Deux mois de date à date, pas vraiment de la vigne, mais certainement la vie du vigneron, telle que je ne l'imaginais pas, et que je la traverse. Une foule de souvenirs, d'épreuves le plus souvent, d'observations, dans beaucoup de domaines, de bas en haut, de gauche a droite.
1°) Tout d'abord, les ventes de fin d'année, qui sont relativement importantes pour le chiffre d'affaires, car elles se concentrent sur une courte période, dont, a priori, on ne sait rien à l'avance. Y aurait il un effet Macron par exemple ? ou des neiges sur les routes empêchant les livraisons ?
Cela tient aussi aux vins qu'on peut proposer, aux nouveautés. au total la fin d'année, presque 1000 caisses expédiées en France. Ce n'est pas mauvais disons.
Mais le chiffre d'affaires est en baisse, car forcément la récolte 2016 étant basse..nous avons eu moins à vendre, et les prix n'ont pas bougé.
2°) ensuite ce fut l'angoisse de l'indemnité assurance climatique, Groupama. Rappelons les chiffres. Les vignerons sont invités à s'assurer contre les risques climatiques en tout genre, secheresse, gel, etc, grêle bien sûr. Tout cela part d'un bon principe.
Nous étions assurés pour 360.000 € au maximum, soit la valeur de la récolte en vrac, un cout de 6500 €. En 2016, le rendement a baissé, par suite de la sécheresse, de 20 %, soit 400 hl. Indemnité O.
2017, sécheresse identique plus couplé à 8Ha gelés, soit 400 hl, supplémentaires perdus. Indemnité 23.000 €, soit l'équivalent de 150 hl, pour une perte de 800 hl...
Ce qui est le plus étrange c'est le papier que l'on recoit pour arriver à cette somme. Je défie quiconque fut il normalien polytechnicien macronien d'y comprendre quoi que ce soit, et d'expliquer la facon de calculer.
J'en ai la confirmation, quand l'esprit fatigué, j'appelais la centrale telephonique pour avoir la confirmation. apres x minutes, environ 20 mn, la conseillere y perdit et son latin. Je recevrais le lendemain par mail le principe de calcul !!!
3°) le troisième poids, terminant l'année avec peu d'argent et peu de stocks, était de planifier une trésorerie pour l'année 2018. Forcément, être indépendant n'est pas simple, car les rentrées sont aléatoires. Je viens juste, ce 2 février cher à mon coeur, d'achever l'exercice, après moults nuits blanches et calculs. A peu de choses près, 2018 sera comme 2018. Mais autre inquiétude, il fait tjours sec dans le sud, donc petite récolte probable. Et l'assurance est passée à 10.500 €
4°) le 22 décembre, avec la famille de l'agent US, je goûtais les bruts de cuve de la récolte 2017. Il fut satisfait par le rosé !!
Pour ma part, j'ai noté que les grenaches étaient bien foncés et fruités, les cabernets superbes, les syrahs homogènes, et le carignan tourne meilleur au bout de quelques jours.
quelques jours de faux repos (obsédé par la trésorerie 2018)
5°) rentrée, de mémoire, le 3 Janvier.
une cocasserie tout d'abord. la Direction Départementale de l'Agriculture (ou de l'Environnement) nous fait un courrier salé concernant 4 petits panneaux signalant, sur nos terres, l'entrée de Mattes.
Ou la vertu va t'elle se nicher ?
Je lui répondis assez vertement !!!
Il semble d'ailleurs que nos fonctionnaires - qui ont été incapables de retrouver l'escroc nous ayant volé 8.000 € de vin il y a deux ans, alors que je donnais son adresse, son nom, et tout, - aient du temps à perdre. Un mien cousin vient d'être mis en demeure pour détruire une digue (rivière)..au motif que cette digue empêchait la remontée des poissons !!!
