mardi 21 juillet 2020

21 JUILLET 2020 - FIN D UN MONDE ?

Presque 3 mois depuis mon dernier papier. Ce furent sans doute les plus actifs de ma vie, alors que je veux dételler...

Pourquoi la fin d'un monde ? d'un monde que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître...ce sera le fil conducteur de ce papier.
plus
Tout d'abord, les évènements ont surgi de toute part. Aussi bien de la France que de l'étranger. Qu'a t'on vu ? 

une nation qui se veut invincible, et la plus puissante du monde, mordre le tapis comme les autres, dans des incohérences locales, régionales, état, fédérales, totalement paralysantes. ceci est grave, a l'heure de l'efficacité.

du côté de l'Europe, dont le sommet vient de se terminer, on a vu deux choses apparemment contradictoires. D'une part, la profonde interdépendance des économies des pays. ceci n'est pas vrai seulement pour le tourisme devenu de masse et une industrie, qui sans la mobilité, n'existe plus, mais plus simplement parce que l'industrie automobile allemande a vu ses chaînes s'arreter, quand le nord de l'italie s'est arrêtée.

Inversement, les frontières fermées, il a fallu bien alimenter les commerces et les marchés. Les fraises sont donc venues de région parisienne, les asperges des landes, et 400.000 T de patates sont restés sur le carreau.

On voit que l'économie est une mécanique sensible, fragile, avec laquelle il ne faut pas faire n'importe quoi (ah vos nationalisations anté déluviennes, m. Mitterand, ah vos réglèments permanents les suivants...). Même la pharmacie s'est globalisée - ce que je voyais déjà à l'époque d'un voyage en asie en 1986), et reconstituer des filieres est quasiment impossible, autant demander aux éléves d'aujourd'hui de faire zero faute dans une dictée, ce qui était la norme il y a 100 ou encore 50 ans. Nous avons créé un monde partiellement incontrôlable. on observera avec malice que la seule chose qui a marché sans problème pendant cette grosse panne fut les barrages et les centrales nucléaires !

Certains professions se sont rapidement adaptées, comme les commissaires priseurs, qui ont organisé des ventes sur internet. Mais cela concerne peu de gens. Les livraisons de vin ont aussi été faites.

Il paraît que les gens ont bu ! etant confinés. Je ne le sais pas, même si j'ai lu différentes choses. La jeunesse n'avait plus ses fêtes, et ses réunions. Mais il est vrai que le vendredi, sur paris, je voyais les rayons bière et vodka descendre

Les vins ? je ne parlerai que de ce que je connais, et des chiffres que j'ai. Certes, en general, la première moitié de l'année est calme, les expéditions peu nombreuses, les ventes portant sur le vrac. Le vrac a été enlevé, parfois avec retard. Des stés ont revu leur contrat, si bien qu'a fin juin les ventes étaient à 72.000, contre plus de 200.000 en general. Les salaires sur la periode, avec les charges sociales, sans compter les autres achats, phyto, etc, c'est plus de 90.000 €

C'est dire si la situation n'était pas facile, et surtout inquiétante. Aussi, à partir de fin avril, j'ai fait le forcing, aidé par un signe du Ciel. Nous pouvions, nous pouvons expédier en Allemagne, Pays Bas, Belgique, directement, et à des coûts meilleurs que l'opérateur français, sans formalités. c'est une voie a explorer, a defricher, surtout que la TVA ne s'applique pas !

il convenait aussi d'être agressif aussi, je veux dire commercialement, j'ai revu drastiquement mes prix sur les USA, et une grosse commande est arrivée, en poussant, poussant, poussant.

Parallèlement, un certain rédémarrage se fait jour, les enlèvements reprennent, même si la distillation tarde. ce qui semble souffrir le plus dans notre clientèle, ce sont les restaurants, même si les nôtres sont locaux..

Nous avons aussi bénéficié du PGE, qui correspond a une année de remboursements de prêts. Nos remboursements annuels sont de l'ordre de 50.000 € chaque année. Parallèlement, les investissements ont été stoppés, et probablement, nous convertirons des surfaces au bio, et arracherons des vieilles vignes non productives. Naturellement, ce n'est pas une période d'euphorie, et les emplois que nous envisagions de créer sont en pointillés.

Mais un certain redressement se manifeste. a fin juillet, les expéditions sont supérieures à celles de l'année dernière, et d'ici la fin de l'année, la boutique devrait tourner. si peu ont cette visibilité aujourd'hui.

