lundi 28 septembre 2020

FIN DES VENDANGES 2020 - 25 SEPTEMBRE 2020














 Que puis je dire de ces vendanges, le 28 septembre, deux jours après leur fin  ? Elles ont été courtes, intenses, sous un ciel clément qui a changé dès qu'elles furent terminées.

Certes, je n'en connais pas encore la donnée la plus importante, le volume. Surtout après le volume décevant de l'année dernière, il peut constituer un motif d'inquiétude. J'ai une idée, nous verrons. Mais deux choses ont marqué : la sécheresse estivale, et à la fin des vendanges, l'apparition d'une nouvelle bestiole, un ver percant le grain de raisin, dont le jus s'écoule. Des confrères ont vu leur récolte diminuer par deux, car sa vitesse est rapide. A Mattes, il est apparu en deux jours.

Sans oublier le mildiou du printemps. Certains n'ont rien récolté sur 2 ha ! inversement, des gens en bio ont eu une récolte satisfaisante. Cela démontre encore une fois que le vin, ce n'est ni une affaire de terroir, un peu de sol, mais surtout une affaire de vignerons ! aidé ou non par le Ciel.

Est ce que cette année sera parfaite ? sans doute nous aurions plus attendu pour les mourvèdres et les cabernets, que les pluies finales avaient rafraîchi. Nous verrons.

Pour l'essentiel, il a fallu s'occuper des cinq prochaines années, de papiers à faire, de gens à voir dans cette époque troublée, les experts apportent leurs lumières. Une étape marquante fut aussi l'assemblage de quelques nouveaux vins, à savoir le Dionysos 2019, le BF et l'Apollon à venir, ainsi que le Chardonnay.

Voici quelques images prises au vol de ces deux semaines !






dimanche 6 septembre 2020

VEILLE DES VENDANGES 2020

C'est loin de Mattes, que je rédige ces lignes, mais tout imprégné de ce moment, et des multiples décisions a prendre dans ces temps troublés.

Pas que troublés d'ailleurs, temps de folies !! à chaque journal télévisé, chaque bulletin info, on me percole une fois encore la rengaine masques, corona, précautions, gestes barrière, et j'en passe. Hier, dans une déchetterie à l'air libre, où personne n'était à 20 m, je me suis fait houspiller pour ne pas porter de masque !

Qu'il ait fallu prendre des précautions quand les morts se chiffraient en centaines chaque jour, . Mais aujourd'hui, les journalistes et le gouvernement vous feraient mouiller la culotte à propos d'une deuxième vague, de la rentrée, etc alors que le nombre de morts hier à Paris fut de 1 seul !!! pendant ce temps, combien de morts d'AVC, de cancéreux, sans compter ce pauvre malheureux qui voulait mourir en direct sur facebook !! En France, chaque jour, 2000 décès, dont 40 suicides !! en parle t'on ? fait on qq chose ? agit on ?

La folie s'empare des esprits les plus raisonnables !! du test, du test, des masques, des masques !! la panique, qui malheureusement coûte elle très cher !!! le pays a subi un coup d'arrêt en mars mai, mais maintenant, le redémarrage semble encore laborieux. Je n'en veux pour preuve que les écoles, qui depuis 30 ans, ont toujours eu des rentrées troublées : professeurs égarés, absents, classes fermées, bref psychodrame annuel, alors que le vrai problème n'est pas là, mais que font ils à l'école ! cette année, c'était l'âge des masques, la cantine, l'espace à la cantine, l'heure des repas !! du délire !!

Dans 20 ans, nous aurons probablement oublié cette époque troublée, où Paris fut vidé, comme pendant l'exode ! mais cela n'empêche pas de voir les faits et la réalité, à savoir que probablement parce quelques chinois aiment la chauve souris et le pangolin comme nous les grives, que le monde est réduit a cause de voyages permanents et fréquents, que nous n'étions pas préparés malgré les alertes à ce genre d'épidémies, tout s'est arrêté et brutalement. 