Cette digue a au moins 100 ans d'existence, et fut probablement solidifiée par mon grand mère. Or je peux certifier qu'en 1960-1970, avant que tous les francais ne chient dans les rivières de montagne, je veux dire à l'heure ou les rivières étaient pures, cete rivière abondait en amont de poissons délicats comme la truite, et tout ! qu'on pechait à la main ! c'est dire l'abondance.
un pensum plus sérieux, la vente des cépages. faute d'un marché transparent - pas de bourse, pas de demande visible, pas d'offre visible, des statistiques en retard, c'est comme pisser dans un violon. c'est a à dire au hasard. cela avantage naturellement les négociants qui sont peu nombreux, disons 5, et font leur loi dans cette jungle. O macron stupide qui pense que l'angélisme va apparaître spontanément dans les relations négociants - GD - producteurs !! normalement, avec une récolte en baisse de 20 % sur tout le languedoc, les prix auraient du monter. Ils ne bougent pas !!!!
Et le cabernet excellent de Mattes part à 95 €, alors que si Rabelais le baptisait saumur champigny, ou bordeaux , voire medoc, il vaudrait dix fois plus au minimum. Dire que le Languedoc cherche encore à parler appellations, comme si on poussait la poussiere sous le tapis !! les grands pays viticoles, en expansion, n'ont pas ce systeme anti intelligence et gout.
6°) autre pensum, qui ne fut pas le moindre...une négociation commerciale avec des chinois particulièrement retors pour le moins.
Comme l'épisode n'est pas fini, attendons pour le dessiner. Mais j'ai appris à tenir tête , à bien compter, et surtout à voir que ce j'appelle Blanc peut être Gris pour un Chinois voire même Bleu. Bref, la vision du Monde est pour le moins très particulière. Je comprends pourquoi les grands groupes ont des problèmes en Chine, cela ne doit pas être "écrit" tous les jours. Il faut être capable de gérer l'inconcevable, par exemple qu'un transfert annoncé "clairement" ffait le 24 ne l'est pas encore le 31..et le sera peut etre jamais. Bref, Tintin au Tibet, si j'ose dire !
7°) dans cette tempete, il a fallu suivre aussi les salaires, les plantations, faites sur 4 ha très tôt cette année,
8°) qui dit plantation dit investissement, et donc en general demande de prêt...mais je raconterai cela dans un autre épisode, qui en dira long sur la banque dite de demain, et le bon sens pres de chez moi.
9°) bref semaine dure, que je clos sur une satisfaction, si j'ose dire, après avoir re gouté cette semaine un 2011, puis un 2008, puis un Mattes hors d'âge, probablement 1980. Celui ci imbuvable, mais le bouchon en bon état. Il était signé Benjamin Louis, maison qui a disparu, et qui vendait beaucoup le Mattes sur l'Allemagne, dans les années 1960-1980. Tout a été balayé, tout a changé.
Oui, une satisfaction, comme trois ou quatre dans une vie. En 2011, j'avais dit que la cuvée Chevreuse servirait à rénover une chapelle du même nom, près de cette ND des Landes, qui fait parler d'elle. Peut être cette chapelle a t'elle contenu le "Salvator Mundi" qui fut fameux ces jours ci, et dont j'ai retrouvé qu'il appartint en 1865 au Baron de Lareinty, enterré là, mais avant tout cette chapelle est très belle. Eh bien aujourd'hui, le toit a été refait, et j'ai reçu les photos aujourd'hui. Peut etre un jour cette chapelle retrouvera t'elle sa totale beauté ? je l'espère. Nous avons encore les objets religieux, et une Vierge très belle.
Mentalement, je calcule que en moins de dix ans, j'aurais fait refaire sans doute 1500 m² de toit.
Je pense que dans quelque temps, une association sera créée, pour permettre la remise en etat de la chapelle, avec déduction fiscale.
Cela me fait penser que je n'ai pas fait de déclaration de travaux ni demandé de permis de construire.
10°) un mien ami m'avait fait remarquer que Mattes n'était pas sur la table des restaurants parisiens, ni fameux etc. Je vous l'accorde, Monseigneur.
Il me citait le château de Caladroy. Mon adrénaline fit le reste. Toujours est il qu'en examinant ce domaine, je trouvais une pepite, qui se révélait être la solution à un probleme insoluble depuis 4 ans.
Je ramassais la pépite, et aux beaux jours, je la ferai mienne.
