en observant que sauf erreur, l'Aude n'était pas présente, et pourtant !!! j'avais vu que le Var, et le Vaucluse, en alignaient chacun 5, bien mérités. Mais rien dans l'Aude ??? même pas le pays de l'abbé Saulnières ? même pas Cucugnan, pourtant si pittoresque ? même pas Couiza ?? rien ...que diable..et Bages, et Peyriac ?

Mais les hasards de la route, encore, me firent passer sur le chemin de Mattes, par Charroux, village à deux pas de Chantelle !! Charroux fait partie des 100 PLUS BEAUX....pourtant je le trouve banal, certes, sans chose abîmante, ni Intermarché, ni éolienne, mais que c'est banal, à côté de Pérouges par exemple, ou de ce village que j'oublie vers Genève !! de la bibine.

Bref, l'Aude se retrousse t'elle les manches ?? veut elle se faire connaître ? ou se satisfait elle béatement de son monde ? souvent les cartes de vins reflètent non pas la curiosité du cuisinier et ses goûts, mais des portefeuilles de réprésentants, qui tournent, au gré de leurs commissions. quelques cuisiniers vont plus loin, et cherchent, mais ils sont rares.

Nous allâmes dans un restaurant pourtant connu pour sa cuisine agréable (mais abordable). Sa carte des vins débordait un peu la région, avec bcp de roussillon (mais pas un fitou), qq champagnes, pas un bourgogne (il est vrai qu'il n'en vendrait probablement pas, sauf aux estrangers), et rien en bordeaux, val de loire !!

mais qu'importe j'etais prêt à boire local. A ma demande, il me recommande un nom bien connu, avec un O et un R, une tête de la région.  Je lui dis surtout pas, c'est imbuvable !! nous nous querellons un peu, mais fermement. Il me recommande alors un autre, qu'il trouve très bon, et que je ne connais pas.

20 minutes plus tard, il me demande ce que j'en pense. "Très banal !! affreusement banal !!" ce soir là, je me suis fait peut être un ennemi par ma franchise, mais c'etait un simple grenache, oui, banal. Ni bon, ni mauvais, mais pas marquant, si bien que j'en ai oublié le nom ! Fontsainte je crois !

Il se trouve que sur le retour sur Paris, je boirais dans un restaurant agréable, à la carte disons assez éblouissante en appellations et en millésimes un verre de côte rotie à 12 €. Je l'ai jugé bon, plaisant, velours en bouche, mais sans attaque ni longueur, ni complexité. Le CLOS REDON 2017 de Mattes sera bien meilleur.

Toute cette classification des appellations, des vins, tient de l'aristocratie de l'Ancien Régime, où le nom faisait tout. Dire que les français aiment la liberté et l'égalité !!! Par chance, les marchés extérieurs n'ont pas ces oeillères, ils cherchent le bon au meilleur prix, sans sacrifier à l'étiquette..6 pallettes de clos redon 2016 vont partir au Japon.

Oui, pour revenir à l'Aude, je me souviens d'un bistro jadis vers Margaux, ou l'on trouvait bien sur tous les margaux du coin, mais où le propriétaire pouvait aussi apporter son vin. Mais tant que l'Aude s'imaginera comme Astérix qu'elle fait les meilleures cervoises et potions magiques du Monde, les domaines ne feront pas de progrès. Quand j'ai démarré en 1985, le Lubéron démarrait. Aujourd'hui ses vignes valent le double des nôtres....Soyons honnêtes, chaque région viticole a les mêmes travers. IL n'y a qu'a Londres qu'on trouve des cartes de vins éclectiques, voire meme encyclopédiques. Mais quand un local vous recommandera comme bons vins des vins lointains ( je m'y risque : PONTET CANET pour un bordeaux, parmi d'autres qui ne deméritent pas, VOSNE ROMANEE du comte de Vogue, et x champagnes, ou des blancs de macon ) peut être les Corbières seront elles sauvées !

samedi 24 mars 2018

AU FIL DES JOURS

Enfants, nous apprenions tous un poème, une ritournelle, et dont la fin était : "Mars ramène en secret le printemps".

En ce samedi matin, je vois sur meteoferrals.com qu'il fait 6.4°c à Mattes,  que la pluie semble tomber. Quant à Paris, le ciel est ce matin clair, mais il ne fait pas plus de 8°C. Il y a quinze jours, nous gelions !