Car les dommages sur l'Economie semblent immenses, vus d'ici. Licenciements chez AIRBUS, dont le carnet de commandes de dix ans rendait invincible, AIR FRANCE, LUFTHANSA, et combien de chaînes commerciales, notamment dans la mode. Menaces sur l'automobile, au moins Renault, le bâtiment, car bcp d'entreprises n'ont pas pu (pu ou voulu) travailler pendant le confinement.

Donc fin d'un monde ! ceci a coincidé avec des circonstances privées, qui m'ont confirmé que le monde ancien était mort - enfin celui là - sans que revienne celui de mes 20 ans ! Madame n'a pas pu prendre sa retraite en février comme prévu, et la fille s'est mariée, avant hier.

Mille indices m'ont dit que le monde avait changé. je l'ai surtout vu en me rendant compte que je n'étais pas le grand ordonnateur - rôle que certes je ne cherche pas - mais voir en quelque sorte que les "tendances" sont maintenant autres et différentes. Sont elles meilleures ? voila mon dilemne, en penchant vers le non.

Hier, un viel ami, par l'âge et la durée, m'a demandé des nouvelles, et je lui ai dit que le mariage n'était maintenant qu'une cavalcade de collégiens, et il m'a rétorqué, oui, ils consomment. Et c'est vrai probablement. malgré les affichages bio, vegan, etc.

Oui, la famille n'est plus au centre du mariage, celle qu'on rejoint, celle qu'on va former. Les amis sont là, privilégiés, mais inconnus ? qui sont ils ? d'où viennent ils ? que font ils ? il y a à la fois des apparences, et le souci d'apparaître "cool" à tous les niveaux, sans que cela se traduise par des gestes concrets et frappants. Oui, les séries américaines en quelque sorte.

J'ai aussi observé que cette assemblée ne buvait pas à table. A peine pour 80 personnes, ai je ouvert 2 bouteilles de blanc, retournées entières après le déjeuner. On boit du jus de fruit, du coca cola, de la bière, le vin ou le champagne venant en apéritif !!

Mais où sont les fêtes d'antan ? plus simples et pleines de chaleur, ressourcantes, et sans apparence.

Ou va ce logiciel que je ne possède pas, mais qui semble gouverner la Chine, les USA, l'Occident en quelque sorte ? Boeing a bien eu trois crashs avant de se rendre compte que son logiciel ne marchait pas.

En cette année un peu spéciale, oui, j'ai un regret, de ne pas avoir visité quand ils sont vides tous ces lieux dont je rêve : Milan, Munich, Venise, et bien sûr Rome, avec qu'ils sont vides de leurs touristes.








 


dimanche 26 avril 2020

26 AVRIL 2020

La crise donne lieu a mille questions, à la fois intellectuelles et pratiques. Etions nous prêts ? prenons nous les bonnes décisions ? comment l'économie sortira t'elle de cet arrêt brutal et soudain ? il y a souvent deux éclairages, un rationnel, et un émotif, et même à l'intérieur, des éclairages opposées. Ne parlons même pas de ceux qui imaginent un monde différent après, du genre écolo fermant les compagnies d'aviation et poussant les chèvres dans l'Aveyron préservé. Ignorent ils ce qu'est la brucellose ?

Mille exemples. le corona va probablement faire 30.000 morts en france, en trois mois. C'est certes considérable, énorme, surtout quand Taiwan n'en compte que 6, avec une population de 28 millions d'habitants.

Mais le cancer en fait autant pendant le même temps, et sans que les esprits forts ne s'émeuvent ! et ce depuis au moins 40 ans.

Certains, même beaucoup, n'imaginent pas - il s'agit plutot de réaliser - de remettre les enfants à l'école après le 11 mai ! d'abord les enfants sont moins contaminés, et contaminent moins.  Au nom de la santé. on entend des parents crier. d'abord ce sera volontaire. Mais entend on des parents crier aussi fort quand la drogue fait des ravages dans les lycées et ailleurs ?

L'économie ! va t'on rester les bras croisés jusqu'à la fin du monde, quand tout le monde veut aller qui à la plage, qui au supermarché, qui en vacances ? Deux mois d'arrêt de l'activité, sans compter les effets induits, ca fait bcp. ca fait approximativement 400 milliards de PNB, une bonne facture. L'Etat veut en garantir ou en prêter 300, ca améliore, car c'est étalé sur plusieurs années. Mais reste quand même une facture assez forte de 100 milliards, soit 15.000 € par tête de pipe, soit 30.000 € par ménage. Globalement, un an de salaires.