Blog d'un vigneron néophyte !! chroniques d'une époque, à la fois mémoires "extérieures" et bloc bouteilles.
vendredi 2 février 2018
jeudi 4 janvier 2018
4 JANVIER 2018.
Il conviendra plus tard de dresser le bilan de l'année écoulée, mais à l'heure où la viticulture - notamment - me rendrait presque paranoiaque par les affres que je dois étreindre, Dieu m'a envoyé un petit clin d'oeil, qui ne manque pas de saveur, aujourd'hui.
Je le livre tel que à votre sagacité.
C'est pas très lisible, mais toujours est il que mes cotisations sociales s'elevent à 20.045 € pour l'année, dont 4800 € de CSG CRDS, et 380 € de formation professionnelle, si nécessaire...Bref, comme avant la révolution, la paysannerie est pressurée !!!!!!!!!!
Mais alors ce qui fait franchement bidonner, c'est que le même organisme "collecteur" sic - c'est mieux qu'un pressoir pneumatique - m'adresse le meme jour le décompte de mes dépenses maladie pour l'année 2016.
Et l'on s'étonnera que d'ici vingt ans, après la suppression de la taxe d'habitation, on demandera la suppression de la taxe SANTE, encore plus injuste par la disproportion entre les dépenses et le retour.
Et l'on s'étonne que la France patine dans la m..................!!
Je le livre tel que à votre sagacité.
C'est pas très lisible, mais toujours est il que mes cotisations sociales s'elevent à 20.045 € pour l'année, dont 4800 € de CSG CRDS, et 380 € de formation professionnelle, si nécessaire...Bref, comme avant la révolution, la paysannerie est pressurée !!!!!!!!!!
Mais alors ce qui fait franchement bidonner, c'est que le même organisme "collecteur" sic - c'est mieux qu'un pressoir pneumatique - m'adresse le meme jour le décompte de mes dépenses maladie pour l'année 2016.
Et l'on s'étonnera que d'ici vingt ans, après la suppression de la taxe d'habitation, on demandera la suppression de la taxe SANTE, encore plus injuste par la disproportion entre les dépenses et le retour.
Et l'on s'étonne que la France patine dans la m..................!!
mardi 5 décembre 2017
5 decembre 2017 - POST SALON PARIS VERSAILLES
Non, non, la pluie n'est pas encore tombée sur Mattes. Oui, le froid est venu. La Provence a été couverte de neige, et nous, fermés pendant 5 jours au salon des Caves Particulières nous n'avons pas vu la lumière du jour (10 h 20 H) !
Qu'en retenir ? y a t'il un effet Macron ? la fameuse confiance...j'aurais tendance à le penser, après mon coiffeur ! Lundi soir, faisant le tour des retours domaines des vins expédiés, je n'ai vu que 3 pallettes et demi, sur sans doute au moins 400 à l'origine. Tout le monde s'avouait satisfait, et je je le serais presque, au moins qq instants.
Pour l'être il faudrait que je sois comme ce vigneron de Champagne, qui vent à prix relativement élevé, disons au moins 25 € la bouteille en moyenne, et qui a vendu la modeste quantité de 20 pallettes, doit 12.000 bouteilles, soit un camon entier !!! ventes estimées : 300.000 €.
Malgré cela, nuance, et donc la TVA versée a l Etat par ce seul producteur, soit 50.000 € - et nous étions 983 producteurs - aucun reprénsentant de l'Etat ne se montra, ni Macron, ni Hidalgo, ni le moindre ministre de l'Agriculture !!! pourtant tous auraient senti l'atmosphere joyeuse et avide de beaucoup des visiteurs !!
mais nos ministres savent ils humer l'air du jour ? au moins un a t'il trouvé comme moi les chaines publiques la honte de la République. Jamais, a l'exception des journaux tv et de quelques émissions, nous n'étions tombés si bas !!! Dire qu'on critiquait le général (il n'y a qu'une chaine, au plus deux) pour sa TV !!! là, il n'y a qu'ARTE, sans doute par sa ceinture allemande, qui ne tient la route !!
Il y a loin, me direz vous, de la tv aux vins !! pas tant que ca !! En consommatrices ignorantes et avides, les jeunes pintades boivent sans rien analyser, juste pour l'ivresse, qu'importe le flacon, un peu le feuilleton américain, quoi.
