jeudi 24 mai 2012

VIVE LE QUEBEC LIBRE !

Actualité riche dans tous les sens, et au diapason du Monde, pour ce mois écoulé, survolé ou dévoré plutôt.

Que dirait cette maison que nous retrouvons pour quelques jours, le 13 mai ? "la maison silencieuse et encore endormie...le paysage le plus beau du Monde, palpitant, fraternel, seul à connaître ce que je sais, seul à se souvenir des visages disparus, et dont le vent au crépuscule, après un jour torride, est le souffle vivant, chaud, d'une créature de Dieu" (F. Mauriac, à propos de Malagar).

Nous avons quitté Paris vers midi, une courte halte dans le calme profond de St Amans Montrond. Un nouveau Président ! la France rurale est inchangée : calme des forêts de Sologne, sérénité des boeufs dans les prés du bourbonnais, seule change la couleur de l'herbe. En ce printemps pluvieux, le Larzac rappelerait la Suisse.

Nous sommes attendus, et partageons le souper des convives rassemblés : huitres de Leucate, dont je dois reconnaître qu'elles sont excellentes. Que de bonnes choses ignorées dans l'Aude, malgré 25 ans déjà.

Les vignes sont belles, seuls semblent avoir souffert du gel quelques tuyaux et des lauriers un peu noircis. Mais tout le reste affirme sa vigueur, en particulier "mon" cedre du Liban (planté le jour de mes 50 ans). Le voici qui me dépasse.

Mais dès le lundi matin, les obligations reprennent. Préparer la première expédition de vins de Mattes en Chine, qui requiet un flot de documents. Signer la demande de prêt pour la dernière plantation, un mourvèdre de 2.5 ha, sur le plateau dont le sol rappelle celui de Châteauneuf du Pape



Cette plantation revient à environ 25.000 €, dont un peu plus de la moitié pour les plants. Il faudra environ 5 ans pour qu'elle donne sa première récolte. La mortalité du mourvèdre est élevée sur Mattes, en témoignent les vignes plantées en 1989 et 1991.

Ce jour aussi, je mis en place au caveau une TV, qui montrera aux visiteurs de belles images de Mattes pendant leur dégustation.

Mardi, hélas, je ne pus suivre en direct l'intronisation du Président normal, occupé que je fus par la dégustation sans doute finale des lots et cuvées de la récolte 2011.

2011 fut pour la région une année relativement fraîche, pendant juillet, frais, et août non caniculaire. Septembre fut ensoleillé, sans être excessivement chaud. A bien des points de vue, sauf le manque d'orage du 15 août, les conditions furent parfaites, car les vignes n'ont pas souffert ni de la chaleur parfois désespérante, ni de maladies fréquentes.

En termes de cépage, le grenache est un plaisir de fruits et de saveur, au moins dans sa jeunesse. Le carignan quant à lui est plus complexe que d'habitude, servi sans doute par une maturité parfaite surveillée par le régisseur. La syrah n'est pas brulânte, mais nuancée, sans être animale non plus, juste du fruit qui évoluera au fil des ans. Quant au mourvèdre, il reste discret, comme il sait l'être dans sa jeunesse, mais au moins y lit on déjà l'absence de défaut, et une belle concentration, là aussi porteur de promesses "a qui sait attendre".

Curieusement, le blanc que je préfère est le seul qui ne soit pas encore vendu, mais pourtant remarquable, à savoir le viognier. Le rosé, déjà embouteillé, me convient tout à fait, tant par la couleur, la bouche, le nez, le gout.

Nous affinons les assemblages devant être embouteillés fin juin : sabran 2010, clos du moulin 2010, et ensuite dionysos 2010.

Le mercredi et les jours suivants furent remplis des préparatifs du mariage du couple installé à Mattes depuis bientot deux ans, Guillaume TAVALLO, et son épouse, ANGELA. Guillaume met la foi audoise au service des vins de Mattes, et il y réussit bien, même s'il affiche une réserve certaine pour les vins élevés en barriques






Sur les tables, les vins de Mattes !! et un menu bien choisi, a specialités locales. Mon préféré est le Chevreuse 2008, que je n'avais pas goûté depuis quelques mois.