Bref, une situation d'urgence, qui peut justifier un certain égarement. Les masques, d'ailleurs, n'étaient plus là, ni les appareils respiratoires. mais aujourd'hui, 6 septembre 2020, y a t'il vraiment des explications sérieuses sur l'apparition de la maladie, sur son mode de transmission, sur la nature du virus, et son comportement. le contact, la peau ? pourquoi les femmes sont moins touchées ? pourquoi les jeunes sont peu frappés ? bref malgré sans doute 100.000 scientifiques, rien n'est encore clair. et encore les scientifiques - esprit supposé raisonnable - se disputent entre eux !! plasma ou pas, etc. 

Bref, tout n'est que folie, alors qu'il conviendrait de préparer la prochaine épidémie, et de savoir qui fait quoi et ou ! et surtout rationnellement. Car à l'échelle des nations, on a vu se faire des choses contraires. plus la nation était fédérale (USA, Belgique), plus ce fut la merde dans la facon de faire. sans compter d'autres phénomènes évidents, comme le cap d'Agde, ou les EPHAD.

Que restera t'il de ce grand traumatisme ? les français ne sont plus partis à l'étranger, ont moins dépensé (mais cela ne fait que 1.500 € par français à ce jour), ont bu des BIB et moins de champagne, les resto sont moins fréquentés, etc. Mais de combien s'est endetté l'Etat français ?  je n'ai rien lu de précis la dessus, pas un décompte, mais je chiffre cela à 400 milliards environ, c'est à dire le même montant que Sarkozy avait engagé alors que Fillon parlait de France en faillite. Jadis, au moins, je veux dire jusqu'a Pompidou, les présidents ne faisaient pas de chèque sans provision !

Il y a de quoi être inquiet pour l'avenir. Surtout que s'est manifesté un nouvel état d'esprit, c'est à dire la soumission à un conformisme, à une pensée dominante - malheureusement pas toujours exacte et logique - on a vu des décisions de préfets retoquées par le tribunal administratif local ! bref aucune hauteur de vues, et d'indépendance. j'ai été fusillé du regard bien des fois pour ne pas porter de masques ,  alors que je suis classé personne à risques ! donc folies par inconscience ou par conformisme, ce sera le mal de demain. on le voit partout, dans les slogans débités à la pelle, transition energétique, transition écologique, relocalisations, achetez français etc etc sans oublier les vieux 5 légumes par jour, et d'autres . Le champ du citoyen libre s'est rétréci, partout, et il va falloir lutter.

 

j'en vois un exemple précis dans l'informatisation de l'administration fiscale, qui arrive à des résutlats nébuleux, dont je défie un esprit normalement constitué de s'en tirer. Un mien frère a apparemment vu son permis de conduire suspendu, pour avoir eu une maladie lui interdisant la conduite. Mais la suppression n'a pas de base légale, et le refaire valider fut une procédure internet à défier le bon sens. Moi même cherche depuis trois ans à récupérer une carte grise pour un véhicule, mais meme le médiateur a renoncé, et le tribunal de Monpellier ne répond pas, pour changement d'organisation. Que faire ? 

Pour l'instant, je suis en train de me battre contre une absurdité, à savoir l'exonération des charges patronales, si le chiffre d'affaires a baissé d'au moins 80 %. Il eut été plus simple de faire une exonération variable 




dépendant de la perte de CA; type pas de pertes, pas d'exonération, et une gradation. Là, c'est imbuvable, surtout que les périodes de calcul sont changeantes ! Mon dieu !! Jupiter rend fous ceux qu'il veut perdre.

La vigne aussi n'a pas manqué de souffrir. Pluies d'hiver certes, mais depuis le 13 juin, pas de pluies. des chaleurs toutefois moins fortes que dans d'autres régions. Le gel parfois, le mildiou souvent. mais a mi aout, la vigne paraissait normale. sans excès, Les blancs sont commencés, donnant une indication.  vient maintenant le temps des choses sérieuses, pour un bon mois. 








dimanche 16 août 2020

SEJOUR ESTIVAL FIN;

A ma connaissance, le phénomène de la coopérative viticole est largement languedocien, même si on en trouve quelques unes en Provence, et aussi en Bourgogne Sud. Aussi, quelques unes dans le sud Ouest, comme Plaimont ! Buzet etc.

 On connaît les raisons de leur apparition : la crise des vins vers 1909, le besoin de se regrouper, et aussi de disposer pour un groupe d'un outil de vinification, que des individus ne pouvaient se payer. Elle a connu une grande expansion, je dirais sous l'ère Pisani et après. mais aujourd'hui, qu'en est il ?

