Bref saut a Mattes où règne comme partout une chaleur assez forte, dès le matin, et tard le soir. La vieille maison, pourvu qu'on la laisse ferméé entre 9 H et 21 h, garde le frais reposant. Le but principal est d'accueillir un importateur japonais, jamais rencontré, même si nous travaillons depuis 20 ans avec lui.
Ceci a été l'occasion de goûter des vins anciens, type MILLENIUM 2000, ou CLOS REDON 2005, ou SABRAN 2004, bref au hasard, dans les mêmes conditions d'endroit et de température que les vins plus récents, type CHEVREUSE 2013, CLOS REDON 2015, ou même SABRAN 2015 à venir.
Deux satisfactions : les vins vieux ont bien tenus, et se sont bonifiés. Curieusement, parfois. La SABRAN 2004 a des notes empyreumatiques, alors qu'elle n'a pas connu le bois ! d'ou vient ce raisiné ?
Enfin, sans nul doute, les vins récents sont meilleurs que ceux d'il y a dix ou quinze ans, le chevreuse 2013 contre le millénium, les clos redon entre eux, le 2015, me paraissant être largement supérieur.
La Sabran est plus sujette à des variations, et le goût ou le profil ne sont pas toujours les mêmes. De tous, c'est l'APOLLON 2011, une pure syrah en barrique qui domine, et meme contre le Millenium.
Troisième, peut être marketing ou d'amour propre, à des yeux "ouverts", sans préjugés, les vins en barriques sont incontestablement sans comparaison avec les vins non en barriques, sauf peut être le cabernet sauvignon.
Bref, nous avons oeuvré dans la bonne direction , mais il faut encore mieux et plus grand. Travailler sur les assemblages, l'élevage en cave, le raffinement, la touche qui fait que tel vin est inoubliable.
et ce qui ne gâche rien, et rend le boulot moins ingrat, est que PORTEL a depuis un patissier d'excellence, avec des choses qui valent bien HERME ou DALLOYAU sans en voisiner les prix. Bref, la région se développe, et veut aller du col. Continuons le combat.
Blog d'un vigneron néophyte !! chroniques d'une époque, à la fois mémoires "extérieures" et bloc bouteilles.
mardi 26 juillet 2016
samedi 9 juillet 2016
4 juillet 2016 - RETOUR à MATTES
Le dimanche 3, la France n'avait pas encore commencé sa transhumance. Marseille était désert, la Camargue aussi, c'est donc assez tôt que nous arrivâmes à Mattes.
Qu'est ce qui fut frappant ? tout l'arc méditerranéen, sans doute de Nice à Perpignan, est sec, très sec, et cela rappelle 1989. La chaleur est là, avec 35° à Montpellier, sous le vent dit du Nord, et 32°C, à Mattes.
Les vignes sont certes belles, mais l'année dernière, il pleuvait fréquemment, et la température dépassait rarement 25°C. Pour une fois, la chaleur est plus forte que sur la Cote d'Azur.
Tout est calme, sans luxe, et avec seulement la volupté des yeux. Le palmier bleu planté en 1996 commence à grandir, même si ses frères jumeaux sont bien courts. Mon cèdre, dopé par l'or brun, a entamé sa montée. Certaines plantes ramenées de Hyeres se sont enfin acclimatées, par exemple les lantanas, pourquoi pas bientôt un bougainvillée ?
Il fait chaud, tres chaud en sortant de Lastours, 35°C. Ce dont j'ai pris conscience, à l'unisson de Madame, c'est que les Corbières avaient fait d'énormes progres, autant que Mattes, au moins ceux là, et donc que la retraite s'éloignait, comme un mirage dans le désert.
L'apres midi, visite des gîtes et divers achats.
Mardi matin, deuxième raison d'être là. La récolte 2015, la regouter cépage par cépage, cuve par cuve, et voir ce que l'on peut faire : quels assemblages, quels volumes.
La chaleur des vins ne facilite pas le travail. Mais je juge le lot de cabernets magnifique. Après, plusieurs assemblages me semblent intéressants, sans être exceptionnels. Il faudra regouter le lendemain, et sans doute bientot, avant d'embouteiller.
Mon principal combat cette semaine fut d'obtenir tel Don Quichote contre les moulins à vent qu'un groupe important fasse un virement !!! L'administration est parfois plus simple. Parfois, pas toujours.
Mais j'y suis enfin arrivé.
Ouf, retour dans la maison du Sud, embouteillages géants à Marseille et Toulon, par 35°C. Enfin, le chat s'arrête de gémir, les cigales chantent.
Qu'est ce qui fut frappant ? tout l'arc méditerranéen, sans doute de Nice à Perpignan, est sec, très sec, et cela rappelle 1989. La chaleur est là, avec 35° à Montpellier, sous le vent dit du Nord, et 32°C, à Mattes.
Les vignes sont certes belles, mais l'année dernière, il pleuvait fréquemment, et la température dépassait rarement 25°C. Pour une fois, la chaleur est plus forte que sur la Cote d'Azur.
