vendredi 13 juillet 2012

UN VIGNERON SUISSE.............12 JUILLET 2012

Un mois que nous avons quitté Paris, et sa pluie, déprimante à souhait, pour retrouver le Sud. Oui, cette année est un peu spéciale, un peu comme 2011 déjà. A Mattes depuis le 4 juillet, où tous les météo se sont rencontrées : vent, fraicheur, orage, pluie, marin, cers..mais au total, un mois de juillet frais, même si les maximales sont souvent de 30°, la nuit est fraîche, et la brise revigorante. Mais les vacanciers se plaignent que la mer est froide.

Tout semble encore calme, comme si les touristes n'arrivaient pas encore, la grosse vague. Certes, nous voyons des Hollandais, des Danois, des Belges, un Espagnol (ils sont rares malgré la proximité de l'Espagne), et peu de français. Malgré tout, les journées sont chargées, avec les robinets bouchés, les plombiers hors ligne, et le quotidien, le sien déjà, plus celui que donnent la TV ou les journaux, avec des nouvelles pleines de douches écossaises.

Que restera t'il de ce mois ? Peut être un AR Hyeres Mattes avec un crochet retour par le chemin des écoliers, St Gilles, Nîmes, Tarascon, Beaucaire, St Remy, dans la chaleur d'une apres midi. Et vers 4 H, la découverte du Lubéron, de Menerbes, de Bonnieux, de Lourmarin...Je n'ai pu résister au plaisir de m'arrêter pour goûter les cerises des arbres ployant sous leur poids, elles ne semblent pas ramassées. Après Cavaillon, la vigne re-apparaît, des parcelles généralement petites, certaines bien entretenues, d'autres négligées, une merveilleuse lumière du soir, et ces cerisiers si chargés. Le Lubéron fait figure de paradis terrestre, et de Bonnieux, je découvre la scène d'un tableau que j'ai, d'un peintre qui d'ailleurs, habite l'été à Menerbes, cette courbe si particulière.

La descente sur Cadenet emprunte une gorge sauvage et sinueuse à souhait. On reconnait deja la géologie des bords de mer, et donc sans doute un jour, la mer arrivait jusqu'ici.

Après l'escapade, le boulot. Beaucoup de choses à suivre, après dix jours. Mais peut être, ce vigneron suisse retraité, qui s'arrête hier au caveau, après recherches internet, est il le plus intéressant dans son discours, pour comparer les choses avec la viticulture d'ici.

Il revient de Terra Vinéa, dont en professionnel, il a jugé les vins insuffisants et sans intérêt, sauf un muscat vendanges tardives. Il se plaint aussi de la petitesse des verres de dégustation, mal adaptés. Qu'importe, nous parlons.

Il est francophone, et sans doute francophile, pour passer les vacances ici. Il habite Sion, vers Martigny, il est maintenant semi retraite. Son expérience de la viticulture suisse est intéressante par son discours et ce que j'apprends.

Tout le monde connaît les pentes de Martigny, et les vignes magnifiques, mais si difficiles a travailler. Je ne crois pas qu'en France nous ayons l'équivalent, même vers Condrieu. Il exploitait 3 ha, en 22 parcelles disséminées, et plus de quinze cépages (dont le pinot blanc, le gamay, etc). Son père, instituteur, avait constitué l'exploitation au fil du temps, car son salaire d'instituteur ne lui permettait pas de vivre. Il faut dire que le vin en Suisse fut longtemps un "or"....(après l'or blanc, le vrai or...). Ainsi en 1962, son père gagnait annuellement 7200 FS en étant instituteur, et sa récolte, sur 3 ha, représentait 62.000 FS, ce qui à l'époque payait l'achat d'une maison (qui voudrait maintenant 700.000 FS)....

En Suisse, on ne parle pas de prix à l'hectare, mais au m2....le m2 vaut actuellement 8 FS par m2, ce qui convertit à notre système donne 60.000 €/ha. C'est environ six fois le prix du Languedoc Roussilllon....

A part les parcelles très petites, c'est la difficulté à les travailler qui caractérise cette viticulture. IL faut environ 1000 heures/ha de travail, là où 150 h sont la norme ici. Planter une parcelle coûte 100.000 € à l'hectare, alors qu'ici c'est le dixième...

