dimanche 9 août 2015

SEJOUR ESTIVAL 9 aout 2015. dimanche matin,

Le calme du dimanche matin, surtout après dix jours de séjour, est propice à mettre sur le papier, quelques observations, dont j'ignore laquelle deviendra au fil du temps la plus importante. 

Climat ? il est clair qu'il évolue, et surtout devient capricieux depuis 15 jours. Il y a une semaine, la température était comme ce matin de 18°C, mais nous sommes montés à 30°C, avec beaucoup d'humidité, un temps lourd, et parfois comme vendredi, des nuages qui ne se dissipaient pas avant 11 H.
Or la vigne comme les hommes aiment les nuits, pour se reposer, et les nuits fraîches.

il a plu deux fois, environ 15 mm chaque fois, si bien, qu'apparemment, la vigne est toujours verte, les feuilles préservées, et les grains non secs.

Vignes ? je ne les ai pas toutes vues, mais celles de plaines, au sol plus riche, me semblent en meilleur santé apparente. Il faudra revoir plus en détails, mais l'option vins de cépages, surtout avec l'évolution des prix et des marchés, n'est pas à éliminer. Certaines caves ne font presque plus d'AOC, et en vivent bien.

Conjoncture ? malgré le nombre important de touristes, notre emplacement, il faut bien admettre que les "gens se serrent les fesses" ou le porte monnaie. ainsi, hier, qui est venu au caveau ? un menage britannique, connaisseur, un groupe de russes, habitués (et dépensiers), puis un jeune couple de hollandais, type cadres moyens, enfin un seul français, vrai amateur éclairé. 

L'argent ne semble pas manquer - cf les restaurants de narbonne et port la nouvelle - pleins, avec des réservations à faire deux jours à l'avance, mais comme l'on  dit, les touristes arbitrent pour d'autres dépenses que le vin. 

Certes, c'est par périodes, ou aussi, suivant le temps. mais c'est un fait. Je croyais être atteint de la peste, voyant la fréquentation chuter, les habitudes changer (aucun ne remplit la voiture), quand j'ai eu accès aux ventes d'un domaine réputé, bien placé...le chiffre n'était pas différent de celui de Mattes.

La Région ? ce qui frappe a 20 km alentours - faute d'aller plus loin - est le nombre de vignes arrachées, abandonnées, ou de terres retournant à l'état sauvage, d'une part, et de l'autre, le faible nombre de plantations. Je pense en avoir vu une seule en 40 km.

C'est inquiétant, car l'investissement, c'est l'avenir du paysage, de l'exploitation, de l'économie régionale. Il faut d'abord avoir des plantations jeunes pour améliorer l'encépagement et la base aromatique, améliorer ce qui est fait, et préparer l'avenir. La, pour beaucoup, rien ne semble en prendre le chemin. Pourtant on voit des terroirs magnifiques, et vers quoi pourrait se tourner la région ?

Vendredi apres midi, j'ai lu des choses confortant mon point de vue. Elles étaient tirées du dernier recensement general agricole, 2010, actualisé. On voit que si la viticulture régionale est sorti globalement d'une crise longue, elle manque d'atouts décisifs. La coopérative a fondu, en surface et en nombre d'adherents, et ceux ci par exemple, ne détiennent qu'en moyenne 3 ha de vignes, ce qui est largement insuffisant pour faire les choses rationnellement. Ce n'est plus de la viticulture, c'est du jardinage, sans en avoir la qualité.

Quant aux caves particulières, leur surface moyenne est de 23 ha, ce qui est certes plus important, mais me semble riquiqui. Production moyenne 800 hl !! tant pour les économies d'échelle que pour le matériel, tout se passe comme si du côté du lait, des céréales aussi, de l'élevage, la taille des exploitations aient considérablement augmenté depuis les années 1950, mais pas en viticultue. Certes, beaucoup de raisons pourraient l'expliquer, mais c'est un frein, notamment sur le plan commercial, car ici, ce n'est pas la Bourgogne, et son fonctionnement adapté.

Il y a le probleme des parcelles, mais aussi celui des débouchés, et des moyens, car tout n'est pas élastique. Confusément, pourtant, je sens que la taille optimale de Mattes devrait être autour de 75 hl (et sous mon trentenaire, nous sommes partis de 52 ha, pour monter à 98 ha, en passant par 38 ha). Mais il est clair que le nombre de grosses exploitations serait un facteur de dynamisme, créant un maillage résistant.