Malgré cela, le monde continue de tourner. Les évènements n'ont pas manqué : certains montrant que le monde est resté tel qu'il y a cinquante ans. Elections italiennes, qui ne conduisent a rien. Elections russes à la soviétique. Enfin, la Chine revenant à la Présidence Mao, tout en combinant un parti communiste et des milliardaires, c'est à dire le grand écart. Serions nous rejetés en arrière ?

C'est le sentiment qu'on peut avoir, comme si les peuples ne changeaient pas. Pourtant que la vie, le mode de vie, la vie bien souvent, a changé en 50 ans. Je me rappelle assez bien le printemps de 1968, alors que j'étais en seconde. Mais les échos en parvenaient assourdis dans cette ville de Province qui s'est donnée désormais à Wauquiez. Oui, les universités remuaient, défilaient, contestaient. Mais si le bon prêtre nous avait dit - comme on le dit désormais - que tout avait commencé par des revendications de liberté sexuelle, nous aurions ouvert des yeux ronds. Nous percevions plutot le poids de trop d'académismes dans ce monde ancien, notamment éducatif. La vivacité d'une jeunesse, la tâche de la guerre du vietnam.

Est ce que 1968 fut une Révolution ? Certainement pas. Certes, beaucoup de l'ordre ancien sauta en éclat, mais ou voit on l'équivalent d'un saut en avant ? Beaucoup de choses, de gens, resterent en place, mais sans doute la génération de la guerre céda la place à la suivante, pour simplifier De Gaulle à Pompidou, Giscard, Mitterand et autres.

Néanmoins, 1968 marqua le début d'une ébullition qui dura longtemps. Tchéchoslovaquie, puis Pologne dix ans plus tard, et enfin Allemagne de l'Est,  effondrement du mur de Berlin, et explosion de l'ancienne URSS en x republiques. Ensuite deux évènements différents, la mort de Mao, puis l'élection du tandem Thatcher Reagan marqua le début du retour du libéralisme effréné.  Que de secousses en tout genre, et l'on ferait rire bien des gauchistes de l'époque en leur disant que leur résultat le plus apparent fut le retour en Russie de la religion orthodoxe, et l'enrichissement des milliardaires américains.

Beaucoup de choses ont néanmoins bougé - mais sont ce vraiment des progrès ? . Un certain éclatement de la famille, le poids de l'argent, un écrasement des valeurs anciennes au profit du fashion, de l'individualisme, d'un certain autisme, de la sphere individuelle, des égoismes. Quand j'ai commencé à travailler - 40 ANS -  il y avait une certaine éthique dans l'entreprise, des règles, un formalisme, un respect des uns et des autres, des choses qu'on n'aurait jamais faites. Là aussi, tout a disparu, au moins dans beaucoup. C'est vrai aussi de beaucoup d'institutions. Inversement, la confiance était plus grande, plus simple. Aujourd'hui, si vous n'avez pas de téléphone portable,, et de CB, vous ne pouvez rien payer !!! 

Le monde était relativement simple, pour qui en connaissait les règles. De Lille à Marseille, du grand bourgeois à l'auvergnat le plus reculé, on pouvait se parler et se comprendre, comme en témoignent Pompidou et aussi Chirac au cul des vaches. La France était restée paysanne.  L'ascension sociale était évidente, pour qui voulait. Aujourd'hui, les communautés sont nombreuses, quasiment fragmentées et éclatées : les CSP+, les bobos, les ghettoisés, les tradi, les fashion, les "français de souche", les gens ayant fait des études supérieures, les musulmans, les catholiques, les athées, les riches, les pauvres, les sans enfants, les sans maris, les divorces, les vieux, les jeunes, les geeks, que sais je !! les naturistes, les textiles, les bourreaux de travail, les relax, les corses, les continentaux, les fana de gym, de footing, les métal, les classiques,  on pourrait nommer des dizaines de catégories, chacune ignorant presque les autres, et restant assez hermétique.

Certes, il y avait des différences, très grandes, mais l'ADN était commun. Si on compare par exemple la réaction du peuple  face à la mobilisation en 1914, puis en 1939, déjà on voit des craquements, des changements. et la réaction après le Bataclan fut instinctive, certes, mais limitée à une population bien définie.

Comment Mattes a t'il évolué pendant la période ? est ce qu'il est sur les bons rails , dans la bonne direction ? que sera le Futur ? que doit on faire pour les 50 prochaines années ?