Elle souffre d'abord d'une chose, le système, un homme une voix n'est pas efficace, même si sans doute les plus gros ont plus parlé. Mais surtout dans un monde qui bouge, qui évolue, qui se transforme, elle n'a pas su ou pu s'adapter. c'est en quelque sorte un modèle de conservatisme, comme les kolhozes de l'ancienne URSS;

J'ai écoute ainsi un administrateur connu et réputé d'une cave me soutenir que les vins de Corbières n'avaient pas besoin d'élevage, et donc que les fûts étaient inutiles. Ce qui est une erreur profonde s'il ouvre les yeux. mais il ajoutait un argument, sans doute important, mais contournable : la comptabilité des caves oblige a solder la récolte, sans autoriser le vieillissement, qui implique un paiement différé. Il y aurait surtout en plus la nécessité de surveiller les apports, et de sélectionner les lots qui sont dignes d'être vieilli.

Bref, en cinquante ans la viticulture de coopérative est sortie d'une viticulture de masse à une viticulture de marchés où elle n'est pas adaptée en général. Non pas que les exemples de réussite n'existent pas, type Embres, Ornaisons, Camplong, mais ce sont en général de très petites structures, groupées autour d'une famille.

Est ce que Mattes a su prendre le virage ? là aussi, l'autre jour, une évidence m'a sauté aux yeux. Nous avons deux zones bien distinctes, sinon opposées : le plateau caillouteux, sec, difficile, où la vigne souffre en général, périt. Puis la plaine, proche de l'autoroute, des terres profondes, riches, où tout vient si on travaille ! ah le merlot de jadis ! jadis c'etait la plaine qui a fait la richesse de Mattes, avec l'aramon, et ces cépages. La plaine est toujours présente, mais proportionnellement réprésente moins, car le marché des vins de table a entièrement disparu. En 1985, sur une surface  plus petite, Mattes produisait 5500 hl, dont seulement 1850 hl de Corbières. Aujourd'hui, 3000 hl nous satisfont, dont 2000 hl de Corbières. Le vin de table a entièrement disparu, laissant la place à quelques cépages.

Oui, le monde change, sans parfois que nous le réalisions. même à l'échelle d'une génération. Ma femme, 65 ans, me racontait son enfance au domaine, ou celle de sa tante. Le personnel montait le petit déjeuner sur des plateaux dans les chambres. La cuisine était faite par une employée, Germaine, une de celles transplantées de Bretagne. Ce fut en 1963 que cette tradition cessa, au décès de Germaine, quand la nouvelle ne voulut pas préparer les repas. Depuis, signe que les choses ont changé, c'est Madame qui tient les poules pendant son intérim, et depuis quelques années, pas de femme de ménage !! oui, le changement est profond, si l'on observe l'ensemble. Ne parlons pas des autres tâches dont avant le proprio ne s'occupait pas, ou que les gens ne prenaient pas de vacances !

Ce qui frappe aussi, et qui aurait paru aussi inimaginable 50 ans avant, c'est que le domaine voit défiler des Danois, des Suisses,  des allemands, etc, des acheteurs de vins, des touristes, des gens de toute région !! oui, la mobilité est reine, là ou la paix suffisait.

Quelles seront les prochaines directions ?? pour ma part, je penche pour un essor du blanc, c'est clairement la tendance, et les effervescents encore plus. Je le pense depuis dix ans, je n'ai pas encore réussi à avancer dans cette direction. Plus un vin simple, et un phare. mais nous en reparlerons.Mais la région a beaucoup baissé, côté dynamisme des investissements. Les autres régions ont en deux mille d'Histoire fait beaucoup mieux.


lundi 10 août 2020

SEJOUR ESTIVAL 2020

 La vie d'après ? (sous entendu après le coronavirus ?), non pas encore, puisque ce séjour doit être le 20eme sur 35 ans ici.

Il est néanmoins un peu spécial, ou différent, dans le sens où a part le coronavirus, il y a crise des vins, et aussi besoin de mettre en place un nouveau management, voire plus. ce qui entraîne beaucoup de réflexions, de rencontres, de réunions, pour une éventuelle SCEA, etc, ou une solution.