Longtemps les prix des vins suisses ont été bons et hauts, permettant des bénéfices incroyables. On vivait très bien avec un ou deux ha.

Maintenant, ce n'est plus le cas, car la concurrence étrangère est agressive sur les prix, et beaucoup de gens se détournent d'un travail pénible, et moins rémunérateur. Son fils a vendu sa cave (100.000 € par an pendant 99 ans....ce qui lui avait coûté 300.000) a une grande surface pour établir un discount d'objets en solde. Maintenant il vend le raisin à un négociant (le système champenois).

Il est difficile de trouver de la main d'oeuvre, essentiellement portuguaise, malgré des salaires plus hauts qu'en France (au moins 25 € de l'heure), car le travail est très pénible.

Bref, à l'écouter, on devine que la viticulture suisse évolue rapidement et vers un monde inconnu. Le prix de la vigne a fait l'objet de spéculations il y a quelques années, et est maintenant en baisse, (mais 100.000 € l'ha quand même)...mais a valu jusqu'à 8 fois plus cher...

L'impot sur les successions est aussi avantageux, et malgré ce qu'on dit de la France, notre système l'est aussi, puisqu'en suisse, il faut exploiter pendant 25 ans pour bénéficier de ce régime, et seulement 5 ou 10 en France.

Assez curieusement, les suisses apprécient les cépages purs (il voulait du grenache..), mais font des assemblages assez exotiques qui nous seraient interdits en France. Sion est une région chaude, bien exposée, peu humide, avec des terres rocailleurses drainantes, et une pluviométrie de 500 mm par an. L'irrigation est parfois nécessaire, et les traitements se font par hélicoptère...

Viticulture à la fois traditionnelle, et de "riches" j'allais dire....mais qui ne tient pas solidement malgré la proximité de Crans Montana...

Il a promis de revenir, a voulu une bouteille de chaque vin qu'il a aimé (c'est le Bacchus et l'Apollon qui le surprirent le plus, c'est vrai qu'ils sont différents des produits dits commerciaux, ainsi que le viognier).

Il m'a donné un vendange tardive de 2007. C'est paraît il comparable à un muscat de noel. Merci.

jeudi 14 juin 2012

14 JUIN 2012 - CHEVREUSE 2004




Aujourd'hui, j'ai fait une tourte de pommes de terres, pas exactement bourbonnaise ni berrichonne, mais en "m"inspirant". Au pire, je regrette de ne pas avoir eu de vieilles pommes de terre, plus succculentes, car plus riches en gout. mais les variétés "modernes", l'automne pluvieux de 2011 en sont responsables pour une part.

Qu'ouvrir la dessus ? nous rapprochant d'un certain anniversaire, je decidais de regoûter un vin oublié depuis longtemps en Cave, le chevreuse 2004. Voila au moins un ou deux ans que je ne l'avais regoûté. Dans la lignée des Chevreuse, c'est sans doute un des plus intéressants, car tout en nuances, comme sa marraine. Oui, les chevreuse : 1998, le Millénium avec le 2000, celui ci, ils ont tous marqué un certain progrès, le 2003 étant a part, je pense.

Le bouchon me resiste longtemps. A l'ouverture, le vin est facilement reconnaissable, par ses arômes fruités, frais, fins, nuancés, typiques de la syrah et de ce vin. Le boisé a presque disparu. Le nez est riche, opulent, mais velouté. En bouche, on aimerait une meilleure structure, plus ronde, plus présente, comme dans un cabernet réussi. Mais l'ensemble est fondu, superbe, d'un rubis éclatant, et la fraîcheur est bonne, ce vin ne s'est pas affaibli, il a progressé, mais dans ses pas, et révèle un côté assez exceptionnel, confirmé par la longueur en bouche, et l'impression très persistante, apportée par la concentration et la maturité.