Meilleur, les gens ouverts, qui goutent et sont satisfaits de la valeur qualité prix, je nommerai là qq etrangers, des quebecois, des suedos.
Enfin, les gens qui sont exigeants, goutent, repèrent, selectionnent, et achetent , l'exemple étant M. KRAUTH, un de nos clients. très sélectif. et le vin recommandé par lui, château de Valmer , en vouvray effervescent, est un modèle du genre, inconnu et très bon.
Mais un homme attentif ne peut pas à la voir cette ivresse de consommations - il s'est vendu probablement plus de 1.000.000 bouteilles sur ce salon - et comment dire, la fracture sociale . Dans les stations du metro, sur le chemin, des clochards dorment. Et le salon montrent j'allais dire pour simplifier "l'electorat fillon" c'est à dire que les classes basses moyennes en semblent exclues, ou ne pas venir.
Ceci m'est confirmé par le fait que les vins sont relativement chers, même des appellations modestes, et banales. Mattes est sans doute le meilleur rapport prix et qualité du salon. On voit des pouilly fuissé, semblables à de l'eau citronnée, de la limonade donc, à 16 € la bouteille. Des vins bien, mais pas extraordinaires, de nos voisins à 25 € la bouteille.
Pour finir de me tuer, on m'a dit que le beaujolais nouveau était à 10 € le verre à la Defense le fameux jour !!
O liberté, que de crimes on accomplit en ton Nom !! mais je ne doute pas que pour les vins, comme pour la TV, le jour de vérité ne sonne un jour. nos baisses sur les marchés export en sont l'indice, et nul doute que les consommateurs français ne se lassent des gigondas à 30 €.
Qu'en retenir ? y a t'il un effet Macron ? la fameuse confiance...j'aurais tendance à le penser, après mon coiffeur ! Lundi soir, faisant le tour des retours domaines des vins expédiés, je n'ai vu que 3 pallettes et demi, sur sans doute au moins 400 à l'origine. Tout le monde s'avouait satisfait, et je je le serais presque, au moins qq instants.
Pour l'être il faudrait que je sois comme ce vigneron de Champagne, qui vent à prix relativement élevé, disons au moins 25 € la bouteille en moyenne, et qui a vendu la modeste quantité de 20 pallettes, doit 12.000 bouteilles, soit un camon entier !!! ventes estimées : 300.000 €.
Malgré cela, nuance, et donc la TVA versée a l Etat par ce seul producteur, soit 50.000 € - et nous étions 983 producteurs - aucun reprénsentant de l'Etat ne se montra, ni Macron, ni Hidalgo, ni le moindre ministre de l'Agriculture !!! pourtant tous auraient senti l'atmosphere joyeuse et avide de beaucoup des visiteurs !!
mais nos ministres savent ils humer l'air du jour ? au moins un a t'il trouvé comme moi les chaines publiques la honte de la République. Jamais, a l'exception des journaux tv et de quelques émissions, nous n'étions tombés si bas !!! Dire qu'on critiquait le général (il n'y a qu'une chaine, au plus deux) pour sa TV !!! là, il n'y a qu'ARTE, sans doute par sa ceinture allemande, qui ne tient la route !!
Il y a loin, me direz vous, de la tv aux vins !! pas tant que ca !! En consommatrices ignorantes et avides, les jeunes pintades boivent sans rien analyser, juste pour l'ivresse, qu'importe le flacon, un peu le feuilleton américain, quoi.
Meilleur, les gens ouverts, qui goutent et sont satisfaits de la valeur qualité prix, je nommerai là qq etrangers, des quebecois, des suedos.
Enfin, les gens qui sont exigeants, goutent, repèrent, selectionnent, et achetent , l'exemple étant M. KRAUTH, un de nos clients. très sélectif. et le vin recommandé par lui, château de Valmer , en vouvray effervescent, est un modèle du genre, inconnu et très bon.
Mais un homme attentif ne peut pas à la voir cette ivresse de consommations - il s'est vendu probablement plus de 1.000.000 bouteilles sur ce salon - et comment dire, la fracture sociale . Dans les stations du metro, sur le chemin, des clochards dorment. Et le salon montrent j'allais dire pour simplifier "l'electorat fillon" c'est à dire que les classes basses moyennes en semblent exclues, ou ne pas venir.