La dernière conclusion, serait qu'en 30 ans, certes des progrès ont été faits , mais ce n'est pas une vague generale, et fondamentalement, la région n'est pas à son niveau "naturel".

Pour regarder les choses plus proches, si le temps se maintient, point trop chaud, et que peut être une autre pluie arrive avant debut septembre, alors oui, la récolte pourrait être belle.



mardi 14 juillet 2015

REVOLUTION ou EVOLUTION ??

Peut être la dégustation de certaines bonnes bouteilles (ce qui ne veut pas dire a prix élevé) m'a réveillé, et je ressens confusément la nécessité de repartir en avant, de progresser si possible, et d'avancer. D'atteindre aussi nos limites qualitatives. Bref, en ce matin de fete nationale, sans tambour ni trompette, encore moins en défilant, j'ai pris ma plume pour écrite à notre oenologue conseil,

"
Cher Monsieur,
                        Je ne viens pas pour vous déranger pendant vos vacances éventuelles, mais juste vous exprimer un point relativement important pour l'avenir, et pour lequel vous avez peut être la lumière.
        Vous souvenez qu'en 1992 vous aviez fait un audit sans pitié, mais méritoire, du vignoble, du domaine et des vins. Même si j'ai pas suivi fidèlement votre posologie, le changement est indéniable, il le fallait d'ailleurs. Parcelles deja, cépages, blancs, moyens de pressurage, cuves inox, groupes de froid, barriques.
        Les hommes, je veux dire les régisseurs, ont aussi chacun leur style, a partir des mêmes outils, ce qu'on voit en dégustant leurs vins.
        Pour ma part, j'envisageais presque la retraite, satisfait de certaines étapes significatives ! vins de garde, plus de 15 ans, quelques uns réussis et pas mauvais, des blancs intéressants, des syrahs pas banales, et ce qui n'est pas à négliger, une rentabilité significative depuis plusieurs années.
        Mais confusément, je sens qu'il faut encore franchir des étapes qualitatives pour être dans les dix meilleurs du Languedoc. Et je ne vois pas  bien les directions a prendre ! levures ? maturités ? mise en bouteille à un instant t ? cuves plus petites ? cépages a apporter ? En 1985, il suffisait de regarder de loin des domaines comme la voulte gasparets ou les Palais pour progresser
        Bref, avant de reparler de ce qu'il faudrait faire, pouvez vous m'indiquer une dizaine de domaines, dans le Languedoc au sens large, qui font des vins "éminents" de facon régulière ?? et sur des volumes significatifs, pas le garage. Je les acheterai et peut etre trouverai je des indications sur ce qu'il convient de faire . Vous voyez passer quantité de vins et de domaines chez vous et ailleurs, et d'ailleurs ce serait intéressant que chaque année vous publiez en quelque sorte les notes du bac, pour qu'on regarde les mentions et surtout s'en inspire. sans compter vos propres recommendations a venir
        En vous remerciant de votre compréhension,
        S.Slts
        Jluc Brouillat

14 JUILLET 2015.

Bref séjour à Mattes. La chaleur est générale. 32° en quittant Hyeres, vers 15H, 30°C a Marseille plus clément, 32° dans la plaine de la Crau, 35° à Montpellier, 30° a Mattes, où la vieille maison nous attend.  la végétation est encore belle. Moins roussie que vers montpellier. La différence avec jadis, c'est à dire avec 25 ans, c'est que désormais les nuits de Mattes ne sont plus fraîches, de 20 à 22°C. comme avant.  La première année différente fut 2003.



Mais n'y pensons pas. Une des raisons de ma venue est de voir le toit directement, de visu, car aucune photo digne de ce nom m'a été transmise. Là, la moitié est finie, et c'est assez satisfaisant, et meme impressionnant. L'atmosphere change, c'est comme si la grand mère un peu flageolante se retrouvait ado, avec le short aux fesses. Mais le coup de neuf est net, il faudra simplement maintenant veiller a debarasser l'intérieur du vide grenier.

Qu'en sera t'il de l'isolation ? cela m'a paru leger, mais je ne suis pas spécialiste. L'ensemble est harmonieux et de bon aloi.





