dimanche 9 mai 2021

9 mai 2021, des grands hommes, des grands vins, et de l'humeur du temps.

 Cette semaine fut très curieuse dans mon existence, et je ne saurais pas par quel bout la prendre, en ce dimanche matin. Il a fait froid, et maintenant, la chaleur est là, avant de disparaître. Certainement aussi, les commémorations, nombreuses. Napoléon certes, Jeanne d'Arc un peu oubliée, en tout cas, je n'ai pas vu les fêtes d'Orleans, Mitterand pour demain, mais la semaine fut pleine de souvenirs de lui, et du 10 mai 1981; mais qu'il fait petit à côté de Bonaparte, même pour ses partisans qui célèbre plus l'Homme que le Président. Sic transit gloria mundi, et même la lumière, chère à Jacques Lang.

Mais je m'éloigne de mon sujet, qui sont le vin. Un de mes relations, 32 ans pourtant, cherche à apprendre les oeuvres d'art, les coups d'oeil, la qualité, le beau du faux. Vaste programme, d'ailleurs louable. Il me confie de même son inculture en matière de vins, alliant allègrement le fromage de chèvre au Pauillac. O Liberté, que de crimes on commet en ton nom.

Il me conseille ingénument de faire des tutoriels, sur les alliances plats et vins. Je fait ça un peu naïvement sur instagram, mais quotidiennement j'y fais grande attention, avec même un côté maniaque. 

Par exemple, vendredi, cherchant chez un caviste un Grange des Pères, dont le propriétaire et vigneron vient de mourir prématurément, apparemment de mort volontaire, je ne l'ai pas trouvé, mais pris un corbières bio, issu de st laurent de la cabrerisse.

Il était quasiment nul, pas mauvais, mais sans caractère, digne de coca cola, que je ne bois jamais. Un peu sucrailleux, sans attaque, sans bouche, un vin neutre, oui sans caractère. Soyons justes, du coup, le lendemain, au déjeuner, je l'essayais de nouveau, sur ca :

 

 

Ca ne marchait pas, ni meme un pinot du maconnais, donné par mon frère, mais manquant largement de concentration.

je me tournais donc vers Mattes, et en ce jour 8 mai, marquant le 13° anniversaire de sa mort, j'ouvrais une bouteille de

 

 

c'est à dire du Chevreuse 2008; Rien de comparable, on sent la matière, les tanions, un boisé réel, une présence, un caractère ! le soir, émission intéressante sur ARTE, où l'on parlait des bonobos, des chimpanzes, de leur capacités d'empathie, d intelligence, de leur soif d'égalité parfois, bref des choses assez étonnantes.

eh bien, pour les tableaux surtout, c'est la même chose que pour les vins, il faut la voir ou la boire avec empathie, descendre en elle, analyser instinctivement, et rapidement, et tout apparaît à la lumière.

donc après ce gel, ces recherches, une bonne étape sera de goûter mes voisins, ou les têtes de cuvée, et voir s'il est possible de faire mieux.  Toujours avancer. et faire avancer. le temps est court.
 

samedi 1 mai 2021

1ER MAI 2021

 Pendant longtemps, sans doute de l'apres guerre à 2010, le 1° mai était une fête laïque populaire, avec une tonalité différente du 8 mai qui le suivait, plus patriotique. Dans les années 1970, sous l'impulsion de Georges Seguy et Edmond Maire, suivis par André Bergeron, la question était de savoir si les deux confédérations défileraient ou non ensemble. Bergeron défilait à part, car inféodé à Washington, tandis que la CGT obéissait à Moscou.. La CFDT se posait des questions !

Aujourd'hui, tout ceci est oublié. Certes, il y aura un "grand" défilé cet aprem à Paris, et sans doute à Marseille, mais la fièvre syndicale semble appartenir au passé. A part quand elle affecte les transports publics à Paris.

Est ce bon ? est ce mauvais ? je n'en sais rien. L'Histoire semble oubliée. On a à peine entendu parler du 150tenaire de la Commune, qui ne fut pas rien. Et je crois bien que la mort de Napoléon  va elle aussi passer à la trappe. L'année dernière, la défaite totale de 1940 fut presque enterrée, comme le cinquantenaire de la mort du Général de Gaulle.