Je ne sais pas encore ce que sera le marché des vins à la rentrée. Trop tôt. Nos stocks sont faibles, après la mauvaise récolte 2019. Celle ci s'annonce normale, sauf catastrophe toujours possible à ce jour....oui, il y a une sorte de loterie, de poker, à attendre le verdict sur la récolte, déjà. J'entends ici ou là que les récoltes agricoles ont été mauvaises en france cette année, mais, blé, etc. sécheresses, mauvais temps décalé etc.

Hier, nous sommes allés du domaine à Carcassonne, et retour par un autre chemin. Cela m'a donné l'occasion de faire quelques constatations nouvelles.

Tout d'abord, au moins cette année il fait plus chaud à Carcasonne qu'à Mattes, et je le vois sur plus d'une semaine déjà de marin, je veux dire le vent marin ou le climat marin. Mattes, hier, c'était 29°C et Carcassonne 38°. C. Donc l'argument terroirs d'altitude n'a pas de fondement ou de rationalité, du moins dans une année comme celle ci.

Ce qui m'a frappé par contre à l'oeil, c'est le caractère souvent parfait des vignes, a la bordelaise, pas de manquants, écimées, assez vertes en general, labourées ou propres, sans parcelles à l'écart ou de trous en friches, bref ca donne l'impression d'une viticulture qui se porte bien, sans être sûr que ce soit la réalité. Mais même depuis Capendu, Moux, et bien sûr avant Trèbes. La différence est flagrante avec notre littoral audois ! même en Fitou. 

Cela ne veut pas dire que tout est parfait. Il y a encore des gobelets, et manifestement des palissages sont mal faits ou trop bas. Mais on sent une volonté.

On le sent d'autant plus en redescendant de Carcasonne par la 113, l'ancienne Toulouse Narbonne. Le secteur de Lézignan est une plaine viticole continue. Mais j'ignore son classement. Le désert se manifeste peu avant Narbonne.

En observant quelques vignes de pres, les récoltes ne seront pas toujours belles. Même problème de fermeture des grappes qu'à Mattes l'année dernière. Quelques tâches de mildiou, mais rien de comparable a ce que je peux voir ici en revenant sur le plateau de Gratias, d'ordinaire magnifique, et qui semble cette année sinistré..

J'aurais dû faire des photos, mais c'est encore temps. d'un entretien vendredi, j'ai retenu beaucoup de choses, qui reviendront par la suite.

C'était une des choses vues, ou entendues.

Comme tous les lecteurs ne vont pas sur facebook, voici un survol du domaine le 22 juillet. Là aussi, on apprend des choses en voyant.

https://youtu.be/M3xNIoGgD-4

https://youtu.be/YITz4jAFxfs

Bon survol !

mardi 21 juillet 2020

21 JUILLET 2020 - FIN D UN MONDE ?

Presque 3 mois depuis mon dernier papier. Ce furent sans doute les plus actifs de ma vie, alors que je veux dételler...

Pourquoi la fin d'un monde ? d'un monde que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître...ce sera le fil conducteur de ce papier.
plus
Tout d'abord, les évènements ont surgi de toute part. Aussi bien de la France que de l'étranger. Qu'a t'on vu ? 

une nation qui se veut invincible, et la plus puissante du monde, mordre le tapis comme les autres, dans des incohérences locales, régionales, état, fédérales, totalement paralysantes. ceci est grave, a l'heure de l'efficacité.

du côté de l'Europe, dont le sommet vient de se terminer, on a vu deux choses apparemment contradictoires. D'une part, la profonde interdépendance des économies des pays. ceci n'est pas vrai seulement pour le tourisme devenu de masse et une industrie, qui sans la mobilité, n'existe plus, mais plus simplement parce que l'industrie automobile allemande a vu ses chaînes s'arreter, quand le nord de l'italie s'est arrêtée.

Inversement, les frontières fermées, il a fallu bien alimenter les commerces et les marchés. Les fraises sont donc venues de région parisienne, les asperges des landes, et 400.000 T de patates sont restés sur le carreau.

