dimanche 11 février 2024

DE LA STUPIDITE DES APPELLATIONS ET DE LEURS CONSEQUENCES

 Hier, de façon instantanée, ai eu une révélation immédiate, totale, sans appel : le système français des appellations est le plus stupide du monde. il enferme des vins parfois très bons dans une case avec un nom donné, et stupidement, les clients achètent ce nom, comme ils achètent Gucci, Prada, LVMH, Chanel pour le nom, alors qu'une aussi bonne maroquinerie serait dix fois moins cher. et bien sûr, cela ne fait qu'enrichir quelques uns.

Un ami m'écrit de Suisse que le Château Beau Séjour Bécot est composé de cabernet franc, comme d'ailleurs la Gaffelière. Notre cabernet franc, le BB à Mattes, est excellent, mais il n'a ni le nom du Bordeaux ni la réputation d'Olga Riffault ! conclusion, il se vend 3.50 la bouteille, au lieu de x euros. 

Quels que soient les mérites du vigneron !! son destin dépend de sa case initiale. Moi qui ai le malheur d'être dans la plua mauvaise appellation française, en plus mal géréé, pas sélective, qui ferait bouger sa place au fil des ans, j'ai vécu hier une histoire intéressante.

Ces jours ci, le domaine et moi, travaillons sur un assemblage pour le CLOS REDON 2022; Bcp d'essais, d'efforts, sur plusieurs jours, pour trouver un vin qui se vendra à 6€ HT. Doutant un peu, je me dis regardons une syrah de référence, et je pense au Crozes Hermitage de mon adolescence, qui valait en 1976 dans les 8FF la bouteille, donc doit se trouver dans les 8 € aujourd'hui, car ce vin n'a pas la réputation des Guigal, Chapoutier et autres vedettes.

Je vais donc chez Nicolas, à deux pas, et j'en achete une bouteille, 2021; 16,30 €, soit plus que mon Apollon de bonne facture.

Le soir, au dîner, j'ouvre la bouteille, bouchon cheap, capsule cheap, mais belle contre etiquette. Nous goûtons. Ma femme apprécie cette bouche de fruits frais, de cassis à mure. Je le juge acide, car manquant de maturité, peu concentré, peu dense, bouche et longueur faibles. Je regarde le degré : 12.5°; C'est à dire le degré minimal de nos IGP Languedociennes. Elle parle de vin de bistrot, mais je n'oserais pas servir cela à un dîner réunissant des amateurs, et pourtant à ce prix.....

J'ai compris donc que la malédiction du nom faisait tout ! et que le système était stupide, complètement hors sol. On condamne la sélection objective, et on favorise des prix hauts, pour des gens réputés, mais infâmes. et cela aboutit à un abaissement général de la qualité moyenne, car soit on a la rente, soit on ne l'a pas ! En 30 ans, des vins assez bons sont devenus presque infâmes en tout cas très chers. Et quel vin prendre dans un restaurant dans ces conditions ? alors que le prix est souvent multiplié par 5 !



 Je me demande dans quelle mesure la publicité comparative (mais les journaux specialisés sont ils suicidaires ?) n'aiderait pas au renouvellement de tous ces rois sans gloire

On s'étonne que le marché des vins rouges diminue de 5% par an, mais quels efforts pour combattre cette tendance suicidaire ? les appellations ne font souvent pas de dégustation d'agrément, à l'inverse des pays d'Oc. Et c'est général ! ou sont les vrais bons vins ? 

2 H plus tard, pour une convive de 94 ans, gourmette, mais pas oenologue, je suis descendu à la cave, et ai trouvé une vielle bouteille, 1981 exactement,

Tout d'abord, j'ai constaté qu'il n'y avait pas de contre etiquette, ni de degré, bref rien de ce qui emmerde le vigneron à rédiger, mais qu'au moins Dieu Parlait très clairement, et confirmait mes propos de ce matin : oui, le bouchon était un peu abîmé, mais il était de bonne qualité, la capsule était de plomb, comme jadis, et le goût, oui, le gout, était celui des vins d'avant, et quel bouquet.  la vieille dame, ayant goûté les deux, n'a pas hésité une seconde, et m'a même rattrapé quand j'allais par erreur lui reverser le 2021; le 1981 etait parfaitement mûr, quant à lui.