Peut on pourtant se passer d'Histoire ? que diront les français de 2051 de cette épidémie ? aura t'elle été un tournant ? pour l'instant, on ne sent que le souci de la vaccination, et de l'autre, du retour à une vie normale, c'est à dire pour beaucoup aux voyages, vacances, jours fériés.

Et bien, cette année, alors que c'etait l'obsession d'avant, personne ne se demande " vous faites quoi le 1° mai" et les routes seront presque désertes. ! Je me souviens d'une année être parti vers le sud, et des bouchons de Macon à Orange. Il faisait 26°C ! je dois retrouver qq part les photos de st tropez en fleurs.

Parlera t'on du monde d'avant comme j'entendais les grands pères parler de leur guerre de 1914, et la génération des parents de la leur, comme une obsession ?

Le muguet, fidèle, est là, dans le petit jardin, avec de belles clochettes. L'année dernière, il avait fleuri pour le 1° avril, et les roses étaient apparues pour le Premier Mai. 

Avril a heureusement été meilleur côté ventes que les trois premiers mois. Là aussi, l'amplification de certains mois est de plus en plus forte, fin d'année, période été. Dans ces montagnes russes, comment avoir une approche rationnelle sur le futur du Domaine ? c'est à dire fixer une politique d'investissements sur plusieurs années. La priorité est clairement la survie, commerciale, et la trésorerie. Les taux d'intérêt commencent à remonter. En 1985, pour l'agriculture, les  courts termes étaient à 12 %. on reparle d'inflation dans certains secteurs, bref quel va être le futur immédiat ? 

Jamais, dans ma vie vigneronne, l'horizon et l'atmosphère n'ont été aussi obscures. Les yeux ont beau scruter, ils ne voient rien. Jadis, quoiqu'on en pense, la visibilité était meilleure. Stocks, prix des vins, régularité des récoltes, pas de maladies inconnues, négociants stables. Le souci était les importations de vins d'Espagne. Une barrique Boutes valait presque rien. 

Ma belle mère me parlait des propriétaires de son époque, les importants. Les Guiter aux Campets, Les X à Lastours, plus M°Marcuello à Villefalse. Qui reste t'il aujourd'hui ?

Hier, regardant le site d'un de mes voisins, j'ai vu que l'époque 1945-2004 était entièrement passée sous silence. Il est vrai que cela pourrait surprendre de voir des capitalistes succéder à un monsieur que je rencontrais une fois, en 1987 je crois, impressionnant par son parler stalinien et sa volonté. Et sa Banque a disparu dans la fièvre des dénationalisations de 1988. 

Malgré les vagues qui parfois nous submergent, la cuvée Chevreuse 2019, à embouteiller fin mai, aura le nom d'un marin, d'un chef d'escadre. Propriétaire de Mattes il y a 250 ans. J'appris sa vie par un pur hasard, au hasard d'un vieux livre trouvé à Mattes sur lequel courait son écriture. Puis un jour, un chercheur me telephona et me parla de lui. Plus tard, je trouvais d'autres documents de lui, en ventes publiques. Il sut se battre comme un lion, sur les mers des amériques et des antilles. Eh bien, avec cet exemple, Mattes doit lutter encore et toujours.

Que sera l'été ? il va falloir réanimer le caveau, repenser la signalisation, voir si notre politique de prix est cohérente - des voisins vendent à des prix trois fois supérieurs - et si nos objectifs sont cohérents, rentabilité et pérennité. Bref, cent fois sur le métier, remettez votre ouvrage, polissez le  sans cesse....Les arbres que j'ai plantés en 2000 sont maintenant grands, il en faut planter d'autres, Idem pour les plantations...idem pour notre organisation...Il faut que tout change pour que rien ne change..

MAI 2018










.et mai 2020, quelques vues de Paris confiné !! 









lundi 12 avril 2021

8 AVRIL 2021 /GEL

La TV exploite actuellement, sur toutes les chaînes, françaises et autres, le filon policier. J'avoue que je ne regarde aucune série ! la serie vigneronne me suffit.

Nous en avions terminé, la comptable et moi, la comptabilité 2020. Certes, ca marquait une amélioration par rapport à 2019, horrible. Les ventes avaient alors atteint un minimum, la production aussi. Mais 2020, malgré la crise, le COVID, et un rappel MSA marquait une nette amélioration. Presque inattendue.

Ce mercredi soir, j'étais presque serein, je travaillais sur le compte d'exploitation, voir ce qu'il fallait faire pour l'améliorer, et je jugeais le retour à  rentabilité accessible sans trop d'effort. Certes, il en faut toujours.