Nous le trouvons très bien, et sans doute buvable encore dans dix ans !! la curiosité de ce qu'il sera..mais incontestablement un Grand Vin.

mardi 12 juin 2012

HOMMAGE a Georges MATHIEU

Un tweet qui sera oublié dans dix jours fait passer sous silence la mort d'un des plus grands artistes français, Georges Mathieu, décédé aujourd'hui à Paris. Maître de l'Abstraction lyrique, sans doute un des plus grands peintres de l'autre siècle, après Picasso, et Monet, il a fini presque oublié, alors que son ambition fut d'être le Mignard des années Pompidou....
Il était fervent de la grandeur de Louis XIV, des rois bâtisseurs et artistes. Il est vrai que Louis XIV a plus modelé Paris que ne le fit M.Loubet..Invalides, Val de Grace, Louvre bien sûr, et bien des églises. Toute cette cour de peintres, musiciens, artistes, écrivains, Mignard, Le Vau, Le Nôtre, Molière, Racine, La Bruyère, Le Brun, Lulli, Delalande, Couperin.. âge d'or que nous n'avons pas encore dépassé. Il n'a pas eu son Président à sa hauteur, hélas et sans doute à cause de ses traits fulgurants.
Quant à moi, je lui dois beaucoup, une approche esthétique, le sens du trait, et aussi le génie de Lupasco,  savant et philosophe oublié, que la Science aujourd'hui retrouve dans ses derniers développements, espace temps énergie, mais qu'elle n'a pas encore mis en pleine lumière, alors qu'il fut sans doute le dernier philosophe, après Platon, et Nietzsche.

vendredi 1 juin 2012

BELLE EPOQUE, EDUCATION ET PASSE


Voici une lettre de 1904, adressée par sa mère Louise à Alyette, pour sa fête, le 15 aout 1904, alors qu'elle a 12 ans.

Ma Lily Chérie,

Tu penses bien si, en ce jour de ta fête, ton souvenir m'est spécialement présent, quoique à vrai dire, il ne me quitte jamais..

A la distance que nous sommes, je n'ai pas , mon Doux Ange, (car je suppose que tu as communié) de champagne à t'offrir, mais mes voeux et mes prières, certes moins captieux que le champagne, n'en auront, espérons le, la grâce et ton courage aidant, que plus de vertu intérieure. Ste Anne dont tu as visité le sanctuaire l'aura déjà jetée sur le coeur de sa fille puissante, l'incomparable Mère de Dieu, ta patronne. Restes y mon enfant bien aimée, il y fait bon, bien que tu ne le puisses apprécier encore..

Profite aussi de la journée matérielle ; regarde la nature, et recherche dès maintenant malgré ton jeune âge, la pensée des hommes de bien, de génie, de foi qui ont élevé tant de monuments sur la terre bretonne.

Fais en même temps et en reconnaissance pour Dieu qui t'''a fait naître dans ce milieu où l'argent est si abondant pour tout ce qui est plaisir, et qui t'a donné une mère qui ne compte pas sur cet article, fais, dis je, tous les efforts pour ne pas rebuter enfin tout le dévouement et toute l'affection dont tu te trouves entourée de toute part.

Dis mes sentiments d'affection tout autour de toi et mes compliments à à Mlle REISS (NDLR, sa préceptrice). Je t'embrasse avec affection

Louise, dans sa vingtaine année.

lundi 28 mai 2012

M. DE DION (comme DION BOUTON) ! et Gastronomie.

A l'heure où le Guide Michelin disparaît, je veux dire le Guide Rouge sous sa forme actuelle, riche de combien de souvenirs gastronomiques et d'imaginaires périples, le hasard fait que je retrouve des éléments relatifs à une personne bien oubliée, elle aussi, pourtant liée à l'histoire de Mattes, Monsieur de Dion, plus connu sous le nom de Marquis de Dion.

Il fut un peu l'oncle d'Alyette de LAREINTY, ancienne propriétaire du Domaine, mais est surtout connu comme homme politique précédesseur de M. AYRAULT, comme député et sénateur de la Loire Atlantique, dites alors Inférieure, et successeur des pères et grands pères d'Alyette, Clément et Jules. Et bien sur fondateur de la sté automobile DION BOUTON, du SALON de l'AUTOMOBILE, et aussi de l'AUTOMOBILE CLUB de FRANCE. Ah que l'on savait vivre en France en ce temps là !