Fin d'une semaine chargée, qui voit non seulement un jeune couple s'installer à Mattes, mais aussi les bénéfices revenir sur Mattes, au titre de 2011, dont les six premiers mois pourtant avaient été si catastrophiques, avec un arrêt total des ventes. mais finalement, la Providence l'avait emporté.

Samedi, au mariage, à part la pluie, m'avaient frappé deux choses : l'habillement "spontané" en bleu blanc rouge de la propriétaire de Mattes, alors que sévit une campagne "pour acheter Français" et où, parait il, moins de 1.000 entreprises fabriqueraient complètement en France. Mais que ces comités regardent les vignerons, dont sans doute seuls les bouchons doivent provenir du Portugual !! étiquettes de l'Aude, capsules de l'Aude, cartons des Landes, etc, pour mettre en bouteilles ces vins produits ici, comme fruit de la Vigne et du Travail des Hommes.

L'autre chose, roche tarpéeinne en cette semaine d'accomplissement, fut de découvrir en Mairie le tracé parait il final du TGV, de Montpellier à Perpignan. Certes, j'entends parler de cette chimère depuis 25 ans, mais là, enfin un pas en avant, qui reviendrait à couper Mattes en deux, sinon en quatre, voire en six ?

Bien sûr, personne n'a prévenu les gens concernés, ni pris contact avec eux. Le mythe du progrès a encore ses ennuques serviles. Même sans être propriétaire des terres concernées, ne s'agit il pas d'une terrible bêtise au point de vue de l'intérêt général ?? savent ils compter ?? combien de passagers supplémetaires  attendus sur cette ligne ? pour aller où et gagner quel temps ? et qui financera ? pas RFF, qui a déjà 32 milliards d'euros de dettes, et ne tiendrait pas un jour dans le monde libéral qu'il pousse en avant !!! la ligne actuelle est loin d'être saturée, et qui observe les arrivées des passagers à la gare de Port la Nouvelle les voient plutot arriver de Narbonne ou de Perpignan que de Paris ou d'horizons lointains !!

Face à cela, un domaine millénaire, préservée depuis des siècles, apprécié de milliers de personnes, sources d'activité !! et barrer d'un trait la vie, le futur de gens, de personnes, de familles, au nom de ce mythe !! mais quel est ce moloch ?

Ceci me rappelle l'histoire de ce trader londonien, mais qui lui se sert de son propre argent et n'a pas de dettes!! Sa Mercedes exclusive n'a pas roulé 25.000 kms en 4 ans, a perdu 70.000 € de sa valeur, plus avec les intérêts, et la première revision a coûté 2.600 € !! Il gémit, et je lui reproche son illogisme à juste titre, en estimant le coût du km parcouru à près de 4 € !! mais c'est ruineux !! et bien, la LGV c'est ruineux, stupide, aussi, et ca n'apportera rien au pays, à Portel (que viendraient faire des touristes ? contempler un paysage préservé depuis des millénaires, et désormais rempli d'un trait meurtrier, porteur de vacarmes), et encore moins à Mattes.

L'intérêt supérieur de la Patrie.....oui, semaine curieuse, avec ces défilés d'étudiants au Quebec, dont le combat est finalement le même qu'ici, Terre de France et qui entend le rester. Le gouvernement libéral (ainsi nomme t'on tous ceux dont l'argent est le veau d'Or, pour faire simple) a augmenté de 75 % les droits d'inscription aux universités, déjà élevés. Il s'étonne que ses enfants se révoltent contre l'avenir qui leur est ainsi barré. Mais que sont ces gouvernements qui ignorent le bonheur de leur peuple ?

Il est temps non seulement de s'indigner, mais aussi de résister à ces mille opressions ou décisions qui n'ont aucun sens, sauf de rendre l'Homme encore plus malheureux et soumis à l'Argent.