On voit que l'économie est une mécanique sensible, fragile, avec laquelle il ne faut pas faire n'importe quoi (ah vos nationalisations anté déluviennes, m. Mitterand, ah vos réglèments permanents les suivants...). Même la pharmacie s'est globalisée - ce que je voyais déjà à l'époque d'un voyage en asie en 1986), et reconstituer des filieres est quasiment impossible, autant demander aux éléves d'aujourd'hui de faire zero faute dans une dictée, ce qui était la norme il y a 100 ou encore 50 ans. Nous avons créé un monde partiellement incontrôlable. on observera avec malice que la seule chose qui a marché sans problème pendant cette grosse panne fut les barrages et les centrales nucléaires !

Certains professions se sont rapidement adaptées, comme les commissaires priseurs, qui ont organisé des ventes sur internet. Mais cela concerne peu de gens. Les livraisons de vin ont aussi été faites.

Il paraît que les gens ont bu ! etant confinés. Je ne le sais pas, même si j'ai lu différentes choses. La jeunesse n'avait plus ses fêtes, et ses réunions. Mais il est vrai que le vendredi, sur paris, je voyais les rayons bière et vodka descendre

Les vins ? je ne parlerai que de ce que je connais, et des chiffres que j'ai. Certes, en general, la première moitié de l'année est calme, les expéditions peu nombreuses, les ventes portant sur le vrac. Le vrac a été enlevé, parfois avec retard. Des stés ont revu leur contrat, si bien qu'a fin juin les ventes étaient à 72.000, contre plus de 200.000 en general. Les salaires sur la periode, avec les charges sociales, sans compter les autres achats, phyto, etc, c'est plus de 90.000 €

C'est dire si la situation n'était pas facile, et surtout inquiétante. Aussi, à partir de fin avril, j'ai fait le forcing, aidé par un signe du Ciel. Nous pouvions, nous pouvons expédier en Allemagne, Pays Bas, Belgique, directement, et à des coûts meilleurs que l'opérateur français, sans formalités. c'est une voie a explorer, a defricher, surtout que la TVA ne s'applique pas !

il convenait aussi d'être agressif aussi, je veux dire commercialement, j'ai revu drastiquement mes prix sur les USA, et une grosse commande est arrivée, en poussant, poussant, poussant.

Parallèlement, un certain rédémarrage se fait jour, les enlèvements reprennent, même si la distillation tarde. ce qui semble souffrir le plus dans notre clientèle, ce sont les restaurants, même si les nôtres sont locaux..

Nous avons aussi bénéficié du PGE, qui correspond a une année de remboursements de prêts. Nos remboursements annuels sont de l'ordre de 50.000 € chaque année. Parallèlement, les investissements ont été stoppés, et probablement, nous convertirons des surfaces au bio, et arracherons des vieilles vignes non productives. Naturellement, ce n'est pas une période d'euphorie, et les emplois que nous envisagions de créer sont en pointillés.

Mais un certain redressement se manifeste. a fin juillet, les expéditions sont supérieures à celles de l'année dernière, et d'ici la fin de l'année, la boutique devrait tourner. si peu ont cette visibilité aujourd'hui.

Car les dommages sur l'Economie semblent immenses, vus d'ici. Licenciements chez AIRBUS, dont le carnet de commandes de dix ans rendait invincible, AIR FRANCE, LUFTHANSA, et combien de chaînes commerciales, notamment dans la mode. Menaces sur l'automobile, au moins Renault, le bâtiment, car bcp d'entreprises n'ont pas pu (pu ou voulu) travailler pendant le confinement.

Donc fin d'un monde ! ceci a coincidé avec des circonstances privées, qui m'ont confirmé que le monde ancien était mort - enfin celui là - sans que revienne celui de mes 20 ans ! Madame n'a pas pu prendre sa retraite en février comme prévu, et la fille s'est mariée, avant hier.

Mille indices m'ont dit que le monde avait changé. je l'ai surtout vu en me rendant compte que je n'étais pas le grand ordonnateur - rôle que certes je ne cherche pas - mais voir en quelque sorte que les "tendances" sont maintenant autres et différentes. Sont elles meilleures ? voila mon dilemne, en penchant vers le non.

Hier, un viel ami, par l'âge et la durée, m'a demandé des nouvelles, et je lui ai dit que le mariage n'était maintenant qu'une cavalcade de collégiens, et il m'a rétorqué, oui, ils consomment. Et c'est vrai probablement. malgré les affichages bio, vegan, etc.