Les vignes sont belles, pour ce que j'en ai vu. Les jeunes plantations sont maigres. C'est une erreur de penser qu'une vigne donne apres 3 ans. Dans le meilleur des cas, c'est entre 5 et 7 ans, et parfois 10. Voila pouquoi il importe d'avoir une pyramique des vignes réguliere. Si les anciennes se mettent a ne plus produire, ou meurent, même en plantant l'équivalent l'année d'après, il faut 7 ans minimum pour retrouver la production d'antan. D'où ma volonté d'anticiper désormais.

dimanche 5 juillet 2015

5 JUILLET 2015

Les évènements n'ont pas manqué en un mois. Déjà, la température. Le 4 Juin, je rallumais le chauffage à Paris, la température n'atteignant pas 16°C dehors. Hier, il a fait 39°C. Le 12, gros orages à Mattes, avec plus de 100 mm d'eau. Maintenant la canicule règne quasiment partout. Un escroc nous laisse une ardoise de 7.398 €, pour la première fois en 30 ans. Et encore mon ardoise est moins grosse que celle des autres collegues, au total 200.000 €. On s'apercoit que les individus sont demunis a se defendre efficacement, même quand la justice et la gendarmerie existent. Enfin, pour le trentième anniversaire de l'AOC Corbières, et de notre mariage, les comptes du domaine sont "enfin"convenables. Le resteront ils ?

J'aurais tendance a penser que l'appellation n'a pas fait de progres, que tout fut et est lent. Sans doute. Mais remontant de la cave d'eté quelques bouteilles "anciennes", ma déception est parfois vive : SABRAN 2002, qui fut il est vrai un millésime médiocre. Magnificence par contre d'un millésime qui eut beaucoup de succès, le MILLENIUM, le 2000. Le 2004 manque de vivacité. Le CLOS 2008 est magnifique, en pleine opulence.
Le Blanc de Trians, aussi que j'aime bcp, de 2013.

Mais ce qui marque cette période, au moins pour les 20 prochaines années, sera ce qu'on appelle la crise grecque, avec là aussi une conjonction d'évènements irrationnels, imprévisibles et antagonistes. Qu'en sortira t'il ce soir ?

Il est quand même curieux qu'un ministre des finances traite ses pays prêteurs, ses banquiers, de terroristes, alors que le pays doit 320 milliards, en a eu 100 d'effacés en 2011, et a besoin de 50 milliards pour les prochaines années !!! Me viendrait il a l'idée de traiter la Banque Populaire ou le Crédit Agricole de terroristes quand je leur demande un prêt ? Et l'on parle de dignité ?? mais la première dignité c'est de faire face aux obligations qui vous incombent.

La question posée a aucun sens, puisque les propositions ne sont pas figées et qu'en outre, le gouvernement appelle a les refuser !! bref la logique m'échappe, même si je comprends celle du renard dans le poulailler. Tout est vraiment déréglé, pas seulement le climat. Il faut avoir le coeur bien accroché pour survivre a ces flots d'incohérence, la moindre n'étant pas que tout va bientot s'arrêter (radio, tv, justice, etc pour les vacances, ), alors que les mois d'été sont décisifs pour les vignerons. Quelle année !!


dimanche 14 juin 2015

ECOLE BUISSONNIERE. SUR LE CHEMIN DU MIDI

Non, non ce n'est pas à Vinexpo que je pars. Sans doute la foule et tous ces stands m'épateraient comme ils le firent il y a...25 ans au moins.

De plus en plus, je vois que ce monde là , qu'on nous sert, tv, journaux, pub, mode est faux et non désintéressé pour le moins. Tout est gonflé, ou se veut gonflé par l'évènement, la promotion, la pub, et ressort bien souvent médiocre voire nul.

Il y a quinze jours, un dimanche soir, je m'installais "de confiance" devant le petit écran. Le film avait obtenu l'année dernière la Palme d'Or . J'etais en droit de m'attendre à quelque chose de bien fait, bien filmé, ce fut nul, mal filmé, violent au dela du possible, mal joué, et malgré ma patience, je coupais au bout de 30 mn. Comment faire de tels torchons ?

Dans un autre registre, Monsieur Hermé et Lenôtre sont encensés, portés aux nues, et font sans doute des millions !! bref ils sont tendance, courus, et célébrés. Et pourtant, les meilleures tartes aux fraises de Paris sont faites par des artisans méconnus, ou peu connus (car l'autre jour, une vieille dame en croqua deux devant moi en une heure, assise a sa table) sont la Duchesse Anne à Paris, place du 18 Juin, et un artisan inconnu de la rue de vaugirard, vers le 27. Et cela a un prix deux ou trois fois moindre !!