Oui, Vive le Quebec Libre, et vive Mattes libre.
Tel est le message que tous les peuples du Monde portent, porteront, sous une forme ou une autre, car c'est la Loi de La Vie, qui s'affirme depuis des millénaires, sur notre terre arride, ou dans les glaces du Nord, ou dans la Chine désormais bouillonnante.

vendredi 20 avril 2012

20 AVRIL 2012 - PASSE, FUTUR et PRESENT.

Curieuse journée, qui me fait survoler peut être 150 ans ou presque, sans chausser les bottes de Gulliver !! pourtant, ca pourrait être la journée typique d'un vigneron citadin d'ici dix ans !! Le matin, ai téléphoné à deux courtiers, pour prendre le pouls. Hélas, la fievre électorale se traduit en frigidité oenologique, semble t'il. Ensuite, parce qu'ici est un lieu à bien des égards prodigieux et archéologique, j'ai rangé une partie de la cave, et je me suis retrouvé en commandant du Titanic . Et pourquoi pas de Jaurès ?


Arrivait Midi. Je fus de corvée, n'ayant qu'un céléri rave, et deux magrets. Le céleri rave, je l'aime ainsi, se transforma vite en rémoulade d'une part, et purée de céleri de l'autre, ce qui convient bien à un gibier, ou une viande en sauce
Les deux magrets, plutot mulards hélas, furent préparés au poivre vert, et cognac. Avec cela se posait la question de "quoi boire" ?

Un oenologue de mes Corbières m'avait parlé de bouquet, d'arômes tertiaires, et cela taraudait  mon imagination. Hélas, dans la cave, je ne retrouvais pas - a moins qu'il ne fut terminé - le VOLNAY 1989 que je convoitais. Je pris son petit frère, un POMMARD 1993, du même producteur, faisant confiance à Napoléon sur les bienfaits de ce vin (en ce quoi, j'eus tort)..

Au cas où, et parce qu'il me faut surveiller son évolution, je montais, car sa structure doit lui permettre de bien l'accompagner aussi, un BF.

Il était temps de passer aux choses sérieuses !!!
Le Pommard est bien conservé, malgré ses dix huit ans, sa majorité, mais il manque de puissance et de concentration semble t'il. Le BF déjà plus fondu qu'il y a six mois montre son caractère de grand cru, puissance, discrétion, élégance, mais une touche d'éloquence à la ( ) aiderait à lui conférer plus de hauteur. Il faudrait une pincée de syrah pour colorer le tout, mais c'est dans la bonne direction . en définitive, les deux vins - dont les prix sont très différents, sans doute 300 € à l'heure actuelle pour la première bouteille, et 10 pour l'autre - conviendraient. Un canard au sang, d'ici mai, devrait mieux correspondre au pommard, alors que le BF s'accomode mieux du grillé et du poivre vert, et du style bordelais

L'après midi, je reçus un chinois étudiant en école de commerce en france, c'est sa deuxième année, et pourtant son français n'est pas courant. Mais il vient de passer deux semaines à Gaillac et veut comprendre le monde du vin, les marges, la valeur, etc, le marketing, car la Chine est folle de vins, comme la France fut folle de tulipes sous Louis XIV.

De cette leçon de choses j'appris avec étonnement des faits ou tendances à l'encontre de ma pensée profonde. Non, non il ne souhaitait pas rentrer en Chine pour y créer sa propre sté et faire fortune, mais au contraire travailler en France, vivre à Paris "où il y a plus de choses à voir qu'en Chine". Je lui dis mi goguenard qu'au contraire des gens comme moi souhaitaient s'installer en Chine, pour refaire la ruée vers l'Or. Il me regarda avec étonnement, et me dit "la france, c'est bien mieux". Enfin, oui, dans les écoles de commerce chinoises en ce moment, les grandes UV ou class qui ont les faveurs des étudiants sont "le vin" (comment le vendre, le boire, le produire) et la "viande" (l'élevage des vaches, le lait, la filière viande). Au monde du péril jaune, je vois que le blanc et le rouge ont encore un bel avenir. Il m'expliqua aussi la viticulture chinoise en plein boom, dans une région entre la Corée et Pékin, un peu l'équivalent de notre Provence. Hélas, c'est là dont est issue la commande que nous venons de recevoir !! Serons nous copiés ? Mais à part les vins, sa plus grande curiosité porte sur les antiquités, sur toutes les vieilles choses de l'Occident, qu'il découvre dans mon bureau, me confiant un peu sa frayeur d'avoir du dormir dans un vieux château du Tarn, dont les volets battaient, mais qui manifestement excitèrent son imagination.  Se termine mon périple de 200 ans, en moins d'un jour, entre la rue du Cherche Midi et le Tarn de Maurice de Guérin, un vol vers Langon et Malagar, où F. MAURIAC n'aurait pas manqué de penser que la Chine à son tour était elle soluble dans le rouge français.