J'entends parfois quelqu'un m'affirmer que les entreprises françaises ne sont pas assez informatisées, que nous avons des progrès à faire. Je ne crois pas que ce soit le défaut majeur de nos entreprises. Par exemple, jamais les banques françaises n'ont été aussi informatisées. Est ce qu'elles rendent individuellement de meilleurs services qu'il y a 20 ou 40 ans a leurs clients ? Le seul progrès que je constate pour ma part est l'accès rapide aux comptes. Est ce qu'une expérience informatique aide à mieux monter une palette ? à planter des vignes ou des arbres ? à fouiller l'avenir ? au contraire, l'avalanche de données non classées perturbe la décision, et n'aiguise pas l'instinct ni la réflexion, à voir les fondamentaux.

La mécanisation sans doute a aidé l'agriculture, internet aussi, la globalisation aussi. Ce mois ci, nous avons expédié notre premier container - 14.400 bouteilles quand meme- sur la Chine. Hier, sont aussi parties des expéditions vers les USA, l'Allemagne, le Japon. Le boulot a aussi changé de nature, au moins pour le régisseur et l'exploitant. Mais la météo, l'état des vignes, font toujours la récolte. Ce qui a peut être le plus évolué, et qui doit le faire encore, c'est sans doute notre attention à l'environnement - même si les oiseaux et les écureuills n'ont jamais quitté Mattes, comme les chauve-souris - et j'allais dire le travail à faire après la récolte, c'est à dire l'élevage sans doute, et aussi le travail d'assemblage, qui est à la fois intuition et expérience. Pour la troisième année, la confusion sexuelle est pratiquée, permettant d'éviter des traitements chimiques et délicats.

Hier, a Carcassonne, à deux pas de Mattes, a eu lieu un évènement tragique résumant toute cette évolution. Dans l'Aude tranquille, presque millénaire,  un homme au nom d'Allah a tué 4 personnes plus que bêtement. Un colonel a donné sa vie. Il n'y a nulle explication rationnelle a ces crimes, sauf l'ignorance, la soif de revanche, et la bêtise ambiante qui monte encore.





samedi 10 mars 2018

VIEUX MILLESIMES

L'intérêt d'amateurs du Val de Loire pour une dégustation verticale - plusieurs millésimes - de CHEVREUSE en fin d'année, et leurs résultats, m'a fait regouter depuis fin janvier des vieux vins de Mattes.

J'ai regoûté tout ce qui était disponible, ou à revoir.. Je n'ai pas regoûté ni LE MILLENIUM ou le FRANCOIS MAURIAC, de 2000. Non plus le 2003, dont je ne dois pas avoir gardé une bouteille.

Au final ont été dégustés, souvent sur plusieurs jours, les vins suivants, qui ont aussi l'intérêt d'avoir été produits - ou vinifiés ou élevés - par trois régisseurs successif, dont la patte apparaît à l'usage. Il y eu aussi quelques modifications dans la façon d'élever en barriques, et quand mettre en barriques.

CHEVREUSE 1998
CHEVREUSE 2001, Massoud
CHEVREUSE 2004
CHEVREUSE 2007
CHEVREUSE 2008
CHEVREUSE 2011
CHEVREUSE 2013
CHEVREUSE 2015


¨Première chose, tous ces vins sont "buvables", ils ne se sont pas passés. Pourtant le premier a 20 ans.
Le boisé s'est estompé au delà de 7 ans. Les vins sont très différents, par exemple le 1998 est plutot un vin faible, à 12.5, tandis que les millésimes suivants sont plus concentrés et dépassent souvent les 14°. Mais quel bouquet !! sans faire tourner la tête.

Il est difficile de les classer, car tous ont un âge différent.  Le 2007, mon préféré, est remarquable de complexité et de fraîcheur, son équilibre est là, son excellence aussi.

Les autres ont chacun leur caractère, et leur intéret. Le 2001, que j'ai longtemps trouvé trop marqué par le bois brûlé, est maintenant fondu. le 2004, qui ne me plaisait plus il y a environ 5 ans, me convient très bien, alors que le 2011 semble désormais en arrière. Reviendra t'il dans le peloton ?

En tout cas, l'objectif est atteint, Mattes est capable de faire des vins qui tiennent 20 ans, et surtout ce qui est plus étonnant, vous pouvez les déguster sur plusieurs jours, ils n'évoluent pas rapidement à l'ouverture.

 


10 MARS 2018, apres le SALON de l'AGRICULTURE

Je me presse de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer.