Oui, la famille n'est plus au centre du mariage, celle qu'on rejoint, celle qu'on va former. Les amis sont là, privilégiés, mais inconnus ? qui sont ils ? d'où viennent ils ? que font ils ? il y a à la fois des apparences, et le souci d'apparaître "cool" à tous les niveaux, sans que cela se traduise par des gestes concrets et frappants. Oui, les séries américaines en quelque sorte.

J'ai aussi observé que cette assemblée ne buvait pas à table. A peine pour 80 personnes, ai je ouvert 2 bouteilles de blanc, retournées entières après le déjeuner. On boit du jus de fruit, du coca cola, de la bière, le vin ou le champagne venant en apéritif !!

Mais où sont les fêtes d'antan ? plus simples et pleines de chaleur, ressourcantes, et sans apparence.

Ou va ce logiciel que je ne possède pas, mais qui semble gouverner la Chine, les USA, l'Occident en quelque sorte ? Boeing a bien eu trois crashs avant de se rendre compte que son logiciel ne marchait pas.

En cette année un peu spéciale, oui, j'ai un regret, de ne pas avoir visité quand ils sont vides tous ces lieux dont je rêve : Milan, Munich, Venise, et bien sûr Rome, avec qu'ils sont vides de leurs touristes.








 


dimanche 26 avril 2020

26 AVRIL 2020

La crise donne lieu a mille questions, à la fois intellectuelles et pratiques. Etions nous prêts ? prenons nous les bonnes décisions ? comment l'économie sortira t'elle de cet arrêt brutal et soudain ? il y a souvent deux éclairages, un rationnel, et un émotif, et même à l'intérieur, des éclairages opposées. Ne parlons même pas de ceux qui imaginent un monde différent après, du genre écolo fermant les compagnies d'aviation et poussant les chèvres dans l'Aveyron préservé. Ignorent ils ce qu'est la brucellose ?

Mille exemples. le corona va probablement faire 30.000 morts en france, en trois mois. C'est certes considérable, énorme, surtout quand Taiwan n'en compte que 6, avec une population de 28 millions d'habitants.

Mais le cancer en fait autant pendant le même temps, et sans que les esprits forts ne s'émeuvent ! et ce depuis au moins 40 ans.

Certains, même beaucoup, n'imaginent pas - il s'agit plutot de réaliser - de remettre les enfants à l'école après le 11 mai ! d'abord les enfants sont moins contaminés, et contaminent moins.  Au nom de la santé. on entend des parents crier. d'abord ce sera volontaire. Mais entend on des parents crier aussi fort quand la drogue fait des ravages dans les lycées et ailleurs ?

L'économie ! va t'on rester les bras croisés jusqu'à la fin du monde, quand tout le monde veut aller qui à la plage, qui au supermarché, qui en vacances ? Deux mois d'arrêt de l'activité, sans compter les effets induits, ca fait bcp. ca fait approximativement 400 milliards de PNB, une bonne facture. L'Etat veut en garantir ou en prêter 300, ca améliore, car c'est étalé sur plusieurs années. Mais reste quand même une facture assez forte de 100 milliards, soit 15.000 € par tête de pipe, soit 30.000 € par ménage. Globalement, un an de salaires.

C'est peut être gérable, à condition de serrer les boulons ailleurs. On pourrait comme parfois dans l'Histoire  vendre l'or de la Banque de France, c'est aussi 100 milliards. ou d'autres biens de la Nation. Il va falloir surtout réformer dans le sens de l'efficacité et de l'économie, car ce qu'on a vu , c'est un énorme défaut d'organisation, de préparation, et d efficacité. Si les masques sont indispensables, ou sont ils ? si les tests sont nécessaires pour classer les populations, ou sont ils ? et même les simples thermomètres ? Pourquoi les Allemands s'en sortent ils mieux ? alors qu'ils ont une population plus vieille.

