vendredi 23 novembre 2018

PROGRES ??? OU stress inutile ?



Longtemps, j'ai pensé que le métier de vigneron avait changé, comme obligeant a "plus de soucis", a se "déménager", au fil du temps.

Je me fiais à ce que je voyais depuis que j'avais pris pied dans ce métier, en 1985. les premières années furent difficiles, puisque les choses allaient mal, très mal, dans un sens, et qu'il fallait "s'atteler". Mais maintenant, alors que les choses devraient "rouler" toutes seules, je m'aperçois qu'il n'en est toujours  rien.

Peut être est ce toujours vrai dans les autres régions, type Champagne, Bordeaux, que je n'approche pas de l'intérieur, même si l'on voit aussi que la vie y a changé. Mais qu'était la vie de propriétaire sous le Second Empire, Après guerre, et aujourd'hui, il me semble le toucher du doigt, et dire que la qualité de la vie n'est plus là !!

Je fis cette première observation, mais ensuite, me débarassant du fardeau viticole, je comparais - et le livre de Georgette Elgey sur la 4° republique me fit aisément remonter à la période 1958-1965, mon enfance, avec ma vie actuelle et celle de mon père, voire de ma grand-mère, née en 1880.

J'en tirais une seconde observation : ma vie dans bien des domaines n'est pas meilleure que la leur. Pas du tout, notamment qualitativement. Certes, j'habite une belle maison, chauffée, meublée, tranquille, mais les impôts locaux ont explosé, et les prix aussi. Ma voiture est plus grosse, confortable, moderne que l'antique 4CV, mais l'utiliser dans la plupart des villes -  même moyennes - tourne au casse tête, tellement il y a des bouchons. Jadis, par une mauvaise route, mais tranquille, nous mettions 45 mn , un peu moins qu'aujourd'hui par une route plus moderne, mais à vitesse limitée, pour atteindre le même point. Le telephone à domicile était rare, la télévision encore plus, mais au moins les nouvelles aussi délirantes les unes que les autres ne nous atteignaient pas - ex cette mère de famille qui a fermé son enfant pendant deux ans dans le coffre de sa voiture, les enfants qui braquent un pistolet sur leur professeur, et tant d'autres !! quotidiennes. sans regarder au dela de nos frontières. Exemple de faits du jour : les deux fraudeurs de la variété française, avérés, faisant l'objet d'un hommage public aux Invalides, par les autorités de la République !! et hier, une veuve d'un écrivain fameux, célébrant l'anniversaire de sa mort, en racontant ses entorses conjugales de toute une vie !! que sera le fait du jour ?

Peut etre parce qu'enfant, la vie m'apparaissait plus simple ? c'est vrai que le confort était spartiate, loin des normes d'aujourd'hui. a la maison, le seul luxe si j'ose dire, la seule différence était une machine à laver préhistorique, mais pratique. pas de frigo encore, et l'eau arriva plus tard, en 1963, apres le chauffage central mis pour ma naissance, en 1953. Un électrophone, un teppaz, fait à l'époque à Lyon. Globalement, on sentait les différences de fortune, la vie était simple partout,  mais l'atmosphère était différente. cela m'apparaît au travers de multiples souvenirs.

Certes, sur les routes, on voyait des sigles OAS, et des pilones sciés. Les journaux montraient aussi des nouvelles étranges, mais lointaines. surtout  les gens étaient bienveillants les uns envers les autres, simples, authentiques - dans le sens ne cherchant pas à donner une image d'eux mêmes artificille - sincères, durs et aussi délicats dans leurs mots. Les artisans étaient nombreux, et venaient à l'heure. Les lettres arrivaient le lendemain, les services publics fonctionnaient, ma grand mère travaillait encore, au moins l'apres midi, à 80 ans, pour l'équivalent d'un euro de l'heure. Les curés étaient nombreux, les infirmières aussi, venaient à domicile, comme les docteurs, beaucoup plus rares et chers, me semble t'il. La visite était elle à 12 FF, soit l'équivalent de 50 € ? les patates venaient du pays, à moins de 1 € le kg, et de nombreuses personnes s'échangeaient ou s'offraient des légumes, voire du cochon ou des saucisses. Les cars circulaient entre villages voisins, les trains étaient à l'heure et fréquents, la campagne était préservée, pure, ne serait ce que parce  les égouts étaient inexistants.

Ce qu'on appelle aujourd'hui la délinquance n'existait pas. ni même l'immigration, même si déjà des étrangers arrivaient au pays, ainsi nommait on d'abord les portugais, puis les turcs venus nombreux dans les années 60. Oui, il y avait quelques algériens, mais suivant le mot d'alors, l'Algérie c'est la France, donc.. Le premier noir arriva je crois à st just en 1972, dans les bagages d'un aventurier local.