PS. ou NB.
Le soir, donc 7 h après ouverture, le Pommard tient encore la route, mais on ne sent qu'un vin "chaud", l'alcool est trop brûlant, alors que la concentration manque pour un bon équilibre. On voudrait le trouver plus délicat en cette soirée de vendredi, plus en robe de soirée, en finesse.  En revanche, le BF est très délicat, fin, plus féminin qu'à midi, comme si l'ouverture l'avait adouci. Pourtant, ami lecteur, il ne fait qu'accompagner un peu de pain et un fromage frais et gras que beaucoup ignorent, poutant pure merveille : le Brillat Savarin. Le Brillat Savarin, c'est un peu comme un petit suisse triple creme, un st moret avec une crème douce et fine.

dimanche 25 mars 2012

PRINTEMPS PARISIEN - ANNONCIATION - DIMANCHE EN VILLE.

Il y a quelques semaines, le Monde publia une découverte récente sur le phénomène de la mémoire humaine, qui m'intéressa prodigieusement, non seulement parce que je m'intéresse a la Chimie du Cerveau, mais surtout parce qu'il y avait finalement la preuve du  concept qu'un philosophe quasi inconnu, Stephane Lupasco, avait emis il y a trente ans, à base d'antagonismes, et de potentialisation-réalisation, se trouvait vérifiée !!! oui, la mémoire se limite à des neurones, qui peuvent changer d'état ou de potentiel, suivant les antagonismes auxquels ils sont soumis. Bref, notre mémoire se limite a des chaines de neurones, qui deviennent plus ou moins, pour simplifier. et le plus et le moins, apparaissent suivant l'état du cerveau, ou les hormones qui lui parviennent.

Comment dans ces conditions a surgi de ma mémoire une madeleine de Proust profondément enfouie, datant des années 58-60, du Restaurant de la Poste, au Puy en Velay. Le menu alors à 6F50 voire 8F50, soit l'équivalent monétaire d'un euro d'aujourd'hui, comportait invariablement comme légume des "pommes dauphine". souvenir gastronomique d'enfance.

Certes, aujourd'hui, les surgelés en offrent des succédanés, mais je n'y retrouvais pas le gout de jadis. Maman en faisait aussi, mais cela me paraissait hors d'atteinte désormais, comme un savoir faire perdu, inatteignable... Mais l'obstacle, du cheval,  arriva sous la forme d'un bon traiteur parisien, rue Cler, à Paris, qui les fait bonnes, mais non pas de cette sorte d'antan..bref je restais sur ma déception.


 
L'impulsion vint en dormant, comme toujours, d'un rêve libérateur.. Samedi matin, au réveil, ce fut évident,  impératif. Ce que d'autres avaient fait, pourquoi n'y arriverais je pas ? réflexe de base salvateur.  Pour déjeuner, je fis une purée, et en gardais une partie, ainsi qu'une pâte à choux, après avoir vérifié les bases dans Ginette Mathiot. Mais tout revint avec le geste. Juste des pommes de terre, du beurre, un peu de la creme, pour la purée, et la pâte à choux, des plus naturelles. J'appréhendais la friture. Elle fut simple, avec deux cuillères, dans la pate froide. Il vaut mieux préparer à l'avance, et faire réchauffer au four, elles sont plus légères. Bonheur simple, qui me fait retrouver les goûts d'antan. Tout est retrouvé. Les traditions perdues. Les joies simples. Avec ceci, dans un "style vintage", à la Pompidou, haricots verts, et des côtes d'agneau. !!! Comme vin, du BF bien sûr, notre meilleur bordeaux, mais l'Apollon aurait convenu, mais impérativement un vin en barriques, riche, opulent, sur cette cuisine simple mais fine. Pas de dessert, juste un st félicien plus qu'agréable.