Tout est calme, sans luxe, et avec seulement la volupté des yeux. Le palmier bleu planté en 1996 commence à grandir, même si ses frères jumeaux sont bien courts. Mon cèdre, dopé par l'or brun, a entamé sa montée. Certaines plantes ramenées de Hyeres se sont enfin acclimatées, par exemple les lantanas, pourquoi pas bientôt un bougainvillée ?
Mais surtout le toit est fini. C'est une des pièces les plus importantes de ce puzzle de rénovation entamée il y a trente ans. C'est un peu plus de 400.000 € (non actualisé) dépensé au fil des ans, pour redonner aux batiments leur apparence et la beauté de la Pierre, mais aussi leur fonction. Il reste encore a faire, notamment un toit, l'ancienne écurie, les gites à améliorer, un nouvel hangar, mais "le fait n'est plus à faire", suivant une expression oubliée.
J'ai aussi vu - meme s'il reste à faire - que les gîtes prenaient tournure. Que de changements depuis 1996, quand je fus autorisé à les voir pour la première fois. IL fallait bien que le mal fut grand et profond pour qu'on me mit le nez dedans.
Deux raisons à ce voyage : des acheteurs chinois font une tournée, et la Chine est ce que la Californie en 1850, à l'échelle 1000. Bref, il faut y etre.
Il fait chaud, tres chaud en sortant de Lastours, 35°C. Ce dont j'ai pris conscience, à l'unisson de Madame, c'est que les Corbières avaient fait d'énormes progres, autant que Mattes, au moins ceux là, et donc que la retraite s'éloignait, comme un mirage dans le désert.
L'apres midi, visite des gîtes et divers achats.
Mardi matin, deuxième raison d'être là. La récolte 2015, la regouter cépage par cépage, cuve par cuve, et voir ce que l'on peut faire : quels assemblages, quels volumes.
La chaleur des vins ne facilite pas le travail. Mais je juge le lot de cabernets magnifique. Après, plusieurs assemblages me semblent intéressants, sans être exceptionnels. Il faudra regouter le lendemain, et sans doute bientot, avant d'embouteiller.
Mon principal combat cette semaine fut d'obtenir tel Don Quichote contre les moulins à vent qu'un groupe important fasse un virement !!! L'administration est parfois plus simple. Parfois, pas toujours.
Mais j'y suis enfin arrivé.
Ouf, retour dans la maison du Sud, embouteillages géants à Marseille et Toulon, par 35°C. Enfin, le chat s'arrête de gémir, les cigales chantent.
mardi 28 juin 2016
DU BREXIT et de l'AVENIR
Depuis que je suis dans le Sud, et sous le soleil, la bonne humeur est revenue. Ai je eu de bonnes nouvelles depuis ces 15 jours ? pas vraiment, en cherchant bien. Mes poches sont encore vides, ah si j'ai bu un excellent blanc 2002, de M. Gavoty, un vermentino ! Il faudra en replanter à Mattes ! son frère sarde n'était pas si concentré, ni si beurré. Bien sûr, retrouvé la pâtisserie du Sud, mais je tiens un blog "vins" et pas "gâteaux" quoique.......
Oui, le grand évènement, le Brexit, dimanche, presque en direct. A minuit, je m'etais couché avec les chiffres donnant gagnant le In. A 4 H, un peu nerveux, je me suis réveillé, et cherchant des chiffres, que le Figaro semblait ne pas publier - tout le monde devait dormir - j'allais sur la source en direct, BBC TV.
C'est là que j'ai vu d'abord un légère avance du Brexit, de l'ordre de 250.000 voix sur 20.000.000. Puis au fil du dépouillement, l'évolution. A 6 H, tout était plié, un million de voix d'avance, et donc la sortie.
Oui, le grand évènement, le Brexit, dimanche, presque en direct. A minuit, je m'etais couché avec les chiffres donnant gagnant le In. A 4 H, un peu nerveux, je me suis réveillé, et cherchant des chiffres, que le Figaro semblait ne pas publier - tout le monde devait dormir - j'allais sur la source en direct, BBC TV.
C'est là que j'ai vu d'abord un légère avance du Brexit, de l'ordre de 250.000 voix sur 20.000.000. Puis au fil du dépouillement, l'évolution. A 6 H, tout était plié, un million de voix d'avance, et donc la sortie.
Personnellement, je suis incapable de voir les conséquences pour Mattes d'une telle décision, à l'heure où je demarche intensivement le marché britannique. J'observe néanmoins une chose : le marché européen des vins n'existe pas, chaque pays ayant gardé ses taxes antérieures qui font que les vins circulent mal, comme si les frontières - et les taxes - existaient toujours. Voila Pernod Ricard a popularisé les whisky écossais en France, en en faisant le premièr marché mondial.