Ceci m'est confirmé par le fait que les vins sont relativement chers, même des appellations modestes, et banales. Mattes est sans doute le meilleur rapport prix et qualité du salon. On voit des pouilly fuissé, semblables à de l'eau citronnée, de la limonade donc, à 16 € la bouteille. Des vins bien, mais pas extraordinaires, de nos voisins à 25 € la bouteille.
Pour finir de me tuer, on m'a dit que le beaujolais nouveau était à 10 € le verre à la Defense le fameux jour !!
O liberté, que de crimes on accomplit en ton Nom !! mais je ne doute pas que pour les vins, comme pour la TV, le jour de vérité ne sonne un jour. nos baisses sur les marchés export en sont l'indice, et nul doute que les consommateurs français ne se lassent des gigondas à 30 €.
mercredi 8 novembre 2017
8 novembre 2017 - LES PREMIERS RESULTATS.
Enfin, les chiffres sont tombés. Récolte 2017, 2400 hl, contre 2576 hl en 2016, et 3044 en 2015, dernière année qu'on peut considérer comme normale, tant pluviométrie que chaleur. Et encore, cette baisse est cachée par le fait que de nouvelles plantations, dans la plaine, montent en puissance. Tout ceci n'est pas encourageant, le gel après la sècheresse ! qu'attendre de 2018 ?
La baisse est encore plus grande pour l'AOC, Que seront les prix ? sans doute les négociants vont faire un arrangement entre eux et les grosses caves coop. a la fois metteurs en marché et négociants. Nous verrons. mais au total, pour Mattes, ce sont 1000 hl perdus en deux ans. Ce seront autant de moins investis dans l'avenir, ou empruntés aux banques, puisque le domaine ne donne pas d'argent à ses exploitants.
Donc environ 150.000 €, presque le montant des investissements faits sur cette même période. Il va falloir redoubler d'efforts pour tenir le rythme...
Mattes a la chance, si l'on peut dire, d'avoir une structure légère, et que les exploitants y laissent l'argent quand ils n'en mettent plus. Mais parfois, je vois les bilans de structures identiques en surface, faisant souvent plus de CA, mais perdant des sommes énormes ! comment tiendront ils ? il faut un minimum de vignerons sur une surface donnée, une région, pour qu'elle apparaisse comme viticole. Maintenant, quand je vais à Narbonne, combien de jacheres je vois !! là où il y avait jadis des vignes..des trous partout. Sauf en Provence, qui se remplit, se densifie, et multiplie les domaines.
samedi 30 septembre 2017
FIN DES VENDANGES 2017
Elles ont été terminées hier, par le cabernet sauvignon, comme il se doit. Que peut on dire à ce jour ?
Le millésime 2017 aura été marqué par deux choses : un gel sévère qui a affecté, même à Mattes, les cépages précoces. Environ 8 ha de syrah ont été touchés, dont 4 totalement. Le deuxième point est une sécheresse sans exemple de fin avril à ce jour !!! par chance, les réserves profondes aquifères étaient là.
A cause du gel, la baisse de volume est d'environ 300 hl sur les seules syrahs. . L'impact de la sécheresse est plus délicat à observer, car 2016 fut déjà une année sèche. mais on peut regarder ce que donnait il y a quelques années un ensemble de parcelles assez anciennes. par exemple le grenache. ou des parcelles individuelles, comme le chardonnay, le viognier, etc.
On peut estimer a 15 % la perte dûe à la seule secheresse. Curieusement des parcelles n'ont rien donné, type muscat, d'autres légèrement plus, le chardonnay, d'autres beaucoup moins : viognier, avec une production divisée par trois.
Il a manque les pluies habituelles de l'été, comme en Provence. Alors que le Bordelais, le Val de Loire, la Bourgogne, voyaient passer des pluies frequentes.
Les températures ont été aussi en dents de scie, avec des épisodes très chauds (37°C le 22 juin), et d'autres très frais, notamment au moment des vendanges.
Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives de cette récolte, notamment sur l'adaptation de chaque cépage à notre domaine, mais elles seront nécessaires.