Changement d'heures en ce jour, il semble aussi que les élections en Europe aujourd'hui aient aussi voulu "changer". Finalement, il devrait être facile d'ouvrir un restaurant, à condition de travailler beaucoup. Car les pommes dauphine, le secret, c'est l'huile de coude, surtout pour un grand nombre de convives, car il faut battre longtemps, et fort... tout le reste, lecteur, n'est que littérature et manque de confiance en soi.

jeudi 15 mars 2012

LE BON VIEUX TEMPS, au TEMPS D ALYETTE . 2/2/1950

Comme en écho au mauvais Crozes Hermitage de ce matin, que je n'ai pu finir, et ai remplacé avantageusement par un DIONYSOS 2009 de "chez moi", je tombe cet aprem, où le soleil brille très fort en ce 15 mars 2012, sur une lettre qui me laisse songeur, à la fois sur la notion de progrès, depuis 1949, et la vie en général.

C'est une lettre écrite par ALYETTE de LAREINTY, propriétaire de Mattes de 1914 à sa mort, en 1954. La voici.

Datée du 2/2/1950, à Hyeres, sa destination, adressée à Madeleine ARNOULD.

Le 20 janvier...nous sommes arrivés à Auxerre à 2 H (sans doute partant de Paris), où, au Restaurant du Cerf Volant , nous avons fait un excellent déjeuner. Labeur (le régisseur mais aussi chauffeur) gras, moi maigre. Neige dans les champs, verglas sur les bas côtes de la route, mais route libre (la N6 ndlr).

Parvenions vers 5H1/2 à Beaune ou d'un commun accord, nous decidions de coucher à l'hôtel de la Poste tenus par des connaissances à Jules (son frère, ndlr). Un apéritif à la Bourguignonne, vin blanc, cassis (officiels) et je suppose une mixture supplémentaire, offert par Mme Chevillon nous fit trouver la vie en rose. Et un dîner, fin : escargots, et un pigeon truffé, pommes chypre (ou chips ?) agrémentés d'un Volnay 1937, d'un excellent café, et d'une fine, trouvèrent moyen de nous convaincre que le lit était merveilleux pour nous remettre d'une journée extrêmement froide et fatigante.