De plus haut, sur un plan politique, et fondamental, la Grande Bretagne n'a eu de cesse depuis 1958 de créer un grand marché en Europe, d'abord avec son AELE, qui n'a pas marché, et alors en essayant de joindre la CEE, qui en était à ses premiers balbutiements, mais qui marchait effectivement. De Gaulle, qui avait une ambition plus élevée que l'Europe des marchands, lui refusa la porte. Un référendum médiocre en 1973 lui en donna les clés. Elle n'eut de cesse dès lors d'avancer son ambition, le grand marché. Cela se traduisit par un élargissement rapide et peut être nocif, passant en 30 ans, de 6 membres à 28. Et non par un approfondissement, à part l'Euro, qu'elle ignora d'ailleurs, gardant la livre comme monnaie. Bref, un pied dedans, un pied dehors, tout en essayant de rentrer par la fenêtre.
Mais n'est ce pas Cameron qui réclama un référendum et obtint pour ce faire un compromis honteux - qu'il fallait refuser, tant sur le plan des principes que par clairvoyance - un dimanche de printemps qui le rendait triomphant et souriant ?
Ce qui est frappant - et inquiétant - c'est que personne ne semble quoi devoir faire après ce scrutin, comme s'il avait été un rêve, et pas du tout préparé !!! Voila plus de 30 ans que le peuple britannique réclamait un référendum sur cette Europe, qui l'éloigne de son fonctionnement centenaire, par Westminter !
Mais face à l'évènement, on voit ces temps ci toutes sortes de réponse : le déni - ce sera au suivant d'actionner l'article 50, on fait un second référendum, les Communes ne voteront pas cela, , la patience - Bruxelles ne changera rien - et des choses étonnantes se faire jour, comme par exemple l'Ecosse vouloir rester dans la Communauté, et donc pour cela prendre son independance. Des deux, l'indépendance ou l'Europe, quel est le vrai objectif ?
Oui, oui, depuis lundi matin, on a tout entendu sur les possibles solutions. J'ai entendu peu de choses intelligentes, sauf une, de revenir aux principes fondateurs, c'est à dire l'Union. Mais il faut aussi que cette nécessité soit une volonté dépassant le passage libre des frontières, ou la circulation des capitaux. Ne parlons pas d'une politique "commune" envers les réfugiés, mais bien sûr d'une Europe de la Défense, de l'Economie, et pourquoi pas plus ? La confédération ne m'horrifie pas, si on y gagne en efficacité. Or, aujourd'hui, sur de nombreux plans, l'Europe est inefficace, ou n'existe pas, et donc renforce le sentiment hostile des populations, qui voit les inconvénients sans éclairer les avantages.
Cet évènement m'a aussi fait prendre conscience d'un fait inquiétant : plus les évènements vont vite et frappent - ce matin, un attentat sanglant à Istanbul - plus les dirigeants semblent incapables de réagir et d'agir. Cameron semblait incapable de la moindre action, l'opposition autant, etc. Or les évènements par leur vitesse semblent indiquer la nécessité d'une action ou réaction rapide qui n'intervient pas, et tout semble paralysé en attendant l'évènement suivant.. Bref, va t'on vers un monde ingouverné et sans direction choisie calmement ? Richelieu, réveilles toi, ils sont devenus fous.
dimanche 12 juin 2016
12 juin 2016 - d'un vin de 19 ans, CHRIS PATTEN 1997
Le temps est gris de nouveau, la France - au moins une grosse part - se passionne pour l'Eurofoot, l'idole d'un mois, la récré dans tout ce merdier, car si les inondations se terminent, des grèves se poursuivent, notamment de la part de gens non concernés par ce f..code du Travail, que les rues de Paris ressemblent a des montagnes d'ordure, que les finances publiques lamentables sont encore bouffées par des cadeaux pré-électoraux, bref que mon humeur n'est pas au beau fixe, que la nature est belle, mais bien en retard.
Rangeant ce matin mon bureau avant la transhumance, j'ai retrouvé une vieille étiquette, Chris Patten 1997. Cela comme un bâton magique me fait remonter dans le temps. Oui, si la personne est maintenant un peu oubliée, personne n'a oublié qu'il fut notamment le dernier gouverneur de Hong Kong, mon nouveau challenge, britannique, avant la remise à la Chine, et cette curieuse cérémonie d'adieu.
Depuis, la Chine s'est affermie partout, et sa puissance éclate, sinon se déroule. 20 ans, pourtant, c'est court.
Le hasard fait qu'à midi, cherchant une bouteille pour aller sur une pièce de boeuf au four, je cherche quelque chose de vieux. Montus 2007 me paraît trop jeune, et peut être un peu lourd. Pichon Longueville, 1988, un peu vieux et un peu trop pour un déjeuner solitaire !! voila une bouteille bien sale , un chris Patten, que je n'ai pas gôuté sans doute depuis 5 ans.
Ce fut un des ancêtres de la Chevreuse. Là, il s'agissait d'un mourvèdre, dans un millésime moyen car 1997 fut une année spéciale, avec de légères pluies dès le début des vendanges ! donc la maturité ou l'ensoleillement ne furent pas parfaits.