Beaumarchais !

 

Dans une vie apparement sans relief, morne, boring, comme on dirait maintenant, les émotions et les indignations ne manquent pas. Je vais en livrer quelques unes à votre sagacité.

Tout d'abord, un mystère !! comme chacun sait, la récolte de vins a été dans le sud, disons trois bassins, Bordeaux, Provence et Languedoc, inférieure à celle de 2016 inférieure de 15 à  20 %. C'est quand même énorme !

 Les lois de l'offre et de la demande auraient laissé penser à un esprit rationnel type ... que le prix des vins devait augmenter ! aussi sûrement que la dernière peinture de Léonard da Vinci, par sa rareté, atteint des sommets.

 Voyons les faits. A Bordeaux, en moyenne, les prix ont augmenté de 17 %. Pour la Provence, citons des propos officiels :

La petite récolte de 2017, inférieure de 12 % à celle de l’année précédente, a inquiété les importateurs soucieux de s’assurer des volumes. De quoi échauffer les esprits et faire monter les prix. « Le prix du vrac a flambé de 26 % en janvier 2018, par rapport à l’année précédente, pour atteindre 2,6 à 2,7 euros le litre », affirme Brice Eymard, directeur du CIVP.

 EN Languedoc, il y a eu des tentatives de hausse, de grandes discussions, mais le message officielle des coopératives et des esprits relayés bien sûr par les acheteurs était prudence, engagement triennal, sauver les marchés, sous entendu, si hausse, tout s'effrondre.

 Résultat : les prix des vins de cépage n'ont pas bougé d'une année sur l'autre, à l'exception peut être du chardonnay. Le cabernet, qui part pour une part sous des cieux plus rémunérateurs, et était très demandé - nous l'avons vendu en deux jours - est resté stable.

Pour ce qui est AOP, là aussi, les marchés ont été rapides, en janvier, mais les prix n'ont quasiment pas bougé..disons le cout de la vie, quand l'acheteur fait partie du Cartel (les gros metteurs en marché, soit 3 à 5 groupes), et beaucoup, 7 à 15 % pour les négociants plus petits ou independants. 

Or, si on observe sereinement les choses, on voit bien que dans les bassins Bordeaux et Provence, les grands groupes type CASTEL, GCF, JEANJEAN et autres, n'ont pas ce pouvoir qu'ils ont dans notre région. et que les gens en face sont davantage des vignerons indépendants capables de vendre par eux mêmes, dont les marchés sont porteurs.

La conclusion est claire. POurtant, je persiste à penser que plutot que de se battre par le bas, notre région devrait se battre sur une qualité, et la faire reconnaitre.

C'est ce que j'ai voulu faire dès 1989, 1992, devant patienter jusqu'en 1998 pour tourner le volant, virage que j'avais préparé - ah l'audit de 1992 par le père Dubernet fut decoiffant - en plantant de la syrah, etc.

Le résultat est clair. Le Corbières vrac 2017 sortant de Mattes a été payé en moyenne 136 € par hl, alors que notre voisin et ancien metteur en marché payait 70 a ses coopérateurs...si l'on estime à 10 -15 € les frais de vinification, la différence est claire ! et si on inclut nos ventes bouteilles, le prix moyen de l'hl de vin vendu par Mattes monte à 206 €/hl

Il y a quarante ans - il faudra que je fasse un historique - les vins de Provence étaient sans doute aux memes prix que les vins du midi - aujourd'hui l'écart est du simple au double, un peu comme la France à l'Allemagne.


Deuxième épisode !!

Comme vous ne le savez sans doute pas, il existe un concours des vins de Corbières, dont le retentissement ne doit pas dépasser les portes de Boutenac, même si les échos en arrivent à Sigean.

Par contre, vous avez sans doute entendu parler des concours type CONCOURS GENERAL AGRICOLE ou MACON, qui ont pour eux l'ancienneté, et l'audience, bref un intérêt plus évident.

Je vous livre des choses étonnantes à méditer profondément, à l'heure où la Corée silencieuse semble avoir plus de résultats que les pantalonnades de M. TRUMP.

Nous avons présenté - ô faiblesse - les mêmes vins au Concours des Corbières, et au CGA, dont les dégustations ont eu lieu à un mois d'écart, certes pas par les memes dégustateurs !! 

Le Clos Redon et le Chevreuse ont été éliminés aux Corbières, et ont récolté deux médailles d'Or à Paris.