Je regrette parfois que le Michelin, pourtant lui aussi auvergnat, se laisse abuser lui aussi, même si je lui accorde assez genereusement ma confiance.

Il m'a fait découvrir ainsi un restaurant de la rue de vaugirard, bon, rapide, prix modérés, dont je n'ai pas fini d'explorer la cave, a prix modérés (dernier test : un gevrey chambertin de 2011, à 43 €).

Donc vendredi à midi, nous quittames Paris, chargés comme des ânes, et suivant le mot, accompagnés d'un coq, d'un chat, sans faucon !! Sans impératif d'horaire, , et soucieux de sentir la france profonde, je quittai l'autoroute à avallon. Pour rejoindre l'antique N6, qui traverse de beaux paysages du Morvan. Puis la descente sur Beaune : saint aubin, chassagne montrachet, santenay, chagny, sans visiter lameloise, tournus et l'hotel de greuze. Une belle adresse, et vraiment épatante.


Hélas, le restaurant que j'attendais depuis neuf mois, est fermé pour cause de gastro musique, bref un èvènement !! mais on me dirige vers un restaurant minimaliste, pour lequel mes commentaires seront mitigés. Excellent paté en croute, d'anthologie et mémorable, par contre, pigeon moyen, sauf la pate, et en portion plus que réduite, dessert minimaliste, servi sur un coin d'assiette, et addition relativement explosive !!! 223 €.


Du coup, mes montagnes natales le lendemain me comblèrent, st genest malifaux, un restaurant simple, qui se veut bio, rapide, excellent et pas cher. 53 € pour deux une bouteille de cotes du forez comprise, excellente malgré le label bio. Je me regalais ensuite de mignons de veau a la saltimbocca (sauge, recette italienne) et un risotto parfait: Le patissier a côté est un des meilleurs de France, a prix doux. 6 gateaux, une pogne, deux pains de seigle pour 20.10 €. Un homme très rapide et pressé comme qqun que je connais, mais qui ne semble pas porter les politiques dans son nez. Ni Jean Marie, ni Manuel . ah ah, j'aimerais faire des sondages "de l'Elysée", même payés a moitié de ceux de M. ..X !


Ensuite la vallée du rhone, ou j'aime rouler a tombeau ouvert, comme jadis, de tournon a aix, surtout que l'autoroute est vide. L'orage menace Vaison et le Lubéron, très noirs. Chateauneuf sera épargné ? de la pluie vers aix, les vignes des côtes de Provence sont a moitié bien tenues...........Enfin la maison, tard, ou l'orage explosera ce qui est la première fois en 30 ans en juin !! curieuse année..le ciel semble mécontent.


mardi 9 juin 2015

TRENTENAIRE ou l'APPEL DU 15 JUIN

10 juin 2015

Monsieur Le Préfet, 




Ayant observé que les personnalités les plus indues  avaient droit aux décorations les plus bizarres (liste à venir, inflation que j'avais vu débuter sous Mitterand 1er)  et ne pouvant prétendre même a titre posthume à la Légion d'Honneur, ni aux Palmes Académiques,  j'ai pensé que je pouvais prétendre au Poireau, c'est à dire au Mérite Agricole !! Catherine Deneuve l'a obtenu !! pourquoi pas moi ? Le Président de la République n'a t'il pas décoré le 8 juin 2015 de La Légion d'Honneur le PDG de QATARI AIRWAYS, compagnie qui est en train d'écraser AIR FRANCE et LUFTHANSA, deux compagnies nationales européennes, et dont l'Etat lui même est actionnaire de la première !!

Au nom de l'Egalité, ne dois  je pas demander moi aussi ma breloque ?

Qu'on en juge ! Héritière d'une exploitation agricole par la destinée familiale à laquelle rien ne me prédisposait, c'est depuis 1976, voila bientot 40 ans que j'oeuvre a la vitalité de l'agriculture française. Devrais je parler plutôt de survie, après avoir vu tant de naufrages ?

D'abord, il a fallu supporter l'amputation du domaine pour le passage de l'autoroute d'Espagne. L'indemnité d'alors, équivalent d'un million d'euros, fut mangé par la crise viticole qui sévissait alors , et même le sieur Bonnet, maire de Carnac, ministre oublié de la Giscardie, parlait de bibine !! Depuis lors, toujours aux rêves de la mondialisation, la France vit arriver l'Italie, puis l'Espagne dans le marché commun !! Ensuite, Mitterand, par sa politique économique aux antipodes de l'avenir, c'est à dire en marche arrière, nous fit exploser les coûts de la main d'oeuvre, de l'inflation, et des coûts bancaires. Oui, oui, certains prêts a cette époque avaient le taux inoublié de 18 %. !! J'aurais pu tout fermer, boucher les robinets, partir en croisière, peut être plus loin que Malte. J'ai assumé.