Point intéressant : à mon avis, les parfums de la cave, en fermentation, ont été les meilleurs et les plus intenses de ces dernières années.
dimanche 10 septembre 2017
METEO, AVENIR, VENDANGES
Aussi loin que je me souvienne, c'est à partir de 2001 que la météo a vraiment changé à Mattes notamment, et ailleurs. Oui, le vigneron suit bien sûr, surtout quand il est loin, le temps qu'il fait, qu'il a fait, qu'il va faire, et sur une longue période.
De 1985 à 2000, je ne me souviens pas d'année très particulière, au moins pour le printemps et l'été. POur ce qui est des vendanges, les automnes étaient en général beaux, avec le fameux orage du 15 aout. Je me souviens par exemple de septembre 1996, qui fut magnifique !! peut être parce que le Pape visitait la France :) . Au contraire, les vendanges 1997 furent marquées par un crachin mouillant, dès début septembre. et plus tard, des inondations. Inondations mais post vendanges en 1999, très importantes.
2000 marqua le début des étés chauds et secs, notamment 2001, 2003, et surtout, ce qui est plus frappant, de brusques sauts de température ou des refroidissements, ou en toute saison. 2015 par exemple fut un été pluvieux, et les vacanciers ont dû souffrir. 2016 et 2017 connurent des étés très secs, une seule pluie a Mattes le 14 août, triste résidu des orages d'antan. Et surtout la température peut varier très vite. Je me souviens des 38° atteints trois jours de suite vers le 22 juin. Et que dire d'aujourd'hui, des 16°C à 11 h, alors qu'il y a moins de dix jours, il faisait 30°C.
La vigne est une plante de secheresse, elle est née en Turquie. Mais elle aime un temps régulier, sans grosses variations. Cette année, pour la première fois, Mattes malgré sa position près de la mer, privilégiée, a connu un gel important sur une surface étendue. Je me souvenais d'un seul gel, limité. Bref, ma question est : alors que la vigne avait trouvé une localisation optimale dans le Languedoc depuis les romains, est ce que ce principe est à remettre en cause ?
Il est difficile de délocaliser un vignoble, c'est même impossible. Mais mes observations m'inquiètent. Dans le Var, par exemple, le temps a lui aussi changé au fil des années. Le vent était jadis absent, les températures maximales de toute la france entre le 14 juillet et le 15 aout, là aussi des orages d'été marquaient la saison, qui se terminait le 29 aout par quelques jours de fort mistral, et l'automne s'installait plus frais.
Depuis quelques années, ce scénario n'est plus le même. Paris a plusieurs reprises fut bien chaud que le Var, et même le Cotentin que Nice. Mais aucune pluie, et un vent quasi permanent, changeant deux fois par jour. La température a été régulière en été, sans excès marqué, sauf fin aout. et depuis elle a chuté brusquement.
Dans ce département, beaucoup de vignes sont irriguées. Mais je me demande si c'est un investissement judicieux, car cet été, ce sont les vignes irriguées, aux racines moins profondes, qui ont semblé souffrir le plus par leur feuillage. Mais pour l'instant, aucun chiffre ne vient pour conforter ces impressions.
Bordeaux semble, de loin, avoir connu tout ensemble ces épisodes de froid, de chaud, de chaleur, de pluie.
Mais ou sont les neiges d'Antan ?
dimanche 3 septembre 2017
VENDANGES CODE DU TRAVAIL
Dimanche calme, le mistral est tombé, le ciel est lumineux. Les vendanges ont été semi décevantes pour les blancs, nulles pour le muscat, divisées par trois pour le viognier !! mais il est encore trop tôt pour se faire une idée générale.
C'est le Code du Travail, qui aura épuisé ma patience cette semaine. Excès des uns, cris des autres !! C'est vrai qu'il faut simplifier autant qu'il est possible ce monument, ce millefeuille indisgeste. Cela certes ne doit pas conduire à un écrasement des faibles par les forts, mais au soir d'une vie de travail, ou j'ai été à la fois salarié et patron, qu'en dire ? uniquement sur le plan pratique.