Pour sa bibliographie, lire notamment : http://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_de_Dion

Toujours est il qu'Alyette garda quelques traces des repas faits chez l'oncle, et pour la petite histoire, mais aussi le jugement de la Postérité (le marquis mourut à 90 ans !!!  son enbompoint apparaît proverbial sur quelques photos) , cela apparaîtra encourageant pour les quelques gastronomes curieux, et gourmets, que les commandements d'ELLE laissent indifférents, en cette veille d'été à bronzer !! Cela plaira aussi aux apôtres de la décroissance !! car sans nul doute de tels repas sont inimaginables aujourd'hui. En route, accrochez vos ceintures, sic, et remontons le temps

Dîner du 1° janvier 1936 (donc le lendemain du réveillon), mais jour de fête et de voeux. Le Brave Sénateur (il refusa les pleins pouvoirs à Pétain !) avait alors 80 ans bientôt.

Le Potage Velouté
Les Homards Newburg , Riz Créole (NDLR un peu identique à la préparation à l'Armoricaine)
La Dinde aux Truffes, Purée de Marrons,
Le Foie Gras Brioché
La Salade Mimosa  (NDLR, avec des oeufs réduits à la fourchette)
La Glace Paul
Les Friandises
Les Fruits

Dîner du 10 mars 1936, ses 80 ans.

Le consommé madrilène , Pailllettes de Chester
Les Barquettes de laitances Diablées
Les Homards au Porto, Riz Pilaf
Les Poulardes de Bresse, et les petits pois nicois
Les Foies Gras d'Alsace
La Salade Mimosa
Les Soufflées Martiniquais
Les Fromages, les Friandises et les Fruits.

Dîner du 11 mars 1940, 84 ans.

Consommé aux pommes d'Amour (NDLR : tomates, c'est donc une variation du précédent)
Saumon de la Loire braisé au Champagne, pommes nouvelles persillées
Poularde du Mans, truffes en pate.
Asperges de Lauris, sauce mousseline
Foie gras en gelée de Porto
Salade Grenobloise
Soufflé Martiniquais
Fromages, Friandises, Fruits...

Déjeuner du 10 mars 1942, 86 ans. Le menu semble souffrir des restrictions de la guerre, relativement !!

Huitres
Caviar de Saumon
Homard Armoricaine, Riz Pilaf
Jambon braisé , sauce Madère (en effet, cela ne vaut pas les volailles de Bresses ou du Mans), petits pois
Poularde Demi Deuil
Salade Gauloise (??)
Soufflé Grand Marnier (l'ananas de la Martinique étant sans doute introuvable)
Fromage (sans S) et fruits ! plus de friandises.


Bon appétit !!
si un amateur de voitures, né un 10 mars veut bien reconstituer le déjeuner, je pense que nous pourrons trouver les vins correspondants ou idoines !!




jeudi 24 mai 2012

VIVE LE QUEBEC LIBRE !

Actualité riche dans tous les sens, et au diapason du Monde, pour ce mois écoulé, survolé ou dévoré plutôt.

Que dirait cette maison que nous retrouvons pour quelques jours, le 13 mai ? "la maison silencieuse et encore endormie...le paysage le plus beau du Monde, palpitant, fraternel, seul à connaître ce que je sais, seul à se souvenir des visages disparus, et dont le vent au crépuscule, après un jour torride, est le souffle vivant, chaud, d'une créature de Dieu" (F. Mauriac, à propos de Malagar).

Nous avons quitté Paris vers midi, une courte halte dans le calme profond de St Amans Montrond. Un nouveau Président ! la France rurale est inchangée : calme des forêts de Sologne, sérénité des boeufs dans les prés du bourbonnais, seule change la couleur de l'herbe. En ce printemps pluvieux, le Larzac rappelerait la Suisse.

Nous sommes attendus, et partageons le souper des convives rassemblés : huitres de Leucate, dont je dois reconnaître qu'elles sont excellentes. Que de bonnes choses ignorées dans l'Aude, malgré 25 ans déjà.