C'est peut être gérable, à condition de serrer les boulons ailleurs. On pourrait comme parfois dans l'Histoire  vendre l'or de la Banque de France, c'est aussi 100 milliards. ou d'autres biens de la Nation. Il va falloir surtout réformer dans le sens de l'efficacité et de l'économie, car ce qu'on a vu , c'est un énorme défaut d'organisation, de préparation, et d efficacité. Si les masques sont indispensables, ou sont ils ? si les tests sont nécessaires pour classer les populations, ou sont ils ? et même les simples thermomètres ? Pourquoi les Allemands s'en sortent ils mieux ? alors qu'ils ont une population plus vieille.

La Viticulture, c'est 500.000 emplois, soit 3 % des emplois, une production de 27 milliards €, dont la moitié est exportée. C'est aussi une filière bloquée depuis presque un an, à la fois par le blocage des exports  US, et mille ennuis. Peut on raisonnablement penser que l'Etat gère ou soutienne  la filière viticole ? qui lui rapporte pourtant entre 3 et 5 milliards par an (TVA, taxes, etc). Aucune mesure n'a été apportée pour la Viticulture depuis juin dernier, sauf le report des charges sociales.

Il serait intéressant de voir qui "dans le véhicule" n'a pas été affecté de la même façon par le brusque freinage ! il est clair que les assurances sont un paquebot, que les cinémas ont été fermés du jour au lendemain. Entre les deux, il y a mille degrés ! taxis, tourisme, hotels, restaurants, maraichers, muguet nantais, mais aussi infirmières, maisons de retraite, hôpitaux. Globalement, les retraités ne verront pas beaucoup leur vie et revenus changer. Les actifs ? plus difficiles à être aussi généraux. Bref, les dommages ne seront pas tous les mêmes.


dimanche 22 mars 2020

21 MARS LE PRINTEMPS ?

Que d'évènements en deux mois ! Le 5 janvier, que savais je de tout ce qui s'est produit ? certes, la crise des vins existait déjà, j'appréhendais l'année, avec sans doute des problèmes de trésorerie. Et tout cela m'inquiétait déjà pas mal. La Bourse, le CAC 40, allait passer de 5800 à 6100, et je vendais des AIRBUS a 135 € le jugeant cher, achetant des TOTAL à 44, HERMES passait le cap des 700, et BNP remontait à 53€.

Quelles étaient mes préoccupations ? boucler les contrats vrac, préparer l'année. Et notamment ce mariage à venir. 

Je me souviens que vers le 21 mes amis chinois m'avertirent qu'ils  partiraient  pour le nouvel an, en principe le 23, et qu'en principe, je ne recevrais plus de nouvelles, la Chine intérieure étant difficilement accessible aux téléphones mobiles, et aux VPN.

Certes, on savait qu'il y avait une épidémie la bas, vers WUHAN, la ville de l'automobile. Mais les sujets des journaux tv étaient une vaste rigolade : les plastiques dans les océans, un peu les municipales, les incendies en australie, un peu les tentatives des turcs en syrie et libye. L'écume des jours.

En deux mois, tout a été bousculé. En commençant par l'Italie, et cette ville de Bergame, si charmante, où j'aimais aller. Son cimetière est spectaculaire, et hier, j'ai appris que malgré sa grandeur, il était saturé. 

le 29 janvier, je me souviens avoir appris que les deux chinois étaient confinés, et sévèrement. Plus tellement de nouvelles par la suite. Février fut assez rempli, par les panneaux de Mattes qui déplaisent à Mme La Préfète, qui a pondu un nouvel arrêté, que cette fois, je ne peux pas attaquer, et donc je cède en attendant la prochaine. Ultimatum : le 11 mars. Le 8 mars, tout était résolu.

Février fut assez humide, pas très froid. Je me souviens de ces giboulées incessantes. Notre voisine devait partir 3 semaines aux USA vers mi mars. Pour ma part, je me souciais de ce mariage à préparer, au moins une réception après le mariage civil. J'avais fait un décompte à 12 personnes...Deux semaines plus tard, on me parlait de 25 à 30...je proposais la maison de l'Amérique Latine, plus que la maison, même si toutes deux servent des vins de Pays d'Oc. Naturellement, je protestais que "le protocole" ne fut pas respecté, et dit m'en tenir a ce qui était convenu : 12;

Vers fin février, j'étais soucié par un enlèvement de cabernet, qui ne vint pas à sa date. Le temps passait. Pas de traiteur trouvable, ni Fauchon ni Dalloyau ne faisaient les choses de jadis. Je commençais à regarder vers la banlieue, qui refusait tout ce qui n'était pas professionnel et d'au moins 30 personnes.