Patron, je n'ai eu qu'une fois à licencier un individu, d'ailleurs capable professionnellement, mais caractériel au possible. L'animosité entre le chef d'équipe et lui avait rendu le climat impossible, j'allais dire pour des bêtises, c'est à dire un sécateur !! qui de l'ouvrier ou du patron devait fournir le sécateur que parfois on utilise. Le régisseur soutenait que chacun doit avoir son sécateur, lui le refusait.
Je tentais longuement de calmer les choses, allant même jusqu'a avancer l'argent d'une voiture qui allait être saisie. Mais les choses empirèrent, le salarié se mit en arrêt maladie, a son retour, la médecine du travail, pourtant obligatoire, ne voulut pas se prononcer sur le type de travail qu'il pouvait ou non assurer, et au bout de quelque temps, je dus prononcer le licenciement. Malheureusement, il saisit les prudhommes, et avec un bon avocat, me fit condamner à l'époque à des dommages devant la cour de Montpellier, dont j'appris plus qu'elle etait systématiquement favorable aux salariés. 90.000 FF à payer. Mais quelques mois plus tard, cette personne eut un accident mortel.
Mais je dois reconnaitre que ce litige empoisonna ma vie pendant deux ans, malgré ma bonne volonté initiale et pour une chose absurde. et je mesurais le poids des avocats de tout poil.
Comme salarié, au bout de 30 ans, alors que mes ventes atteignaient 5.000.000 € et les profits nets plus d'un 1.000.000, et faisaient marcher la boutique Europe, je fus licencié en 2008 pour des raisons obscures, qui tenaient sans doute à la jalousie de certains incapables, mais bien placés, et à ma volonté d'indépendance que j'entendais préserver. Nul licenciement après des années d'harcelement ne m'a pas paru aussi absurde et inutile, car j'aurais été prêt à négocier tranquillement. Il n'en fut rien. Je savais qu'au contraire de Montpellier, aller devant les prudhommes de Paris n'aurait servi à rien, car l'avocat - a noter qu'ils travaillent à 95 % pour les entreprises et très peu pour les salariés - m'avait dissuadé de demander plus de 50.000 €, ce qui me paraissait négligeable compte tenu du dommage à cet age.
Mais je connaissais mes atouts. La partie japonaise, venue spécialement deux fois du Japon, n'offrit rien. ne formulait pas, n'avancait pas. Leur avocat, un célébre cabinet d'audit, un des big five, ne formulait rien de plus. Rien n'avancait. Arriva la veille de mon dernier jour.. Mon avocat devenait pessimiste. Tout le monde était absent d'Europe. Personne n'était joignable. J'avais 3 bombes atomiques. J'en lâchais une, par mail à 10 H, que compte tenu du décalage horaire , le Japon ne pouvait pas "traiter" le même jour. Mais à 17 H, mon avocat m'appela : j'obtenais une capitulation sans condition, allant au delà de mes espérances initiales, et bien au delà de ce qu'entrevoyait mon avocat, qui ne fit pas grand chose, sinon de s'entremettre, et toucha pourtant 14.700 € d'honoraires.
Ces deux histoires me font dire que la matière est électrique, parce que les gens ou interlocuteurs sont de mauvaise foi et que les procédures sont hasardeuses, très hasardeuses. Le droit ne pouvait pas grand chose pour moi. Mais un an fut perdu en discussions inutiles. Je ne connais pas le détail des sommes payées par l'autre partie en charges, voyages, pertes de clientèle, avocats, mais ca depasse sans doute 1.200.000 €. Bref il eut été plus convenable, et rationnel de me laisser filer jusqu'a la retraite !! mais tout est affaire d'humeur dans ces histoires, et d'amour propre.
Je me dois de raconter une anedocte qui me fit longtemps rire. Le jour ou HITACHI me fit part de ses volontés lointaines, je rencontrais pres de moi LASPALLES. Presque un an plus tard, allant chercher le cheque, et quittant la maison, il repassa, tel un démon souriant de l'histoire.
C'est le Code du Travail, qui aura épuisé ma patience cette semaine. Excès des uns, cris des autres !! C'est vrai qu'il faut simplifier autant qu'il est possible ce monument, ce millefeuille indisgeste. Cela certes ne doit pas conduire à un écrasement des faibles par les forts, mais au soir d'une vie de travail, ou j'ai été à la fois salarié et patron, qu'en dire ? uniquement sur le plan pratique.