Enfin, il s''agissait d'une élevage, dans un foudre, de 40 hl, VICART. Je ne me souviens pas du gout ce vin à la vendange. Mais aujourd'hui, c'est un tres bon vin, qui me fait regretter que les bandols rouges n'existent presque plus, mais je le trouve meilleur qu'un Pibarnon de 1983 bu en 2003. Le mourvèdre est un cépage assez austère, assez "protestant", quand on le boit, on n'a pas l'impression d'un vin plaisir, gouleyant, portant à la fête, et débridant l'imagination, comme le fait la syrah par exemple. au moins dans sa jeunesse. Car il faut du temps au mourvèdre, je m'en rends compte avec ce vin de dix neuf ans. Là, au contraire d'un vin jeune, son nez est celui du sud, des odeurs épicés, des ports de jadis pleins de poivre, de couleur, et de bateaux. Sa ligne n'est plus celle d'un rectiligne clergyman, on croirait en le buvant voir apparaître des croupes lascives et ondulantes !! Diable !!
Tout s'est amplifié, le cépage est facilement reconnaissable, mais tout se passe comme si l'enfant sage avait grandi, et devenait un vin si marquant, peu opulent certes, mais très clair dans son identité.
De plus en plus j'apprécie les vieux vins, et je commence à en avoir quelques bouteilles, qui bien sûr, ne doivent pas être vendues, mais seront bues !! C'est un plaisir somme toute raisonnable, car, dans les ventes publiques, les vins antérieurs à 1982 - le début de Monsieur PARKER, maintenant à la retraite - on peut trouver de tres grands noms à 50 € la bouteille, , ce qui est est un cadeau par comparaison avec bien des restaurants où l'on doit ingurgiter des piquettes à 9 € le verre de piquette !
La France de la TV semble découvrir les pâtisseries et la cuisine, une cuisine d'ailleurs bizarre - j'ai frémi en voyant associer de la noix de coco avec du hareng saur - mais ignore, ô pays des vins, les possibilités et les endroits de ses vins !! Comme quoi, dans ce pays, il restera toujours quelque chose à remettre à l'heure !
Cette semaine, grève ou pas, j'ai bu, ou dû boire, APOLLON 2005, BF 2008, CLOS DU MOULIN 2010...Disons que je ne suis pas mécontent du sillon ainsi tracé. Même si je l'aimerais plus large, et moins douloureux...mais un vin des plus remarquables, peu apprécié ou connu à son lancement, est le CHEVREUSE 2007. C'est le premier qui se met au niveau des grands bordeaux.
Rangeant ce matin mon bureau avant la transhumance, j'ai retrouvé une vieille étiquette, Chris Patten 1997. Cela comme un bâton magique me fait remonter dans le temps. Oui, si la personne est maintenant un peu oubliée, personne n'a oublié qu'il fut notamment le dernier gouverneur de Hong Kong, mon nouveau challenge, britannique, avant la remise à la Chine, et cette curieuse cérémonie d'adieu.
Depuis, la Chine s'est affermie partout, et sa puissance éclate, sinon se déroule. 20 ans, pourtant, c'est court.
Le hasard fait qu'à midi, cherchant une bouteille pour aller sur une pièce de boeuf au four, je cherche quelque chose de vieux. Montus 2007 me paraît trop jeune, et peut être un peu lourd. Pichon Longueville, 1988, un peu vieux et un peu trop pour un déjeuner solitaire !! voila une bouteille bien sale , un chris Patten, que je n'ai pas gôuté sans doute depuis 5 ans.
Ce fut un des ancêtres de la Chevreuse. Là, il s'agissait d'un mourvèdre, dans un millésime moyen car 1997 fut une année spéciale, avec de légères pluies dès le début des vendanges ! donc la maturité ou l'ensoleillement ne furent pas parfaits.
Enfin, il s''agissait d'une élevage, dans un foudre, de 40 hl, VICART. Je ne me souviens pas du gout ce vin à la vendange. Mais aujourd'hui, c'est un tres bon vin, qui me fait regretter que les bandols rouges n'existent presque plus, mais je le trouve meilleur qu'un Pibarnon de 1983 bu en 2003. Le mourvèdre est un cépage assez austère, assez "protestant", quand on le boit, on n'a pas l'impression d'un vin plaisir, gouleyant, portant à la fête, et débridant l'imagination, comme le fait la syrah par exemple. au moins dans sa jeunesse. Car il faut du temps au mourvèdre, je m'en rends compte avec ce vin de dix neuf ans. Là, au contraire d'un vin jeune, son nez est celui du sud, des odeurs épicés, des ports de jadis pleins de poivre, de couleur, et de bateaux. Sa ligne n'est plus celle d'un rectiligne clergyman, on croirait en le buvant voir apparaître des croupes lascives et ondulantes !! Diable !!
Tout s'est amplifié, le cépage est facilement reconnaissable, mais tout se passe comme si l'enfant sage avait grandi, et devenait un vin si marquant, peu opulent certes, mais très clair dans son identité.