21 Janvier.
Malheureusement "Kikelé" (la voiture) malgré une couverture dans le capot n'était pas de notre avis, ayant dû subir - 8° degré dans son garage. Aussi le jour de notre départ, l'huile étant encore celle d'une saison plus propice, elle se refusait à partir.
Tant bien que mal, en la poussant, elle fut remisée dans la chaufferie (chauffage central) de l'hotel, Labeur étant convaincu qu'elle démarrerait ensuite. Ce n'était pas mon avis, mais à quoi bon discuter avec un homme convaincu dont le bras ne permettait pas de manoeuvrer la manivelle à outrance.
Donc laissant "Kikelé" se réchauffer, nous voici allant à l'Hospice pour le visiter. Mais la gardienne avait passé une mauvaise nuit. Impossible de visiter malgré ce qu'on nous avait dit à l'hotel avant 9H45. Nous avons visité les trois cours, puis nous sommes revenus à Kikelé. Elle refusait toujours de démarrer. Appel au garagiste servant l'hôtel. Obligation de faire une vidange d'hiver. Démarrage a 1OH45. Mais quelle envolée alors. Je tenais le volant. Labeur soupconnait bien que j'avais une idée de derrière la tête, mais ne disait rien. A 13H45 j'arrêtais (ndlr, soit 3 heures de Beaune a Vienne, ce qui est la vitesse actuelle sans bouchon. J'avais atteint le but que je désirais . Je voulais tant connaître une fois dans ma vie, Le Restaurant Pyramide Point à Vienne.
Je crois pouvoir dire que je n'ai jamais aussi bien mangé de mon existence. Menu a prix fixe 2 (sans doute 2000 franc 1949, soit l'équivalent de 50 €).
Hors d'oeuvres :
Oreiller de la Belle Aurore (pâté en croûte avec (illisible) carrés de gelée, inoubliable.
Ramequins au fromage
Foie gras aux truffes brioché
Crevettes vinaigrette
Huitres gratinées au champagne.
Plats
Saumon brisé avec truffes, champignons sauce creme
Epinards à la creme - champignons
Poulet grillé, à la sauce béarnaise et à la diable, pommes paille, pommes paysanne, à la crème
Fromages divers
Pâtisseries de toutes sortes,
le tout relevé a souhait donnant envie de dejeuner, vins, etc.
Bu 1/2 vin blanc de la région, Condrieux, et 1 bouteille de rouge, Hermitage. Café cona, et framboise. Apr-es ce dejeuner, dans un cadre adéquat, Labeur médusé m'a menée de main de maître avec le sourire en Avignon où nous arrrivions à 7H30.
Des camions, des camions et encore des camions venaient en sens inverse, la nuit venue. De gueerre lasse, craignant de me voir fracassée, tant ils passaient près de nous, j'ai fini par dire " a dieu va" pour ne pas reprendre le volant et j'ai dormi. L'un et l'autre, nous étions fourbus en arrivant. Descendu à l'hôtel de l'Europe : des gangsters comme prix. N"y retournerai plus jamais. Appris depuis qu'il faut descendre au Crillon. 
22/01, dimanche. Pour ne pas aller à un garage inconnu, avions laissé "Kikelé" bien couverte dans la cour de l'Hotel, de crainte de la voir mécontente. Sans se préoccuper d'elle, dès 9H1/2, étions au Palais des Papes, pas de messe avant 10H1/2. Visite du Palais à 10H. Ai parcouru le jardin, après avoir dit une prière auprès de la creche (magnifiques santons habillés de velours, satin, et soie) de l'Eglise. Retour à l'hôtel, démarrage sans histoire vers 11H30. Déjeuner à AIX vers 2H. J'avais encore mon idée : Restaurant Vendome, Extra pour 500 francs (équivalent de 12 €). Des paquets. Pieds de moutons à la Marseillaise. Départ vers 15H30. Un boc à la Roquebrussanne (petit village entre St Maximin et Hyeres, ndlr), devant un concours de boules. A Hyeres à 17H, ou nous avons été recus avec des cris de joie. Temps féérique, printanier, qui vous fait retirer tricot, manteau. Bavardage.
....

Le 4 (février 1950), il y aura 50 ans que le Père Labeur et notre Labeur national font partie de la famille. Aussi, Andrée s'acharne t'elle à faire des vers, avec les pieds voulus, pr célébrer cet évènement à notre arrivée à Mattes.
D'après Andrée, je suivrais les traces de Mallarmé et de Paul Valéry, que je n'ai jamais goûtés :
"A Monsieur Ernest Labeur"
Votre nom, Cher Labeur ! déjà tout un programme
Vous fut donné un jour sous le ciel de Sigean
Cinquante ans après, sous les mêmes platanes,
Retentit le rire clair de vos petits enfants,
D'une génération courageuse et tenace,
vous avez la valeur et tout le dévouement
Les ans passent sur vous sans laisser de traces
Cher Labeur au beau nom, vous défiez le temps.
Votre fidélité à la terre de Mattes
est le témoignage émouvant qui touche la dernière de la race,
Alyette Baillardel de Lareinty Tholozan..

(      ).

Puisque rien ne change il faut bien  que tout recommence toujours....