Les vignes sont belles, seuls semblent avoir souffert du gel quelques tuyaux et des lauriers un peu noircis. Mais tout le reste affirme sa vigueur, en particulier "mon" cedre du Liban (planté le jour de mes 50 ans). Le voici qui me dépasse.

Mais dès le lundi matin, les obligations reprennent. Préparer la première expédition de vins de Mattes en Chine, qui requiet un flot de documents. Signer la demande de prêt pour la dernière plantation, un mourvèdre de 2.5 ha, sur le plateau dont le sol rappelle celui de Châteauneuf du Pape



Cette plantation revient à environ 25.000 €, dont un peu plus de la moitié pour les plants. Il faudra environ 5 ans pour qu'elle donne sa première récolte. La mortalité du mourvèdre est élevée sur Mattes, en témoignent les vignes plantées en 1989 et 1991.

Ce jour aussi, je mis en place au caveau une TV, qui montrera aux visiteurs de belles images de Mattes pendant leur dégustation.

Mardi, hélas, je ne pus suivre en direct l'intronisation du Président normal, occupé que je fus par la dégustation sans doute finale des lots et cuvées de la récolte 2011.

2011 fut pour la région une année relativement fraîche, pendant juillet, frais, et août non caniculaire. Septembre fut ensoleillé, sans être excessivement chaud. A bien des points de vue, sauf le manque d'orage du 15 août, les conditions furent parfaites, car les vignes n'ont pas souffert ni de la chaleur parfois désespérante, ni de maladies fréquentes.

En termes de cépage, le grenache est un plaisir de fruits et de saveur, au moins dans sa jeunesse. Le carignan quant à lui est plus complexe que d'habitude, servi sans doute par une maturité parfaite surveillée par le régisseur. La syrah n'est pas brulânte, mais nuancée, sans être animale non plus, juste du fruit qui évoluera au fil des ans. Quant au mourvèdre, il reste discret, comme il sait l'être dans sa jeunesse, mais au moins y lit on déjà l'absence de défaut, et une belle concentration, là aussi porteur de promesses "a qui sait attendre".

Curieusement, le blanc que je préfère est le seul qui ne soit pas encore vendu, mais pourtant remarquable, à savoir le viognier. Le rosé, déjà embouteillé, me convient tout à fait, tant par la couleur, la bouche, le nez, le gout.

Nous affinons les assemblages devant être embouteillés fin juin : sabran 2010, clos du moulin 2010, et ensuite dionysos 2010.

Le mercredi et les jours suivants furent remplis des préparatifs du mariage du couple installé à Mattes depuis bientot deux ans, Guillaume TAVALLO, et son épouse, ANGELA. Guillaume met la foi audoise au service des vins de Mattes, et il y réussit bien, même s'il affiche une réserve certaine pour les vins élevés en barriques






Sur les tables, les vins de Mattes !! et un menu bien choisi, a specialités locales. Mon préféré est le Chevreuse 2008, que je n'avais pas goûté depuis quelques mois.

Fin d'une semaine chargée, qui voit non seulement un jeune couple s'installer à Mattes, mais aussi les bénéfices revenir sur Mattes, au titre de 2011, dont les six premiers mois pourtant avaient été si catastrophiques, avec un arrêt total des ventes. mais finalement, la Providence l'avait emporté.

Samedi, au mariage, à part la pluie, m'avaient frappé deux choses : l'habillement "spontané" en bleu blanc rouge de la propriétaire de Mattes, alors que sévit une campagne "pour acheter Français" et où, parait il, moins de 1.000 entreprises fabriqueraient complètement en France. Mais que ces comités regardent les vignerons, dont sans doute seuls les bouchons doivent provenir du Portugual !! étiquettes de l'Aude, capsules de l'Aude, cartons des Landes, etc, pour mettre en bouteilles ces vins produits ici, comme fruit de la Vigne et du Travail des Hommes.

L'autre chose, roche tarpéeinne en cette semaine d'accomplissement, fut de découvrir en Mairie le tracé parait il final du TGV, de Montpellier à Perpignan. Certes, j'entends parler de cette chimère depuis 25 ans, mais là, enfin un pas en avant, qui reviendrait à couper Mattes en deux, sinon en quatre, voire en six ?