Oui, le renom tue, la facilité s'installe, et le vigneron produit de la merde..................guidé par le seul profit.

jeudi 11 janvier 2024

ANNEE COMMERCIALE 2023

 

       D’une façon générale, on se souviendra de 2023, comme une année de sécheresse marquée et durable dans notre région, ainsi que par une crise des marchés du vin, résultant essentiellement de la mauvaise réputation générale du Languedoc sur le plan qualitatif, de la décroissance de la consommation, enfin d’une inflation assez marquée, qui peut laminer certains revenus, donc leurs achats. Le Champagne en témoigne. Les marchés exports sont aussi en panne pour bcp de produits (vins aux USA, Chine, cognac).

 

                Hélas, pour être objectif, il conviendrait d’avoir les chiffres d’exploitations similaires, ou plus d’informations. Ces deux points marquent les limites de l’exercice en ce qui nous concerne.

 

                                                        PRINCIPAUX FAITS

 

a)     Ventes directes

Elles se sont élevées à 344.150 €, contre 381.000 € en 2022 ; mais point positif, les ventes bouteilles sont en hausse, ont représenté 57 % du CA, contre 41% l’année précédente, avec

2778 caisses vendues, contre 2011. Il est vrai que l’année dernière, les bouteilles manquaient, mais cette année représente la première année de hausse depuis la baisse continue depuis 2018. Les exportations (71.687 €) ont été correctes,  et les ventes caveau ont légèrement baissé. Le prix moyen de vente de la bouteille est de 5.36 € , et le prix  moyen de vente tout confondu vrac et bouteilles ressort à 222 €, contre 189 € en 2022.  Conséquence que nous avons limité les volumes vrac vendus, et rien porté à la distillation. Soit au total 1536 hl vendus, contre 2056 hl en 2022.

        

b)    Parallèlement, la récolte 2023 fut de 1031 hl, contre 2294 hl l’année précédente. Les stocks au 31.12. sont de 2600 hl contre 3089 précédemment, chiffre inférieur à la moyenne des années précédentes.

 

c)    Il est encore trop tôt pour chiffrer le produit d’exploitation, car d’une part, j’attends des précisions sur les indemnités d’assurance, très inférieures à mes attentes, enfin les paiements soit CEE soit Etat sont en retard cette année (primes de plantation, de palissage, etc).

 

d)    Nos investissements ont été « moyens » c’est-à-dire renouvellement du vignoble pour 2.50 ha. Par contre, nous avons décidé d’arracher sur 2024 8.50 ha de vieilles vignes aux rendements insuffisants.

 

e)    La trésorerie est restée  inchangée, avec 70.000 € à recevoir. L’endettement a légèrement baissé, avec 183.589 € de dettes contre 198.537 € l’année précédente.

 

g)    Sur ces bases, et compte tenu qu un client vrac important  n’achete plus, en raison sans doute de ses difficultés sur le marché chinois, la direction à suivre est relativement claire 

-       Poursuite des efforts et du développement bouteilles, notamment pour le caveau qui a bcp souffert du harcèlement administratif incompréhensible (signalétique)

-       Contrôle des dépenses d’exploitation.

-       Alimentation en eau. Le 11 Octobre un gisement important a été trouvé en bord de domaine. Il convient maintenant de lui faire alimenter notre réseau ancien à sec, et d’envisager d’irriguer des parcelles de la plaine. C est un investissement conséquent, évalué a 30.000 € pour le moins. 9000 € ont déjà été réglés pour le forage. Toutes ces sommes donnent le vertige !!