De plus en plus j'apprécie les vieux vins, et je commence à en avoir quelques bouteilles, qui bien sûr, ne doivent pas être vendues, mais seront bues !! C'est un plaisir somme toute raisonnable, car, dans les ventes publiques, les vins antérieurs à 1982 - le début de Monsieur PARKER, maintenant à la retraite - on peut trouver de tres grands noms à 50 € la bouteille, , ce qui est est un cadeau par comparaison avec bien des restaurants où l'on doit ingurgiter des piquettes à 9 € le verre de piquette !
La France de la TV semble découvrir les pâtisseries et la cuisine, une cuisine d'ailleurs bizarre - j'ai frémi en voyant associer de la noix de coco avec du hareng saur - mais ignore, ô pays des vins, les possibilités et les endroits de ses vins !! Comme quoi, dans ce pays, il restera toujours quelque chose à remettre à l'heure !
Cette semaine, grève ou pas, j'ai bu, ou dû boire, APOLLON 2005, BF 2008, CLOS DU MOULIN 2010...Disons que je ne suis pas mécontent du sillon ainsi tracé. Même si je l'aimerais plus large, et moins douloureux...mais un vin des plus remarquables, peu apprécié ou connu à son lancement, est le CHEVREUSE 2007. C'est le premier qui se met au niveau des grands bordeaux.
vendredi 27 mai 2016
DE LA FONTAINE A MELENCHON, ou l'INVERSE - le 27 mai 2016
Hier,à la fin d'une journée comme le peuple français les aime au mois de mai, avec grèves, manifestations, cris, disputes, blocages, propos des uns et des autres, le hasard a fait que j'écoute M. MELENCHON à la TV.
Oui, car il n'y avait pas de volonté de ma part, juste de l'actualité, et je ne me souviens même pas du sujet de l'émission. Mais j'aime écouter Melenchon, qui en général pense par lui même, assez passionnément, connaît un peu l'Histoire, et parle assez bien. Bref, qui secoue, qui émeut, qui débat, sans toujours convaincre, mais toujours réveille.
Il y a loin de Melenchon à la viticulture, me direz vous ? sans doute. Pourtant, j'y vois des points communs. C'est la raison et le motif de ce papier.
Sans être partisan, je fus étonné, sinon surpris par les questions de Pujadas, comme si Melenchon portait les évènements actuels. ou en était à l'origine. Il est probable qu'ils sont largement "issus de la base" - et elle semble parfois réservée envers lui - spontanés, browniens si j'ose dire, mais que tout cela se passe sans sa direction.
Son débat avec le boulanger (noir) de Montmartre me frappa davantage. Voilà un homme, dont je ne connais pas le parcours, qui semble se lamenter parce qu'il a 17 employés ! et qu'il se tracasse, sans doute, entre autres, parce qu'il a peur de devoir licencier, un jour ou l'autre, que le code du travail, etc. Mais Melenchon n'est pas le fisc, et ne lui demande pas son bilan, et ne comprend pas d'ailleurs la gestion, ce qu'il admet. Bref, un dialogue presque de sourds, entre deux hommes de bonne volonté. Je m'arrêtai là, mais le sommeil de la nuit faisant son effet, je me réveillai ce matin, avec des questions, et des conclusions.
Oui, Melenchon a tort de se faire le chantre de pays douteux ou en faillite, je veux dire le Vénézuela par exemple. Mais pourquoi le fait il ? Il a sans doute tort de dire que la révolution est pour demain, mais raison de penser que demain est à imaginer, qu'il ne sera pas comme hier, que rien n'est fait dans cette direction.
C'est en écoutant de tels débats ou de tels propos, qu'on prend conscience que non, la réalité, le raisonnement ne doivent pas être celui là, que le fait important, au départ, est un autre, et donc le cheminement, pour la solution, ne doit pas être celui la. Et qu'est ce qui fait que le point de départ ou le chemin à suivre ne soient pas les mêmes pour tous ? ainsi en fut il du débat - oublié aujourd'hui, mais si important entre 1917 et 1989 - de la Vérité du communisme, et de son avenir. Les uns voulaient des lendemains chantant l'Internationale, au nom du bonheur des peuples, d'autres voyaient des réalités différentes.
Ce fut Gide, qui avec son (simple) livre de retour d'URSS saisit, avec sa sensibilité propre et son intelligence, comprit les failles du système. Parti communiste, il en revint sceptique. Il fallut pourtant 50 ans, et bien d'autres errements (le Cambodge par exemple), pour que tous admettent les failles de cette doctrine.
Il est pourtant curieux que depuis 1989 que le débat ne se soit pas tourné vers le bien fondé du capitalisme, comme si c'etait un sujet à ne pas débattre. Il est vrai que les vaches hindoues qui encombrent nos rues sont nombreuses.et la moindre n'est pas le dérèglement du système monétaire international, où chacun fait ce qu'il veut, sans règle, sinon celle du plus fort.
Donc le point de départ de toute action est une vision, et la justesse ou l'erreur de celle ci. Mais comment celle ci est la bonne ou pas ?