Bien sûr, personne n'a prévenu les gens concernés, ni pris contact avec eux. Le mythe du progrès a encore ses ennuques serviles. Même sans être propriétaire des terres concernées, ne s'agit il pas d'une terrible bêtise au point de vue de l'intérêt général ?? savent ils compter ?? combien de passagers supplémetaires  attendus sur cette ligne ? pour aller où et gagner quel temps ? et qui financera ? pas RFF, qui a déjà 32 milliards d'euros de dettes, et ne tiendrait pas un jour dans le monde libéral qu'il pousse en avant !!! la ligne actuelle est loin d'être saturée, et qui observe les arrivées des passagers à la gare de Port la Nouvelle les voient plutot arriver de Narbonne ou de Perpignan que de Paris ou d'horizons lointains !!

Face à cela, un domaine millénaire, préservée depuis des siècles, apprécié de milliers de personnes, sources d'activité !! et barrer d'un trait la vie, le futur de gens, de personnes, de familles, au nom de ce mythe !! mais quel est ce moloch ?

Ceci me rappelle l'histoire de ce trader londonien, mais qui lui se sert de son propre argent et n'a pas de dettes!! Sa Mercedes exclusive n'a pas roulé 25.000 kms en 4 ans, a perdu 70.000 € de sa valeur, plus avec les intérêts, et la première revision a coûté 2.600 € !! Il gémit, et je lui reproche son illogisme à juste titre, en estimant le coût du km parcouru à près de 4 € !! mais c'est ruineux !! et bien, la LGV c'est ruineux, stupide, aussi, et ca n'apportera rien au pays, à Portel (que viendraient faire des touristes ? contempler un paysage préservé depuis des millénaires, et désormais rempli d'un trait meurtrier, porteur de vacarmes), et encore moins à Mattes.

L'intérêt supérieur de la Patrie.....oui, semaine curieuse, avec ces défilés d'étudiants au Quebec, dont le combat est finalement le même qu'ici, Terre de France et qui entend le rester. Le gouvernement libéral (ainsi nomme t'on tous ceux dont l'argent est le veau d'Or, pour faire simple) a augmenté de 75 % les droits d'inscription aux universités, déjà élevés. Il s'étonne que ses enfants se révoltent contre l'avenir qui leur est ainsi barré. Mais que sont ces gouvernements qui ignorent le bonheur de leur peuple ?

Il est temps non seulement de s'indigner, mais aussi de résister à ces mille opressions ou décisions qui n'ont aucun sens, sauf de rendre l'Homme encore plus malheureux et soumis à l'Argent.

Oui, Vive le Quebec Libre, et vive Mattes libre.
Tel est le message que tous les peuples du Monde portent, porteront, sous une forme ou une autre, car c'est la Loi de La Vie, qui s'affirme depuis des millénaires, sur notre terre arride, ou dans les glaces du Nord, ou dans la Chine désormais bouillonnante.

vendredi 20 avril 2012

20 AVRIL 2012 - PASSE, FUTUR et PRESENT.

Curieuse journée, qui me fait survoler peut être 150 ans ou presque, sans chausser les bottes de Gulliver !! pourtant, ca pourrait être la journée typique d'un vigneron citadin d'ici dix ans !! Le matin, ai téléphoné à deux courtiers, pour prendre le pouls. Hélas, la fievre électorale se traduit en frigidité oenologique, semble t'il. Ensuite, parce qu'ici est un lieu à bien des égards prodigieux et archéologique, j'ai rangé une partie de la cave, et je me suis retrouvé en commandant du Titanic . Et pourquoi pas de Jaurès ?


Arrivait Midi. Je fus de corvée, n'ayant qu'un céléri rave, et deux magrets. Le céleri rave, je l'aime ainsi, se transforma vite en rémoulade d'une part, et purée de céleri de l'autre, ce qui convient bien à un gibier, ou une viande en sauce
Les deux magrets, plutot mulards hélas, furent préparés au poivre vert, et cognac. Avec cela se posait la question de "quoi boire" ?