ME MISERUM /CROZES HERMITAGE 2008 TAIN

Quand j'étais enfant, disons les années 1965 à 1975, voire meme 1985 pour les derniers achats, Tain l'Hermitage était l'endroit le plus proche de mon pays natal, en ce qui concerne le vin. De plus, des voyages et des séjours en Ardeche me familiarisaient un peu avec la syrah, Cornas, Hermitage. En ce temps là, ces vignerons souffraient, les vignes étaient bien moins étendues, seulement sur les meilleurs coteaux, de Jaboulet, et dans une catégorie moins chère, de la cave de Tain. Je me souviens avoir acheté pas mal de 1976, et aussi de 1983, dont je possède encore quelques spécimens dans ma cave d'aujourd'hui. Oui, ce n'était que misère, car alors, la grande agriculture, c'était les fruitiers, pêches, cerises, vers laquelle tous se tournait. Mais ces vins, sauf ceux de St Desirat, qui ne faisaient pas plus de 9°, étaient, surtout dans les bonnes années, des merveilles de parfums et de saveurs.

C'est dire l'amour que je portais à ces vins !! au point d'avoir fait planter 19 ha de syrah à Mattes, en 25 ans, et produit et le CLOS REDON et l'APOLLON, qui parfois, me donnent qq satisfactions.

C'est dire l'émotion lundi soir qui me portait quand j'achetais ma madeleine de Proust, à savoir un Crozes Hermitage de la Cave de Tain, chez Nicolas, à 7.20 €, 2008.

Hélas, hélas, hélas, mercredi soir, cette bouteille dont j'attendais mille ravissements me désappointa en tout, et l'électricité conjuguale augmenta. Nez faible, concentration presque nulle, un gout sucrayeux, point de longueur, la maturité absente, bouche non structurée, bref une déception complète.

Pourtant, revenant du Midi cet automne, a travers cette vallée que je connais bien, j'observais que la vigne avait gagné en vingt ans son emprise, montant partout, descendant aussi, bref envahissant le moindre carré libre de Valence à Serrières. Le vin dans de telles collines, pour en mettre autant, devait rapporter. Tant mieux. Mais était il bon ? j'en avais la réponse, après quelques essais dans des maisons réputées, tout aussi peu convaincants. J'avais même été étonné, alors que nous étions au milieu des vendanges à Mattes, en 2011 au climat sévère, qu'un vigneron de cette région m'affirme avoir terminé les siennes le 17 septembre !!!!! Et pourtant, que ce vin est célébré désormais, cher, s'exporte bien. Tant mieux, je voudrais votre secret.

Pourtant Tournon, au milieu de ce vignoble, qui faisait ville prospere il y a cinquante ans, fait maintenant endormie, sale, et sans travaux. Les restaurants se remplissent, les prix me semblent terrifiants, que de syrahs inconnues à 60, 80 € la bouteille, voire plus pour les années moins récentes. Phénomène ? je me demande encore. Mais c'est vrai, les vignes sont bien tenues.

Mais ou sont mes syrahs d'antan ??

Peut être retrouverais je la vérité, dans une bouteille dégagée hier, un Crozes Hermitage 1978, de chez CHAPOUTIER, qu'on ouvrira avec un connaisseur. En tout cas, je n'ai pas à rougir de mes vins, encore moins de la leçon apprise.


dimanche 11 mars 2012

TRIOMPHE d'APOLLON, et DIMANCHE - 11 MARS 2012

Dimanche neutre, avec un samedi à Drouot, du vin bouchonné chez FAUCHON, un côtes du Rhone à 4.80 € le verre. Déjà pour Noel, leur syrah et leur cabernet m'avaient déçu. Si Fauchon fout le camp, où va la France d'antan ? Mais le pied de cochon est fort heureusement le premier de France, et l'un des moins chers.

Du coup, le dimanche, je voulus du bon vin, pour aller avec un maigret de canard au poivre vert, je voulus un bon vin, et je n'avais pas re-gouté l'APOLLON depuis son arrivée et sa mise en bouteilles, en Novembre..