Les jours précédents, étonné par le froid, j'avais consulté les prévisions météo, et vu depuis dimanche qu'en effet le val de loire, l'alsace risquaient d'être touchés.

Le 7 au soir, je dormis mal. Un pressentiment ? à 9H, le 8, un whatsapp du domaine, indiquant que le domaine était gelé, et que je serais rappelé en fin de matinée.

Entre 9H et midi, sous un calme apparent, et même voulu, je fus extrêmement nerveux, envisageant toutes les hypothèses. Bien sûr l'information manquait, aucun journal, aucune radio, et même internet...j'avais déjà noté qu'en ces circonstances, l'information urgente arrivait mal, ou pas du tout. Ce fut encore une fois vérifié. Il fallait aller a la pêche. La Bourgogne fut la plus rapide..

Certainement la matinée la plus longue de ma vie, même si j'ai souvent traversé des circonstances difficiles.. Dans ces moments là, le temps s'étire, dure, pèse, s'étale, comme s'il voulait donner le poids maximum.

A midi, c'etait clair. 5 ha bien gelés, une dizaine de plus touchés. Disons 500 hl, 100.000 €; pas assuré, et ça, je l'avais décidé, car l'assurance est bien chère, 13.000 €, pour des remboursements ridicules où il faut se battre...

Certes, ca ne rend pas les choses faciles en cette période, et la vie plus facile pour un ou deux ans. Mais fort de la conviction très profonde qu'à peu de choses près, 2020 eut été rentable, pourquoi ne pas affronter 2021 et ses difficultés inévitables.

Bien sûr, le soir, à la TV, je découvris cette France qui avait gélé, pas seulement la viticulture, mais les fruitiers, les betteraves, et même paraît il, les figuiers. Peu à peu, dans l'aprem, j'avais appris qu'il avait gelé aussi dans le Var, sauf à St Tropez, presque ile épargnée. Peut être aussi à Fitou, mais que le gel avait été général dans le val de loire, bordeaux, vallée du rhone, languedoc.

dans mon orage intérieur, le matin, je regardais les prévisions météo encore disponibles. Mattes était marqué à +4°C.


que s'est il donc passé ? eh bien, comme dans bcp d'endroits du coin, le vent a tourné, vers les 5 H, passant du marin au nord, et donc devenant plus froid.

Sic transit vinum urbis !! un coup de vent, un pet du ciel ! décidément notre monde devient vraiment dangereux.



dimanche 4 avril 2021

4 avril 2021 - MAIS OU SONT LES PAQUES D ANTAN ?

 Depuis le 9 mars, les choses n'ont pas été plus simples, mais l'avancement s'est poursuivi. Nous sommes maintenant dans les comptes de 2020, avant de plonger plus avant dans les choses commerciales, car en ce début, si les vins sont vendus sur le papier, l'argent part plus qu'il ne rentre.

et chose étonnante, 2021 semble ressembler exactement à 2020. Voilà déjà un an que les choses durent ! quels sont les secteurs qui tournent encore comme avant : l'immobilier, qq services type comptables,es, les ventes aux enchères,  mais combien d'autres a l'arrêt : tourisme, restauration, voyages, sans compter les impacts insoupconnés type trouver un container entre la chine et l'europe, sans  parler des vaccins !

 Néanmoins, le printemps revient, avec la vie éternelle, les jonquilles sont là, les rosiers aussi, malgré ces témpératures en bascule, et   une sote de nostalgie me revient, en voyant les changements de la Vie, en soixante ans.

 Le côté religieux des jours était plus marqué. Les vacances scolaires, certes, 2 semaines toujours. Mais une foule d'obligations que ma mère encadrait et marquait ! confession obligatoire - faire ses Paques - cérémonies diverses, avec l'église pleine, comme le jeudi saint, ou la procession des Pénitents, achats d'oeufs pour quelques connaissances et la maîtresse d'école. Les patissiers changeaint aussi leurs gâteaux, comme maintenant les couturiers font leur saison. IL y avait d'abord des brioches spéciales, appelées pantins, ressemblant à une silhouette humaine. Les etals s'emplissaient de nids, de gâteaux a la creme au beurre, ou s'égayaient des oiseaux et des oeufs. Les plus sages et les plus riches avaient parfois droit à des oeufs garnis, ou des cocottes, choses qui sont devenues populaires après 1968 dans la sté de consommation. Paques était aussi l'occasion d'un déjeuner familial, les familles des trois soeurs, soit de 13 à 22 personnes. Ma mère se chargeait habituellement des entrées (vols au vent en general), ou de la viande (civet). Paques aussi était la saison des étrennes pour les enfants, comme pour le Nouvel An. En général, 1F, voire 5FF, voire 10 FF, c'est à dire l'équivalent de 30 €. IL était aussi de coutume de toujours porter quelque chose de neuf pour Paques, et en general, c'etait chaussures ou veste. Mon père, un pull ou un costume nouveau. Ma mère, souvent un chapeau.