Les réunions de famille, ou les fêtes de village, étaient nombreuses et animées. La kermesse du 14 juillet réunissait tout le village, la vogue aussi. On ignorait la vie dans la ville d'à côté. J'y allais la première fois à 7 ans, quand il me fallut une veste pour la communion privée. J'y vis des plus grands magasins, des choses plus nombreuses, mais on trouvait dans mon village presque tout ce qu'il fallait, le catalogue Manufrance permettant tout. sauf peut etre les livres, mais la bibliotheque paroissiale me suffisait. J'ai l'impression que les gens lisaient plus de journaux qu'aujourd'hui, ou étaient abonnés. Nous recevions par exemple le quotidien local, porté tous les jours. Mon père achetait Match et Point de Vue, ma mère recevait le Petit Echo de la Mode, le Pèlerin, et moi même tintin, apres fripounet et marisette ! les gens s'échangeaient les journaux, qui circulaient. Les miens allaient aux cousins.

La nourriture était simple, moins élaborée que maintenant. On ne trouvait pas toutes ces choses préparées, de la pizza aux surgelés. les gâteaux étaient bons et nombreux, même dans les plus petits villages. Les glaces venaient exclusivement du patissier local. et la viande était souvent bien meilleure, notamment le lapin, poulet, agneau et veau qui ne connaissaient pas encore l'élevage industriel.

50 ans plus tard, les contrastes, et même oppositions sont nombreuses. Faut il parler néanmoins de progrès ? le monde va t'il mieux ? est il plus rationnel et calme ? Les intellectuels et les gouvernants plus intelligents et plus rationnels ? Matériellement, le monde a changé. Souvent quand on montre aujourd'hui l'intérieur de gens pauvres, je suis effaré, car le confort semble être là, et parfois mieux que chez moi. Je me souviens d'une visite faite avec mon père, chez une femme pauvre qu'il aidait en partie, "la jeanne ravel", la pièce était noire, chauffée par un maigre fourneau au bois,  sans lumière, a peine une chaise et un grabat dans un coin ! Si l'on veut se convaincre de la réalité des choses, j'eus la même impression en visitant la cuisine de François Mauriac, à Malagar, grand propriétaire terrien, et auteur à succès, cuisine sans doute de la meme période, des années 1960

Ce qui m'est ensuite apparu, en dehors de ce cadre de choses, c'est que la vie, dans bien des aspects, est devenue compliquée, stressante, et souvent les gens la rendent stressante, chose qui n'existait pas jadis. Les règlements ne se melaient pas de tout, et ne voulaient pas tout controler !! désormais, si je prends mon telephone mobile, google me harcele pour avoir mon point de vue, adobe veut me vendre ses logiciels, sans compter le reste. Le préfet de l'Aude me fait misère pour deux malheureuses enseignes, les gilets jaunes ont retardé mes livraisons, les comptables et la MSA me font sans arrêt des rappels, le vin n'augmente pas, voire baisse, alors que les charges augmentent, et qu'il faudrait revoir les salaires, les routes sont bondées le plus souvent !! les journaux télévisés débitent chaque jour des incongruités permanentes, des attaques des professeurs par les élèves aux prêtres pédophiles, les émissions de variété font défiler des beautés fades aussi stupides et convenues que des barbies, les journaux même le Monde et le Figaro sont remplis d'imbécillités invraisemblables, et ne parlons pas pas des impôts qui même informatisés arrivent ou en retard ou faux, et des cartes grises inaccessibles, là ou on les avait le lendemain !! Ce matin, par exemple, presque aux aurores, j'ai reçu un appel téléphonique d'une municipalité relatif à l'entretien d'un jardin qui ne les regarde pas !! et ma mauvaise humeur fut immédiate et forte !! a quoi bon emmerder les gens ???? est ce que le management (ou l'injonction) par le stress marche ?? le japon est il efficace ? la police française avec ses suicides ? et bcp d'entreprises !! ne parlons pas de l'autostress du genre "partir en week end, et ne pas rater le train". Pire dans une autre direction : hier trois "cadres supérieurs" n'auraient pas eu le certificat d'etudes primaires de la 4° republique : ils ne savaient pas et se trompaient pour dire le nombre de mètres carrés dans un hectare. mais Pina Bausch n'aura bientot plus de secrets pour eux. Je ne parle des horreurs de la mode, avec Dior mettant des brodequins militaires à ses mannequins femmes !

Enfin je me demande sincèrement comment une societé aussi peu solide et structurée pourra affronter les défis rééls de demain. si je n'étais pas objectif, il suffirait au graphologue amateur de se pencher un peu sur les écritures d'il y a un siècle, de cinquante ans, et d'aujourd'hui, pour voir les fossés. Même en comparant celles de deux normaliens : Pompidou et Wauquiez ! parmi d'autres. Ita missa est.

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