La Viticulture, c'est 500.000 emplois, soit 3 % des emplois, une production de 27 milliards €, dont la moitié est exportée. C'est aussi une filière bloquée depuis presque un an, à la fois par le blocage des exports  US, et mille ennuis. Peut on raisonnablement penser que l'Etat gère ou soutienne  la filière viticole ? qui lui rapporte pourtant entre 3 et 5 milliards par an (TVA, taxes, etc). Aucune mesure n'a été apportée pour la Viticulture depuis juin dernier, sauf le report des charges sociales.

Il serait intéressant de voir qui "dans le véhicule" n'a pas été affecté de la même façon par le brusque freinage ! il est clair que les assurances sont un paquebot, que les cinémas ont été fermés du jour au lendemain. Entre les deux, il y a mille degrés ! taxis, tourisme, hotels, restaurants, maraichers, muguet nantais, mais aussi infirmières, maisons de retraite, hôpitaux. Globalement, les retraités ne verront pas beaucoup leur vie et revenus changer. Les actifs ? plus difficiles à être aussi généraux. Bref, les dommages ne seront pas tous les mêmes.


dimanche 22 mars 2020

21 MARS LE PRINTEMPS ?

Que d'évènements en deux mois ! Le 5 janvier, que savais je de tout ce qui s'est produit ? certes, la crise des vins existait déjà, j'appréhendais l'année, avec sans doute des problèmes de trésorerie. Et tout cela m'inquiétait déjà pas mal. La Bourse, le CAC 40, allait passer de 5800 à 6100, et je vendais des AIRBUS a 135 € le jugeant cher, achetant des TOTAL à 44, HERMES passait le cap des 700, et BNP remontait à 53€.

Quelles étaient mes préoccupations ? boucler les contrats vrac, préparer l'année. Et notamment ce mariage à venir. 

Je me souviens que vers le 21 mes amis chinois m'avertirent qu'ils  partiraient  pour le nouvel an, en principe le 23, et qu'en principe, je ne recevrais plus de nouvelles, la Chine intérieure étant difficilement accessible aux téléphones mobiles, et aux VPN.

Certes, on savait qu'il y avait une épidémie la bas, vers WUHAN, la ville de l'automobile. Mais les sujets des journaux tv étaient une vaste rigolade : les plastiques dans les océans, un peu les municipales, les incendies en australie, un peu les tentatives des turcs en syrie et libye. L'écume des jours.

En deux mois, tout a été bousculé. En commençant par l'Italie, et cette ville de Bergame, si charmante, où j'aimais aller. Son cimetière est spectaculaire, et hier, j'ai appris que malgré sa grandeur, il était saturé. 

le 29 janvier, je me souviens avoir appris que les deux chinois étaient confinés, et sévèrement. Plus tellement de nouvelles par la suite. Février fut assez rempli, par les panneaux de Mattes qui déplaisent à Mme La Préfète, qui a pondu un nouvel arrêté, que cette fois, je ne peux pas attaquer, et donc je cède en attendant la prochaine. Ultimatum : le 11 mars. Le 8 mars, tout était résolu.

Février fut assez humide, pas très froid. Je me souviens de ces giboulées incessantes. Notre voisine devait partir 3 semaines aux USA vers mi mars. Pour ma part, je me souciais de ce mariage à préparer, au moins une réception après le mariage civil. J'avais fait un décompte à 12 personnes...Deux semaines plus tard, on me parlait de 25 à 30...je proposais la maison de l'Amérique Latine, plus que la maison, même si toutes deux servent des vins de Pays d'Oc. Naturellement, je protestais que "le protocole" ne fut pas respecté, et dit m'en tenir a ce qui était convenu : 12;

Vers fin février, j'étais soucié par un enlèvement de cabernet, qui ne vint pas à sa date. Le temps passait. Pas de traiteur trouvable, ni Fauchon ni Dalloyau ne faisaient les choses de jadis. Je commençais à regarder vers la banlieue, qui refusait tout ce qui n'était pas professionnel et d'au moins 30 personnes.

Au milieu de février eut lieu WINE PARIS, fort cher, et fort peu peuplé. Tout se passa bien, mais "il jura un peu tard qu'on ne l'y prendrait plus". Le 14 février, au retour, j'écrivis au banquier pour lui évoquer la trésorerie. Rien n'avançait. Je participais comme juré au concours agricole , vers le 22 février, blancs de pays d'Oc, avec un vrai jury. La bourse montait toujours, et j'étais prêt à tout vendre, devant des niveaux assez insensés. Un général iranien fut tué. J'appris alors que le corona sévissait dans la ville sainte de l'Iran, importés par des étudiants chinois musulmans ! Les nouvelles se consacraient aux municipales, au pilon du jour, c'est à dire "la transition écologique".