Il y a un peu plus de 30 ans, je découvris une suite d'ouvrages, 5 si j'ai bonne mémoire, de François Mauriac, reprenant la plupart de ses chroniques hebdomadaires données aux journaux, depuis 1945. Donc jusqu'en 1970. Une période de 25 ans, qui fut importante pour la France et pour le monde, avec des débats clés, notamment la décolonisation, la IV° république, puis la V°, la naissance de l'Europe, la validité du communisme, la fin du monde rural, et aussi la fin de l'Eglise d'avant.
Ce qu'il y a de frappant, très frappant pour un esprit libre, c'est de voir comment cet homme isolé, sinon solitaire, si plongé dans le monde de la littérature, simplement avec ses lectures, ses rencontres, ses antennes, sa sensibilité, put parfois naviguer contre la pensée dominante, contre sa classe, mais que, dans la suite des évènements mis l'un derrière l'autre, cet esprit ne se trompe jamais sur l'analyse de ceux ci, et la conduite à prendre.
Curieux, j'écrivis au meilleur spécialiste de Mauriac, M. TOUZOT, pour savoir si cette justesse résultait du choix des chroniques - car il y a eu sélection, et tout ne fut pas repris - ou si cela provenait du métronome de la pensée de Mauriac.
Il me confirma fort gentiment - en homme qui a tout lu et étudié l'auteur - que oui, Mauriac ne se trompa que rarement. très rarement.
Je n'ai pas d'explication à cela. Mais je sais que cette intuition n'est pas héréditaire, car chacun de ses fils, a eu une lecture différente des mêmes choses. C'est donc de quelqu'un personnel, qui tient sans doute au fonds rural de Mauriac, à son caractère, a ses lectures, à sa curiosité, et oserais je le dire, à sa vision de la Création et du Monde.
Donc, déjà la vérité initiale n'est pas la même pour chacun. Quel est l'état de la France aujourd'hui ? que doit être un "bon" code du Travail ? chacun y repond avec sa vision, mais ce que nous savons de sûr, c'est que les visions sont différentes, et que toutes ne peuvent être les bonnes. donc les actions à faire ne peuvent pas être les mêmes.
En cet anniversaire de Verdun, un fait qu'on ne rappelle pas : de 1870 à 1914, quarante quatre ans, la France toute entière, du bas jusqu'en haut, ne fut tendue que sur un seul objectif, une obsession, pourtant implicite : la perte de l'Alsace Lorraine, et la revanche à prendre sur l'Allemagne.
On sait ce qu'il en advint. mais aujourd'hui, je serais bien en peine de passer un oral avec comme question : "en 2016, et depuis x années, qu'est ce qui mobilise la France ?"
Pourtant, sans examen critique, sans vision lucide, sans mobilisation de soi même et des autres, comment imaginer que les évènements aboutiront par eux mêmes a la solution idéale ? c'est s'en remettre au hasard plus qu'à la Providence. Frédéric de Prusse ne le pensait pas.
Imagine t'on un vigneron ne réfléchissant pas, et longtemps à l'avance, à l'emplacement de ses parcelles, au choix de ses cépages, aux goûts qu'il veut atteindre, à la qualité qu'il veut ou non faire, a l'ambition qu'il veut porter ? et aux efforts qu'il devra déployer jour après jour pour approcher de cela !
Longtemps, j'ai été frappé par ces murailles de pierres, que les paysans ardéchois accumulaient sur leurs collines pour tenir la terre et faire quelques petits champs !! que d'efforts pour survivre et tenir, pour s'adapter à cette terre si belle mais ingrate. que de vies usées dont aujourd'hui seuls ces murs témoignent.
Cela me ramène par bien des détours, à La Fontaine
Je ne sais pas l'endroit ; mais un peu de courage
Vous le fera trouver : vous en viendrez à bout.
Remuez votre champ dès qu'on aura fait l'août.
Creusez, fouillez, bêchez, ne laissez nulle place
Où la main ne passe et repasse.
Le Père mort, les fils vous retournent le champ
Deçà, delà, partout ; si bien qu'au bout de l'an
Il en rapporta davantage.
D'argent, point de caché. Mais le Père fut sage
De leur montrer avant sa mort
Que le travail est un trésor .
pour ne pas citer JS BACH, à qui le dernier Chevreuse est dédié. Oui, si je voulais être pessimiste aujourd'hui, et conclure pour le boulanger et M. Melenchon, et les autres, je dirais que ce qui est effrayant aujourd'hui, notre mur d'Alsace Lorraine, c'est certes le chômage élévé, mais qu'il n'est que le résultat de nos erreurs, cf l'Allemagne. Les deux choses à vaincre au plus vite sont : un système éducatif qui produit 20 % de déchets, ne sachant a peine lire écrire compter, tout en coutant cher, et bien sûr, un endettement public colossal, qui signe la perte de notre indépendance et de notre liberté d'action. 2000 milliards, certes, un peu plus de 10 % de la richesse des français - mais que dirais je si j'avais un tel montant d'endettement ? - mais surtout qui empêche toute réaction. Imagine t'on que même en rendant 50 milliards par an, somme colossale - l'or de la banque de France, fruit des économies de 200 ans n'en représente que 100 - il faudrait au moins 50 ans, pour "être libre" ? A quoi servent toutes les oeuvres endormies dans les caves du Louvre et d'ailleurs ? Oui, la maison brûle, entourée de grands pyromanes.