Patron, je n'ai eu qu'une fois à licencier un individu, d'ailleurs capable professionnellement, mais caractériel au possible. L'animosité entre le chef d'équipe et lui avait rendu le climat impossible, j'allais dire pour des bêtises, c'est à dire un sécateur !! qui de l'ouvrier ou du patron devait fournir le sécateur que parfois on utilise. Le régisseur soutenait que chacun doit avoir son sécateur, lui le refusait.
Je tentais longuement de calmer les choses, allant même jusqu'a avancer l'argent d'une voiture qui allait être saisie. Mais les choses empirèrent, le salarié se mit en arrêt maladie, a son retour, la médecine du travail, pourtant obligatoire, ne voulut pas se prononcer sur le type de travail qu'il pouvait ou non assurer, et au bout de quelque temps, je dus prononcer le licenciement. Malheureusement, il saisit les prudhommes, et avec un bon avocat, me fit condamner à l'époque à des dommages devant la cour de Montpellier, dont j'appris plus qu'elle etait systématiquement favorable aux salariés. 90.000 FF à payer. Mais quelques mois plus tard, cette personne eut un accident mortel.
Mais je dois reconnaitre que ce litige empoisonna ma vie pendant deux ans, malgré ma bonne volonté initiale et pour une chose absurde. et je mesurais le poids des avocats de tout poil.
Comme salarié, au bout de 30 ans, alors que mes ventes atteignaient 5.000.000 € et les profits nets plus d'un 1.000.000, et faisaient marcher la boutique Europe, je fus licencié en 2008 pour des raisons obscures, qui tenaient sans doute à la jalousie de certains incapables, mais bien placés, et à ma volonté d'indépendance que j'entendais préserver. Nul licenciement après des années d'harcelement ne m'a pas paru aussi absurde et inutile, car j'aurais été prêt à négocier tranquillement. Il n'en fut rien. Je savais qu'au contraire de Montpellier, aller devant les prudhommes de Paris n'aurait servi à rien, car l'avocat - a noter qu'ils travaillent à 95 % pour les entreprises et très peu pour les salariés - m'avait dissuadé de demander plus de 50.000 €, ce qui me paraissait négligeable compte tenu du dommage à cet age.
Mais je connaissais mes atouts. La partie japonaise, venue spécialement deux fois du Japon, n'offrit rien. ne formulait pas, n'avancait pas. Leur avocat, un célébre cabinet d'audit, un des big five, ne formulait rien de plus. Rien n'avancait. Arriva la veille de mon dernier jour.. Mon avocat devenait pessimiste. Tout le monde était absent d'Europe. Personne n'était joignable. J'avais 3 bombes atomiques. J'en lâchais une, par mail à 10 H, que compte tenu du décalage horaire , le Japon ne pouvait pas "traiter" le même jour. Mais à 17 H, mon avocat m'appela : j'obtenais une capitulation sans condition, allant au delà de mes espérances initiales, et bien au delà de ce qu'entrevoyait mon avocat, qui ne fit pas grand chose, sinon de s'entremettre, et toucha pourtant 14.700 € d'honoraires.
Ces deux histoires me font dire que la matière est électrique, parce que les gens ou interlocuteurs sont de mauvaise foi et que les procédures sont hasardeuses, très hasardeuses. Le droit ne pouvait pas grand chose pour moi. Mais un an fut perdu en discussions inutiles. Je ne connais pas le détail des sommes payées par l'autre partie en charges, voyages, pertes de clientèle, avocats, mais ca depasse sans doute 1.200.000 €. Bref il eut été plus convenable, et rationnel de me laisser filer jusqu'a la retraite !! mais tout est affaire d'humeur dans ces histoires, et d'amour propre.
Je me dois de raconter une anedocte qui me fit longtemps rire. Le jour ou HITACHI me fit part de ses volontés lointaines, je rencontrais pres de moi LASPALLES. Presque un an plus tard, allant chercher le cheque, et quittant la maison, il repassa, tel un démon souriant de l'histoire.
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