Pâques était aussi la saison, parfois, des morilles. Profitant de mes vacances scolaires, ma mère m'emmenait vers ses coins d'enfance, où, si la pluie et la chaleur avaient été suffisantes, il n'était pas rare de trouver de magnifiques morilles, tandis que pas très loin, un vieux train passait. La morille frâiche qu'on faisait simplement en omelette ou à la crème avait un goût incomparable.

 Plus tard, les expéditions se feront plus lointaines, soit vers la Vallée du Rhône ou la plaine du Forez. Sur les montagnes quelque neige coiffait les sommets. et peu après, vers les prés du chambon sur Lignon, c'etait de longues colonnes de ramasseurs de jonquilles ! Il y avait une sorte de coutume d'aller le lundi de Paques manger une friture d'éperlans sur la Loire, bordée de restaurants. Le cuisinier prenait sa barque au moment du repas, jetait ses filets, et revenait pour nous régaler. Jamais mangé qq chose d'aussi bon ! sans écolo !

C'est dire si aujourd'hui, covid ou pas, la vie est bien différente !!

 

mardi 9 mars 2021

NOUVELLE ETAPE /CHANGEMENT FORME JURIDIQUE/ 9.03.2021

 A l'attention de tous les vignerons qui voudront suivre le même cap, de tous les indépendants qui voudront créer leur sté, je tiens à livrer ces quelques lignes.

La forme sté est peu utilisée en agriculture, c'est même rare et antinomique. Pourtant, cela devient commun pour de multiples raisons, la principale étant les règles impérieuses qui régissent la MSA, et souvent le monde agricole, depuis Pisano, en 1963. Oui, les choses ne doivent pas avoir bougé en 60 ans.

Un exploitant agricole, à la différence d'un retraité "normal", ne peut pas prendre sa retraite sans complètement cesser son activitié.

Certes, il y a des subterfuges, type le fils s'installe, et le père aide. Mais si pas de fils ? ou une plus grande famille ? eh bien on crée une sté, en général la SCEA.

J'avais créé bien des stés dans ma vie, en général foncières ou commerciales. La dernière, en 2008, m'a pris moins de 3 H de mon temps, et coûta 300 €, annonces légales comprises.

Là, rétrospectivement, et c'est loin d'être achevé, j'aurais passé un peu plus de 2 ans à mettre en oeuvre, et quasiment 5 mois de formalités. Les comptes bancaires ne fonctionnent pas encore un mois après le dépôt des pièces !

Tout d'abord, il convient de faire un avant projet, examiner la faisabilité, envisager des statuts. De ce côté là, plein de possibilités, de choix existent.

il faut ensuite faire valider ces statuts, mais surtout lancer la machine, c'est à dire savoir quel capital sera engagé, et venant de qui, ce qu'on appelle les apports. Et là, c'est un marais plus que mouvant !!!

quelle valeur pour les vignes ? ah bien Monsieur, cela depend de leur age et du bail ! du bail ? oui, oui, au bout de 15 ans, les plantations (c'est à dire les vignes) appartiennent au bailleur, sauf s'il vous paie une indemnité ! le bailleur est supposé avoir fait les plantations !! bon nous verrons ca. ensuite, peut on évaluer le fonds de commerce ? ah non, pas de fonds de commerce. Même si vous vendez directement 150.000 € par an directement ? non non ca n'existe pas  sauf sauf...

Une fois tous ces obstacles franchis, se pose la question du dépôt des formalités. C'est le CFE de Carcassonne, qui est compétent, et les formulaires multiples, MO, M2, liste des bénéficiaires effectifs, bail, convention de mise a disposition, etc, annonce legale. C'est à ce moment que commencent les vraies difficultés.