Une autre innovation de ce septennat fut aussi l'impôt sur la fortune, qui en ce temps là, portait aussi sur l'outil de travail, c'est à dire l'exploitation et l'outil. Que diable vos amis MM. SCHLUMBERGER et ROUSSELET vous apprenaient ils le soir sur l'économie ? il est vrai que seul M. MONNET, un charentais volontairement apatride, vous enseigna le culte de l'argent après celui des seules Charentes. Nous avons  encore supporté.

C'est en 1984 pour justement échapper a l'ISF que je devins par la grâce du Fisc exploitante agricole. Diable !! que des chifres. A l'époque, le domaine avait 8 ouvriers, 52 ha en exploitation, et en 1985, ma première récolte fut de 5000 hl. Un excellent millésime.

Côté chiffres, c'était en revanche catastrophique. Je vendis un terrain constructible, pour boucher les trous les plus criants. Chance, le crédit agricole d'alors ouvrit les vannes, et des prêts installation se mirent en place. C'est en 1987 que je pus acheter mon premier tracteur. C'est en 1988 que nous plantâmes les premières syrahs, en 1989 que nous fîmes le premier embouteillage, hélas pas au domaine.

Il faudra encore dix ans pour atteindre cette étape, la pleine indépendance, dans une période toujours difficile, mais qui aujourd'hui parait par comparaison presque heureuse. En 1998 commença une période de dix ans de commercialisation à travers le groupe JEANJEAN, tandis que les ventes bouteilles continuaient à progresser. 

En 1992, nous achetâmes nos premières cuves inox, d'occasion. En vingt ans, la cave a bien changé. Heureusement, ce serait aujourd'hui une histoire impossible. Réfrigérant, en 2003, désormais banal, pressoir l'année dernière. sans compter toit cette année, des barriques par centaines.

Tous ces investissements n'auraient pas été possible, dans ces années ou de crise ou moroses, sans des apports d'argent importants et continus. En général 40 à 50.000 euros  par an pendant plus de 20 ans. Inversement, je n'ose calculer ce que j'ai versé à l'Etat, ou aux instituations sociales, depuis 40 ans. Faisons un calcul simple sur une année moyenne :

12.000 € d'impot foncier, alors que le domaine n'a même pas accès à l'eau publique !
10.000 € de droits sur l'alcool ou similaires, sans doute autant en TVA nette
15.000 x 4 trimestres de charges sociales, dont 4 X 10.000 celles de l'employeur.
8.000 pour les miennes propres, 
soit 80.000 au moins par an versés a la collectivité. soit plus de 3 millions en 40 ans. sans trop rechigner.
des achats aussi, qui permettent l'activité d'autres personnes : entretien bâtiment, matériel, équipements, plantations, compta, banques,  soit au moins 40.000 € par an.
Bref; n'ai je pas mérité le poireau même d'honneur de la patrie  ? Certes, la retraite agricole est a venir, environ 400 € par mois, disons 20 ans maximum, soit 100.000 €. Voila un poireau qui ne vous revient pas cher au kg, surtout que maintenant l'exploitation semble être compétitive. Certes, moins d'emplois, moins de production, mais une qualité reconnue, des exportations qui contribuent à la balance commerciale. Hélas, la vie est terminée, et dans un sens, n' ai je  que bien servi  ce que le Ciel m'a envoyé.

Espérant Monsieur le Préfet une réponse positive de votre part  à une démarche  encourageant  une vigneronne inconnue,  sans grade, sans plainte,

je demeure comme vous le voyez, lucide, mais désormais fatiguée    !!











dimanche 7 juin 2015

MI PARCOURS

2015 aura été si  fertile en évènements de toutes sortes, que j'ai du mal à en   suivre le rythme. Déjà, faute de temps, je n'ai pas pu aller voir les vignes à fin mai, ou début janvier, quand elles sont les plus belles, dans ce vert retrouvé.