C'est dire si nos défis sont grands. Pour redresser le pays, il faudra du temps. Et viendront d'autres défis en chemin. En 30 ans - 6 quinquennats, sans élection - Mattes a bien changé, certes, a presque annulé son endettement, mais l'horizon a reculé, avec de nouvelles difficultés : marchés, mortalité des vignes, questions sur les phyto, sur les sols. Mais ce que je peux dire à M. MELENCHON, d'ailleurs comme je me le répète avec regret - je pensais qu'avec le Temps viendraient le repos mérité, et une moins grande tension pour moi - c'est que l'époque des "bras croisés" n'est pas encore pour demain, code du travail ou pas. Et à M. GATTAZ, de ne pas se contenter d'être le fils de son père. Oui, il est probable que les paysans d'Ardèche ont encore à nous apprendre.
samedi 14 mai 2016
DU MIEUX ET DU BIEN
Quand je me suis marié, le 15 juin 1985, j'ai hérité si j'ose dire de deux choses, aussi étrangères l'une à l'autre, le domaine de Mattes - je veux dire le management, le suivi, la direction à terme bref la décision, alors que je n'étais pas vigneron , et aussi de vivre dans la maison de famille, après un essai de vie à l'écart pendant quelques mois.
Sans être féministe, rires, ma femme ne se plaisait pas dans mon 2 pièces de banlieue, et donc pendant un temps, est rentrée chez elle "pendant la journée", pendant que je partais au travail. Puis la première difficulté conjugale surgit : ma femme n'avait jamais cuisiné, et avait horreur de cela. Sa nourriture quotidienne, c'etait le fjord, fromage blanc infâme !
Pourtant je n'ai pas souffert, à quelques exceptions près, largement oubliées. Sa Tante faisait une cuisine simple, tout à fait dans mes goûts, et l'on trouvait encore sur Paris de bons bouchers, dont notre voisin. le Vin en cubi de Mattes était mon quotidien. En outre, par chance je voyageais pas mal.
Néanmoins, devant cette lacune ménagère, je me jurais bien d'apprendre à ma fille, non pas la cuisine, mais le goût, tel que l'enseignent à leurs descendants les italiens. Ma fille sut tres vite les différentes sortes de pâtes, de gâteaux et les sauces possibles. Elle en mangeait des quantités !! Il faut dire que je ramenais de Milan les meilleures. Pis nous la menâmes assez vite dans des bons sinon grands restaurants, et deux atouts, elle se tenait tranquille sur sa chaise, elle choisissait très vite sur la carte, et se rappelait meme dix ans après ce qu'elle avait eu. Une fois à Narbonne, sans doute vers 4 ou 5 ans, elle dévora au moins deux fois plus qu'un adulte. Son poids s'en ressentit mieux que mon portefeuille. Mais elle est restée gourmande, sinon gourmet.Dit on gourmette ?
Sa mère, partie d'un point zéro presque, fut entamée par les points faibles, c'est à dire les vins. Choses étranges, elle mangeait peu, mais appréciait les vins, notamment rouges. Ce fut une longue initiation, à la cuisine et patisserie en même temps, qui me vaut aujourd'hui de la voir avoir préparer des asperges sauce mousseline, et des crêpes vonassiennes. Mais signe d'harmonie, il n'est pas rare quand nous allons au restaurant que nous ayons le même choix, sans nous concerter :: et chose plus étrange, elle finira par apprécier les vins vieux, ayant l'autre jour refusé mon rognon juste sauté, mais apprécié comme il se doit un Bacchus 2000 dont je n'arrive pas à décrire le bouquet !!
Bref, il est toujours temps d'apprendre, et de bien faire ! Il ne faut pas jeter le bébé à l'eau !
mardi 19 avril 2016
des CONCOURS et des Médailles !!
Les Concours ont une grande importance pour les vignerons, car les "clients" et même les professionnels sont avides de médailles, de ces petits macarons qui ornent les bouteilles, notamment au moment des foires aux vins ! eh oui, il est hors de doute que les médailles "font vendre".
D'ailleurs, avec une certaine émotion, je me souviens de la première médaille de Mattes, déjà 20 ans, obtenue pour une Cuvée Sabran.
Justement pendant presque 15 ans, je me suis contenté de les demander (et c'est payant, environ 80 € pour faire concourir un vin), de les collectionner, puis maintenant de les decerner, parfois.
Oui, je suis devenu juré !! d'ailleurs au concours des Vignerons des Caves Particulières, mon syndicat en quelque sorte, vers 2007 je crois.
Il se trouve que la RVF fait aussi un article aussi abscons que peu clair sur les concours, et leur validité, je serai ici beaucoup plus clair. Les vieux singes ne font plus de grimaces.