CFE a une vision agricole des choses, c'est à dire quelle est l'ancienne exploitation, son cvi, etc, les douanes. Mais la vraie immatriculation est faite par Narbonne, le tribunal de Commerce, qui a une toute autre vision, et un formalisme différent.

Bref, il fallut 8 jours pour Carcassonne, j'eus le feu vert le 17, je préparais tout pour Narbonne, hélas, Noel, Covid, surcharges, erreurs, tout traîna jusqu'au 26/01/2021, où j'obtins le numéro SIRENE.

Ce même jour, je contactais nos banquiers, pour ouvrir un compte au nom de la nouvelle sté...au 9 mars, rien n'est achevé de ce côté. J'ai un seul nouveau RIB sur deux, et j'attends encore pour l'EDF.....ne parlons pas des anciens prêts...

Mais il y a bien encore bien d'autres obstacles à franchir : la nouvelle immatriculation douanes, bien sûr la MSA qui n'a pas donné signe de vie, et les homologations type exports, pour les USA, etc. 

Bref, sans compter les centaines d'heures passées dessus, le coût total est d'environ 3.000 € !!!


samedi 20 février 2021

20 FEVRIER 2021....20/02/2021

Le covid, en nous obligeant soit à ralentir nos vies, nos projets, nos élans, ou à partir dans un autre sens, aura de profondes conséquences.

On s'est rendu compte essentiellement de deux choses. Tout d'abord que la vision de la vie, son goût n'étaient  pas les mêmes pour tout le monde et, comme la Fontaine, s'ils ne mouraient pas tous, tous étaient frappés. Deuxième chose, que les ressorts ou les armatures des humains avaient bcp changé en 50 ans, sans vraiment qu'on y ait réfléchi, et qu'aujourd'hui, plus rien ne serait jamais comme avant.

Pour le premier point, a mon étonnement, des gens que je considère raisonnables sont pourtant en ce moment au Mexique, pays des plus contaminés au monde, mais ouvert aux touristes. Les stations de suisse pratiquent le ski, et hissent les clients aux sommets en taxi. l'Autriche, après une période libérale, ferme tout. Madrid fait la fête, Barcelone le blocus. L'Italie rouvre ses musées, ses restaurants. Des gens privilégient la fete, d'autres les vacances, à tous âge, à tous prix. d'autres font face, qui dans les hôpitaux, qui dans l'industrie. L'école continue de gémir de son manque de moyens. Je gémirai plutôt de son manque de résultats. On a même vu des juges et des policiers faire bombance ensemble. Pour ma part, je trouve que le gouvernement est allé un peu trop loin, excédant son rôle, en prenant des mesures parfois trop générales : couvre feu à 6h, alors que Barcelone est à 9H, épisode du masque obligatoire, plages interdites, etc.

Le second paradoxe  est que j'ai vu, sans doute d'autre aussi, que si nous ne luttions pas, de toutes nos forces, nous risquions d'être emportés dans la débacle ou la fonte des glaces, bref, qu'il fallait vivre, et fortement, mais dans une direction différente d'avant : l'effort de vie, l'instinct vital.. les gens, à la sortie, quels qu'ils soient seront plus exigeants ou moins faciles.

Deuxième point, les choses ont profondément évolué, notamment les moeurs, en 50 ans. Comment expliquer autrement le surgissement de ces affaires d'inceste et de moeurs, dans des familles souvent recomposées de haut vol, parfois hérauts de la Révolution. Les grenades éclatent dans toutes les institutions : églises, scouts, monde du spectacle, mairie de Paris. Imagine t'on que le Parti Socialiste est en train de licencier les 2/3 de ses salariés ??? que Marine le Pen vient de suivre un stage pour l'élevage des chats ??? oui, tout est fou, mais aussi cruellement logique. Les neurones sont mal canalisés, et c'est maintenant général. Trump a fait des émules. Pour ne pas l'accabler, citons les patinages pour la vaccination en France. Il était évident début décembre, fin aussi, que nous n'aurions pas 100 millions de doses d'ici fin mars 2021, et peut être d'ici décembre 2021 ! malgré cela, on a voulu désigner les médécins, qui ont autre chose à faire, grands vaccinateurs, puis ensuite les pharmaciens. Pendant, ce temps, la Grande Bretagne, a vacciné 8 fois plus de gens, l'Italie aussi (mais les choses étaient gérées par un militaire). Espoir, les USA voient le nombre de morts décroître rapidement !