Au milieu de février eut lieu WINE PARIS, fort cher, et fort peu peuplé. Tout se passa bien, mais "il jura un peu tard qu'on ne l'y prendrait plus". Le 14 février, au retour, j'écrivis au banquier pour lui évoquer la trésorerie. Rien n'avançait. Je participais comme juré au concours agricole , vers le 22 février, blancs de pays d'Oc, avec un vrai jury. La bourse montait toujours, et j'étais prêt à tout vendre, devant des niveaux assez insensés. Un général iranien fut tué. J'appris alors que le corona sévissait dans la ville sainte de l'Iran, importés par des étudiants chinois musulmans ! Les nouvelles se consacraient aux municipales, au pilon du jour, c'est à dire "la transition écologique".

Un mois plus tard, nous y sommes. La machine est arrêtée, la décroissance est là, la consommation d'électricité a baissé de 15 %, Mme Hidalgo n'a plus de voitures dans ses rues. La vie s'est figée. Chacun se confinant, ou se confiant si j'ose dire. La bourse a baissé de 30 % avec des valeurs à -50 % en deux jours. C'est général, même NYC a calé, et une inquiétude générale a surgi. La machine va t'elle tenir face à un virus invisible, qui ne perturbe pas les iris déjà en fleurs ? Nous revoici aux peurs du XVIIIeme siècle, avec la mort présente à tous les instants, sans ses parachutes à savoir le libertinage ou l'imitation de JC. Comment va faire ce peuple entier pris par l'angoisse invisible ?

Les journaux n'ont plus qu'un sujet, les masques, les tests, la progression...et bien sûr les morts...mais autant qu'on le sache, ils sont autour de 4000 en Chine, c'est à dire sans doute rien par rapport aux accidents de la circulation ( je lis 260.000 morts sur la Chine par la route en 2016).Ce que les gens finalement redoutent, c'est la surprise, l'angoisse, et ils découvrent que ce monde porte la Mort.

Beaucoup de parisiens ont fui, d'autres tentent de fuir le confinement, et beaucoup sont courageux, tout simplement. Oubliée la réforme des retraites, oubliées les grèves de métro, oubliés les gilets jaunes. Même le procès Fillon est presque passé inaperçu !

dimanche 5 janvier 2020

DEBUT 2020 - 5 janvier.

Comment se présente l'année à venir ? difficile de faire des pronostics à ce jour. L'an dernier, à pareille époque, à part les cris gilets jaunes, tout semblait "rouler". Pour la première fois, nous avions passé la barre des 500.000 € de ventes, et la production avait été excellente. Tout a calé en juin, avec une sortie bizarre, une météo des plus imprévisibles et chaudes, des ventes stoppées, jusqu'à la finale TRUMP qui fit bloquer nos départs vers les USA. Ajoutons enfin que les grèves de décembre ont sans doute coûté quelques expéditions.

Portés par un vent favorable, nous avons investi pas mal , environ 120.000 €, aussi bien en plantations, matériel, bâtiments, barriques,  mais désormais nous ramenons la voile, trop mécontents des résultats de l'Appellation. Celle ci est la seule dont le prix des vignes n'a pas bougé en 35 ans !! alors que des appellations nées en même temps ont vu les leurs tripler !!! le minervois, le faugères nous ont distancés, et pendant ce temps nous regardons les sangliers passer.

Même les appellations les plus prestigieuses et les plus rentables, comme le Champagne, ne sont pas à l'abri de difficultés. Leurs ventes ont baissé de 20 millions de bouteilles, soit 10 %, sur le marché français.

Bordeaux est inondé. Seule la Bourgogne et la Provence, les parents pauvres des années 60, s'en sortent bien.

Les problèmes administratifs n'ont pas manqué, même si je les vois de loin. La distance de pulvérisation (la fameuse ZNT) ne nous gênera guère, isolés que nous sommes sur notre plateau ! mais il s'était bien trouvé un demi fonctionnaire incompétent pour trouver à redire à deux panneaux posés au milieu, qu'on se demande quelle sera la prochaine tuile !!

Bousculé par les évènements, j'ai raté la vente d'un manuscrit auquel je tenais beaucoup, de Malraux, un discours aujourd'hui ignoré

je vous en livre la conclusion, que je me répète souvent.

J'ai terminé. Quelques-uns d'entre vous connaissent la lettre que Bernanos écrivit à ses amis en 1942 : « Ne vous tourmentez donc pas, la France a inventé Jeanne d'Arc, elle a inventé Saint-Just, elle a inventé Clemenceau, elle n'a pas fini d'en inventer ! C'est son affaire ! »
La nôtre, ce serait d'empêcher qu'on les brûle !...