Les élections d'abord qui se sont succédées partout : France, Grande Bretagne, Espagne, aujourd'hui Turquie, après la Pologne. Partout des vents étranges ont soufflé qui seraient à analyser. Economiquement, la reprise semble marquer le pas, la Chine s'offrant même le luxe d'une bulle boursière et bancaire inquiétante. Enfin, la Grèce fait des siennes, ce qui ne sera que la troisième banqueroute grecque en deux siècles !! Mais à chaque instant, tout peut bousculer. 

Géographiquement, l'heure est aussi aux armes, avec un climat malsonnant : Urkraine en tension interne et externe, et je juge plutôt inquiétant  que les Rafale s'arrachent de toute part. La Chine poursuit un réarmement accéléré, déclenchant l'inquiétude de ses voisins, qui en font autant. Quant à la première armée du monde, après avoir subi une déconfiture digne de la soviétique en afghanisthan - alors que ce pays vivait en paix en 1968 sous un roi débonnaire, - et mis un pays millénaire a feu et a sang en dix ans - jamais expression ne fut plus juste - elle n'est pas capable de contenir et ses alliés et ses ennemis, et Georges W. BUSH que je considère pour ma part comme un criminel de guerre responsable est salué par les sondages actuels de ses concitoyens comme un président éminent. 

C'est dire s'il faut avoir le coeur bien accroché pour tenter d'avancer ou tenter même de marcher dans ce monde que mon enfance la plus pessimiste aurait bien été incapable d'imaginer. Tout part en c...........Les socialistes ne sont plus socialistes, dans le sens où les mots peuple, justice sociale fraternité semblent imprononçables et impraticables, l'Ecole donne lieu à des activités, à des apprentissages, , sic, et les Républicains ne sont que des transformistes de bas étage "non encore vêtus de probité candide et de lin blanc". Quant à la dernière, ses voyages à Moscou d'où elle revient les comptes regonflés laissent songeur...Oui, oui, au moins Jeanne ne s'adressait qu'à Dieu, à St Michel, et à la Vierge Marie et ne chevaucha que de Domrémy à Bourges, puis Orleans, Compiègne. 

Il faut cultiver son jardin, disait Voltaire. Cette année fraîche sur Paris a fait que les fleurs ont certes eu du retard, mais sont encore magnifiques, notamment les roses. Tout fut plus beau que jamais, le jasmin, si récent, les roses, les lys qui fleurissent ce matin, les impatiens qui grandissent vite; Mieux, le temps froid a empêché la multiplication des insectes, mais les cocinelles manquent. 

Du côté de Mattes, les ventes à ce moment de l'année sont plutot "molles", comme si les français serraient encore les boulons, ce qui est probable. Les comptes 2014 ne sont pas encore disponibles, mais ils devraient être excellents, en progression; Quelle est la part de mon action sur ceux ci ? d'autres domaines marchent encore mieux, d'autres moins bien sans doute, mais depuis deux trois ans, les prix du vin de notre région remontent enfin, après 15 ans de stagnation - 1998-2012 - et ce n'est pas négligeable. mais foin des chiffres, on regardera cela plus en details cet été.

Deux hirondelles inquiétantes cette semaine, qui me confirment que la situation n'est pas encore rose. Mon agent japonais, de passage, me dit que les importateurs japonais recherchent actuellement que des vins dont le prix est inférieur à 2 € (ce qui, entre nous soi dit met ce vin en rayon au japon à 10 €), que la consommation n'augmente pas, bref..

Deuxième inquiétude : depuis plusieurs mois, je goûte systématiquement les vins de la région, réputés, pas réputés, GD, cavistes, et aussi des vins au hasard de mes pas : restaurants, boutiques..et bien de tout ce périple, le vin le meilleur, dont je ne connais pas le prix car il me fut offert, mais doit être abordable, est un vin ITALIEN !!! par son équilibre et sa créativité !! aucun doute, il a tout pour plaire : a l'amateur, au non buveur, au curieux, à l'esthéte.  Il est temps pour nous, vignerons français, de commencer à penser, à créer, à vouloir faire meilleur, sinon nous serons distancés. Que de vins français lourds, sans esprit, chers, voire franchement mauvaise (dernière expérience un crozes hermitage xx de 2013 à 40 €, prix le moins cher, dans un bistrot parisien........).

Seule consolation : l'APOLLON me paraît toujours aussi bon, et par exemple d'un aussi bon niveau que le bordelais réputé DOMAINE DE CHEVALIER, 2008, (60 € la demi bouteille).

Satisfaction aussi de voir au bout de 30 ans MATTES profondément changé, et quelque part, sorti de l'ornière, même si rien n'est jamais définitif, comme les roses.