Il va donc falloir apprendre à vivre dans un monde mouvant, profondément instable, peuplé de fous ou de malades, avec des tendances fort différentes. Il faut tout penser différemment, et par exemple, pour un vigneron, penser vins blancs. J'ai été étonné par le portrait du meilleur viticulteur du Languedoc, et son parcours en 30 ans. C'est tout sauf un vigneron classique, il a souvent fait à l'envers de tout le monde, et même du bon sens. Mais aujourd'hui, le but est là. ah au fait, il faudra que je goute ses vins, biodynamie ou pas. Il a un nom facile à se rappeler pour moi qui n'ai plus la mémoire des noms propres : Monsieur Fadat.

samedi 23 janvier 2021

22 JANVIER 2021 DEBUT D ANNEE;

 je ne saurais dire pourquoi ce début d'année est si étouffant, a tel point que ma tension artérielle me fait des surprises..

Oui, étouffant comme si on ne respirait plus, que l'air manquait, la liberté aussi. Pourtant je n'ai pas été immergé par l'enfance dans les voyages, les fêtes, les spectables, donc aucune mauvaise habitude de ce côté. Tout s'en ressent, de façon confuse. ainsi, il y a trente ans, à pareille époque, les galettes se succédaient à presque tous les repas. Là, deux auront suffi, comme si l'appétit et l'appétence n'étaient plus là.

Mais il en est de même dans tous les domaines, comme si le stress obligeait à fermer les écoutilles pour rester étanche. Naturellement, les nuits ont été mauvaises, mais même cela ne m'a pas affecté outre mesure. La nuit, gràce a Maps, je voyage, me renseignant sur les coins de France, l'arrière pays nicois, et l'Eure aussi, une nuit Chartres, sa cathédrale, ses vitraux m'ont tenu compagnie.

Certes, en quelque sorte, la vie garde son cours, j'ai fait mes prévisions de CA, de trésorerie pour 2021, mais cela a t'il encore un sens quand les inconnues sont si nombreuses : confinement ou pas, marchés, exports aux USA ou pas, taxes ? les cépages sont vendus, sans excès, pas de plantation cette année, il paraît que  les plants manquent !!

que sera la viticulture audoise dans 30 ans ? j'ai bien des craintes, quand je vois le prix des vignes raser le sol, par rapport à d'autres régions parties du même point. On voit qu'une plantation neuve coûter 30.000 € par ha, une vigne se vendre à la moitié ou au tiers !

Là aussi, tout est étouffant, et comme pour le covid, on se demande la raison de ce mal mystérieux, sans trouver un remède, une vaccination, sauf que l'on parle tout à le temps du covid, mais qu'on ne s'attache pas du tout à ce déclin marqué !

Paralysie, stress, réflexions sans fin, voilà notre ordinaire en cette période, avec des épisodes à venir. Du coup, les choses simples sont relaxantes. Faire des endives au gratin ce matin vaut bien une partie de chasse, ou un parcours de golf. Les choses simples de la vie. Il me manque quand même de marcher à ma guise, de voir la nature, d'aller et de venir. Certes, Internet offre des trésors insoupconnés. ou la radio avec des vieilles rediffusions, au long de mes nuits.

Pour ne rien manquer, il pleut et à verse ! irais je chercher une bouteille à la cave, ou me mettrais je encore à la cuisine, en ce samedi ?

Il y a une parole dans Nietzsche que je cite souvent, et que Trump cette semaine me fait redire : "Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort", mais diable, que de douleurs. Je réalise aussi à l'instant que l'élan, les projets d'avenir, l'imagination du futur, tout est stoppé, comme s'il était surtout impossible d'imaginer un avenir probable. La Mort nous guette elle ? sans doute, mais là, son poids est général, sauf peut être chez les teuffeurs et les incorrigibles optimistes ! ou provoque t'elle chez certains une fièvre de vivre a fond ? cette semaine, un chiffre m'a frappé, 1 million, oui 1 million de personnes ont quitté la Grande Bretagne depuis mi juin, tant à cause du corona que du brexit. En France, nous avons eu aussi moins de naissances, et bien sûr plus de décès. mais des pays comme l'Allemagne, l'Italie sont entrés dans des déclins démographiques forts, et pour le producteur de vin que je suis, ceci n'est pas bon signe non plus..

Oui, que de nuages noirs dans notre ciel !