Un oenologue de mes Corbières m'avait parlé de bouquet, d'arômes tertiaires, et cela taraudait  mon imagination. Hélas, dans la cave, je ne retrouvais pas - a moins qu'il ne fut terminé - le VOLNAY 1989 que je convoitais. Je pris son petit frère, un POMMARD 1993, du même producteur, faisant confiance à Napoléon sur les bienfaits de ce vin (en ce quoi, j'eus tort)..

Au cas où, et parce qu'il me faut surveiller son évolution, je montais, car sa structure doit lui permettre de bien l'accompagner aussi, un BF.

Il était temps de passer aux choses sérieuses !!!
Le Pommard est bien conservé, malgré ses dix huit ans, sa majorité, mais il manque de puissance et de concentration semble t'il. Le BF déjà plus fondu qu'il y a six mois montre son caractère de grand cru, puissance, discrétion, élégance, mais une touche d'éloquence à la ( ) aiderait à lui conférer plus de hauteur. Il faudrait une pincée de syrah pour colorer le tout, mais c'est dans la bonne direction . en définitive, les deux vins - dont les prix sont très différents, sans doute 300 € à l'heure actuelle pour la première bouteille, et 10 pour l'autre - conviendraient. Un canard au sang, d'ici mai, devrait mieux correspondre au pommard, alors que le BF s'accomode mieux du grillé et du poivre vert, et du style bordelais

L'après midi, je reçus un chinois étudiant en école de commerce en france, c'est sa deuxième année, et pourtant son français n'est pas courant. Mais il vient de passer deux semaines à Gaillac et veut comprendre le monde du vin, les marges, la valeur, etc, le marketing, car la Chine est folle de vins, comme la France fut folle de tulipes sous Louis XIV.

De cette leçon de choses j'appris avec étonnement des faits ou tendances à l'encontre de ma pensée profonde. Non, non il ne souhaitait pas rentrer en Chine pour y créer sa propre sté et faire fortune, mais au contraire travailler en France, vivre à Paris "où il y a plus de choses à voir qu'en Chine". Je lui dis mi goguenard qu'au contraire des gens comme moi souhaitaient s'installer en Chine, pour refaire la ruée vers l'Or. Il me regarda avec étonnement, et me dit "la france, c'est bien mieux". Enfin, oui, dans les écoles de commerce chinoises en ce moment, les grandes UV ou class qui ont les faveurs des étudiants sont "le vin" (comment le vendre, le boire, le produire) et la "viande" (l'élevage des vaches, le lait, la filière viande). Au monde du péril jaune, je vois que le blanc et le rouge ont encore un bel avenir. Il m'expliqua aussi la viticulture chinoise en plein boom, dans une région entre la Corée et Pékin, un peu l'équivalent de notre Provence. Hélas, c'est là dont est issue la commande que nous venons de recevoir !! Serons nous copiés ? Mais à part les vins, sa plus grande curiosité porte sur les antiquités, sur toutes les vieilles choses de l'Occident, qu'il découvre dans mon bureau, me confiant un peu sa frayeur d'avoir du dormir dans un vieux château du Tarn, dont les volets battaient, mais qui manifestement excitèrent son imagination.  Se termine mon périple de 200 ans, en moins d'un jour, entre la rue du Cherche Midi et le Tarn de Maurice de Guérin, un vol vers Langon et Malagar, où F. MAURIAC n'aurait pas manqué de penser que la Chine à son tour était elle soluble dans le rouge français.

PS. ou NB.
Le soir, donc 7 h après ouverture, le Pommard tient encore la route, mais on ne sent qu'un vin "chaud", l'alcool est trop brûlant, alors que la concentration manque pour un bon équilibre. On voudrait le trouver plus délicat en cette soirée de vendredi, plus en robe de soirée, en finesse.  En revanche, le BF est très délicat, fin, plus féminin qu'à midi, comme si l'ouverture l'avait adouci. Pourtant, ami lecteur, il ne fait qu'accompagner un peu de pain et un fromage frais et gras que beaucoup ignorent, poutant pure merveille : le Brillat Savarin. Le Brillat Savarin, c'est un peu comme un petit suisse triple creme, un st moret avec une crème douce et fine.