Bref, j'ai assisté pendant six ou sept ans aux dégustations du Concours des Vignerons Indépendants. Je me souviens avoir gouté des rosés varois qui me paraissaient clairement issus de vins blancs..Le principe est le même, toujours des tables de 4. Les vignerons indépendants sont productivistes, car deux sessions de 15 à 20 vins devaient être avalées dans la matinée, entre 9 et 12 H.
Ce qui me frappa aussi fut l'amateurisme sinon la crasse ignorance de certains dégustateurs, et encore pire de certaines dégustatrices...Et toujours la difficulté de mettre d'accord 4 personnes sur un classement. Au fil des ans, les choses s'améliorèrent, avec la dégustation par chacun d'un vin (identique pour la salle) d'un vin quelconque, et aussi le passage d'un examen écrit (sans doute pour éprouver les connaissances des jurés), assez difficile même pour un pro.
Néanmoins, j'étais peu satisfait de me retrouver pres du bois de vincennes, à faire pompette, sur des vins finalement qui ne sont qu'une partie de la production francaise, et parfois dans des appellations peu glorieuses, année après année.
Cette année, ivre de gloire, je m'inscrivis comme dégustateur a l'alpha et l'omega des concours français, je veux nommer, le Concours Général Agricole, du salon de l'agriculture, et le second, plus lointain, le Concours de Macon.
Les modalités de ces trois concours sont d'ailleurs différentes. Aux VIF, les candidats sont libres, le jury propose un classement, mais chacun remet son classement, et en principe, un ordinateur revalide une seconde dégustation (faite par qui ???). La grille de dégustation est fort bien faite.
Pour Paris, candidats libres, mais "sélection" à l'échelon départemental par des "autorités" (???).. Très curieux, car des vins sans doute magnifiques de Mattes ont été rejetés à ce niveau là par les "gardiens du Temple"...Oui, dans l'aude, on semble magnifier le carignan...n'est ce pas, Président ?
Ensuite, à Paris, sous la direction plus que vigilante d'un gardien du Temple de chaque appellation, on déguste, on propose un classement, on ne connait pas les vins dégustés. Cette année, dans mon jury, j'ai même eu une personne "ne buvant pas de vins" sic et resic, ce qui joint à l'épisode précédent m'a tout de suite rassuré sur les modalités du concours.
A Macon, modalités encore différentes, tous les candidats sont libres, tous millésimes !! nous avons cinq critères (pas très discriminants) a noter, et la grille de chaque dégustateur est ensuite analysée informatiquement, avec les commentaires individuels (j'en doute, vu la multiplicité des écritures)).
Ici, mon jury est plus professionnel si j'ose dire : deux vignerons, dont moi, un acheteur pro (de vins) et un amateur (venu de la Creuse). Le hasard fait que nous tombons sur les Bordeaux, sans autre indication, sans doute entre deux mers. C'est à la fois intéressant pour moi, car finalement c'est en principe "le gros" de la production française, en principe dans son meilleur, qui est là, et dans les cépages que je m'attache a produire à Mattes (cabernets, et merlot). Donc, cela me rend curieux. L'organisation est sans probleme, le silence grand.
Mais que diable allait il faire dans cette galère ??? J'espérais en faisant 400 km de Paris, goûter aux meilleurs vins de Bourgogne ou à d'autres appellations !! je n'avais éliminé que le Jura, car j'apprécie peu le savagnin jeune. Hélas, trois fois hélas, je compris d'un coup pourquoi la France reculait depuis dix ans sur les marchés export !! Ces bordeaux sont tous non pas "supérieurs" mais inférieurs a toutes les attentes d'un consommateur averti.
Sur 17 vins dégustés, a peine un ou deux sont convenables, c'est à dire ayant une maturité et une concentration suffisante. La couleur est en général bonne, car le cabernet sauvignon est là. Mais le nez est faible voire inexistant. La bouche est loin d'etre agréable, ronde et charnue, comme on s'y attend, et révèle souvent des relents de vieille barrique déplaisante, genre serpillière mouillée. Un seul révèle du bois neuf, mais trop uniforme et d'ailleurs les trois autres n'aiment pas "les nouveaux vins". La concentration est maigre, insuffisante, et la longueur en bouche souvent nulle. Comment ensuite juger de l'harmonie de tels vins ?
Pourtant je suis en droit d'espérer que ces vins représentent le meilleur de la production des candidats ? suis je sévère ? sans doute non, car aucun juré ne manifestera d'enthousiasme pour aucun vin, ce qui est rare, mais aussi inquiétant !!
Et pourtant quelques uns de ces vins vont recevoir une médaille, sans doute d'Or !! bref............c'est du niveau de la prestation présidentielle de l'avant veille, de l'eau tiède avec une étiquette !
Tres inquiet de ma surprise et de mon innocence perdue, je sélectionnais le même jour sur une carte assez élaborée, ce qui devient rare dans la france profonde, un margaux labegorce zedé, 2009. Non, je n'avais pas rêvé, il y a bien les grands vins et les autres, et "ceux qui sont grands le sont bien pour l'avoir voulu", pour paraphraser un mot fameux. Il n'y a pas de hasard.
Inscription à :
Articles (Atom)