Monté, carafé, un quart d'heure de frais, et la dégustation. Oui, c'est un grand Vin, avec de l'épaule, de la longueur, peut être pourrait on vouloir un gout plus net, plus tranché, comme pour le Chevreuse 2004. Filtration ? Patience ? je ne sais. Nous reverrons dans quelques années. Mais le nez est fin, fruité, subtil, un peu empyreumatique, la couleur est sombre, cerise noire, l'attaque est bonne, redescend, puis remonte (l'épaule), et après se prolonge pendant un temps qui semble infini. La bouche est présente, bonne concentration, sans écraser. Oui, ce vin parle à l'Imaginaire. Sur la bouteille, son étiquette lui convient  : le triomphe d'APOLLON, dans sa majeste tranquille, dans son ciel grandiose, un classissisme de bonne facture, avec la Grâce.

Un vin, que le poivre vert n'écrasait pas, pourtant tres frais, ni la purée de céleri. L'idéal serait un gigot tendre de pré salé, me semble t'il, sur un gratin dauphinois.

comme dessert, pour les curieux et gourmets, ce fut :


Il me fallut bien toutes ces nourritures terrestres pour supporter sans frémir la suite, en l'occurrence un dimanche électoral, mais ceci n'est plus une histoire de vigneron, mais de citoyen.

vendredi 9 mars 2012

SALON AGRICULTURE 2012 - CONCOURS GENERAL AGRICOLE.

Hélas, après le froid de mi février, nous fûmes saisis d'une mauvaise grippe, avec surtout de la toux, des jambes coupées, une immense fatigue, et fatalisme auvergnat, je ne voulus point courir chez le médecin, surtout en cette période de vacances scolaires. Pendant 2 semaines, presque, d'un mercredi jusqu'au dimanche en 12, je me trainais. Enfin, voila une semaine, je retouvais mon énergie grâce à quelques doses d'antibiotiques !! Hélas, malgré cela, je ne me sentais pas le courage d'aller au Salon de L'Agriculture, même si le dimanche précédent, le futur CLOS REDON 2010 y recevait une médaille d'Argent au Concours Général Agricole.
Néanmoins,  à cause de cela, le CLOS REDON étant  par excellent notre vin rhodanien, de Lyon,   ou comme cela arrive parfois, ou reste de fièvre, je fus saisi d'une frénésie culinaire le dimanche, et décidais de m'affronter à un mets d'anthologie, comme en firent la mère Brazier, Fernand Point. C'est d'ailleurs dans le prolongement de la rubrique d'avant, sur la pâte levée ou brioche.

Bref, pour la première fois, aidé du seul livre de cuisine désormais introuvable, je m'attaquais à la recette du saucisson - certains disent cervelas - de Lyon en Brioche. Bien des variantes existent, et j'aurais pu sans doute avec plus de beurre obtenir une recette "plus fine", mais celle ci était succulente, aux dires de mon épouse qui aime me voir oeuvrer en cuisine pour son plus grand repos.

Cette recette consiste d'abord à réaliser un levain, puis le faire lever. Ensuite de faire la pate à brioche elle même, avec farine, beurre fondu, oeufs, et donc levain. Lever plusieurs fois, casser, ramener en boule. Ceci peut etre fait la veille. Une fois la pâte bien active, et élastique, faire cuire le cervelas (eau, poive en grains, qq feuilles de sauge si possible) 20 mn à l'eau frémissante. Pas davantage et pas plus fort, car le saucisson, frais, de bonne maison, devient dur et indigeste.

Hors de l'eau, enlever le boyau du saucisson, mettre un peu de pâte dans le fond d'un moule a cake, le saucisson, puis le reste de pâte. Laisser monter a hauteur, éventuellement à four tiède, puis enfourner à four 180°C pour 25 mn, après avoir éventuellement doré au jaune d'oeuf.

Voilà, et bien sûr si possible avec une syrah de Mattes, pour une meilleure alliance,

apres levée de la brioche, avant cuisson


apès cuisson

dans l'assiette. La pièce est suffisante pour 8 personnes, et revient à peu près à 10 €, hors main d'oeuvre. mais c'est rapide (sauf les levées, en temps caché).
C'est donc très raisonnable, car deux tranches reviennent moins cher qu'un croissant parisien.