Un mois plus tard, nous y sommes. La machine est arrêtée, la décroissance est là, la consommation d'électricité a baissé de 15 %, Mme Hidalgo n'a plus de voitures dans ses rues. La vie s'est figée. Chacun se confinant, ou se confiant si j'ose dire. La bourse a baissé de 30 % avec des valeurs à -50 % en deux jours. C'est général, même NYC a calé, et une inquiétude générale a surgi. La machine va t'elle tenir face à un virus invisible, qui ne perturbe pas les iris déjà en fleurs ? Nous revoici aux peurs du XVIIIeme siècle, avec la mort présente à tous les instants, sans ses parachutes à savoir le libertinage ou l'imitation de JC. Comment va faire ce peuple entier pris par l'angoisse invisible ?

Les journaux n'ont plus qu'un sujet, les masques, les tests, la progression...et bien sûr les morts...mais autant qu'on le sache, ils sont autour de 4000 en Chine, c'est à dire sans doute rien par rapport aux accidents de la circulation ( je lis 260.000 morts sur la Chine par la route en 2016).Ce que les gens finalement redoutent, c'est la surprise, l'angoisse, et ils découvrent que ce monde porte la Mort.

Beaucoup de parisiens ont fui, d'autres tentent de fuir le confinement, et beaucoup sont courageux, tout simplement. Oubliée la réforme des retraites, oubliées les grèves de métro, oubliés les gilets jaunes. Même le procès Fillon est presque passé inaperçu !

dimanche 5 janvier 2020

DEBUT 2020 - 5 janvier.

Comment se présente l'année à venir ? difficile de faire des pronostics à ce jour. L'an dernier, à pareille époque, à part les cris gilets jaunes, tout semblait "rouler". Pour la première fois, nous avions passé la barre des 500.000 € de ventes, et la production avait été excellente. Tout a calé en juin, avec une sortie bizarre, une météo des plus imprévisibles et chaudes, des ventes stoppées, jusqu'à la finale TRUMP qui fit bloquer nos départs vers les USA. Ajoutons enfin que les grèves de décembre ont sans doute coûté quelques expéditions.

Portés par un vent favorable, nous avons investi pas mal , environ 120.000 €, aussi bien en plantations, matériel, bâtiments, barriques,  mais désormais nous ramenons la voile, trop mécontents des résultats de l'Appellation. Celle ci est la seule dont le prix des vignes n'a pas bougé en 35 ans !! alors que des appellations nées en même temps ont vu les leurs tripler !!! le minervois, le faugères nous ont distancés, et pendant ce temps nous regardons les sangliers passer.

Même les appellations les plus prestigieuses et les plus rentables, comme le Champagne, ne sont pas à l'abri de difficultés. Leurs ventes ont baissé de 20 millions de bouteilles, soit 10 %, sur le marché français.

Bordeaux est inondé. Seule la Bourgogne et la Provence, les parents pauvres des années 60, s'en sortent bien.

Les problèmes administratifs n'ont pas manqué, même si je les vois de loin. La distance de pulvérisation (la fameuse ZNT) ne nous gênera guère, isolés que nous sommes sur notre plateau ! mais il s'était bien trouvé un demi fonctionnaire incompétent pour trouver à redire à deux panneaux posés au milieu, qu'on se demande quelle sera la prochaine tuile !!

Bousculé par les évènements, j'ai raté la vente d'un manuscrit auquel je tenais beaucoup, de Malraux, un discours aujourd'hui ignoré

je vous en livre la conclusion, que je me répète souvent.

J'ai terminé. Quelques-uns d'entre vous connaissent la lettre que Bernanos écrivit à ses amis en 1942 : « Ne vous tourmentez donc pas, la France a inventé Jeanne d'Arc, elle a inventé Saint-Just, elle a inventé Clemenceau, elle n'a pas fini d'en inventer ! C'est son affaire ! »
La nôtre, ce serait d'empêcher qu'on les brûle !...