mardi 19 avril 2016

des CONCOURS et des Médailles !!



A 62 ans, je garde quelques illusions, mais une grande vient de tomber ces temps ci, je veux nommer "les médailles des concours", qui sont aux vignerons ce que la Légion d'Honneur est aux militaires lol, enfin disons au moins officier.

Les Concours ont une grande importance pour les vignerons, car les "clients" et même les professionnels sont avides de médailles, de ces petits macarons qui ornent les bouteilles, notamment au moment des foires aux vins ! eh oui, il est hors de doute que les médailles "font vendre".

D'ailleurs, avec une certaine émotion, je me souviens de la première médaille de Mattes, déjà 20 ans, obtenue pour une Cuvée Sabran.

Justement pendant presque 15 ans, je me suis contenté de les demander (et c'est payant, environ 80 € pour faire concourir un vin), de les collectionner, puis maintenant de les decerner, parfois.

Oui, je suis devenu juré !! d'ailleurs au concours des Vignerons des Caves Particulières, mon syndicat en quelque sorte, vers 2007 je crois.

Il se trouve que la RVF fait aussi un article aussi abscons que peu clair sur les concours, et leur validité, je serai ici beaucoup plus clair. Les vieux singes ne font plus de grimaces.

Bref, j'ai assisté pendant six ou sept ans aux dégustations du Concours des Vignerons Indépendants. Je me souviens avoir gouté des rosés varois qui me paraissaient clairement issus de vins blancs..Le principe est le même, toujours des tables de 4. Les vignerons indépendants sont productivistes, car deux sessions de 15 à 20 vins devaient être avalées dans la matinée, entre 9 et 12 H.

Ce qui me frappa aussi fut l'amateurisme sinon la crasse ignorance de certains dégustateurs, et encore pire de certaines dégustatrices...Et toujours la difficulté de mettre d'accord 4 personnes sur un classement. Au fil des ans, les choses s'améliorèrent, avec la dégustation par chacun d'un vin (identique pour la salle) d'un vin quelconque, et aussi le passage d'un examen écrit (sans doute pour éprouver les connaissances des jurés), assez difficile même pour un pro.

Néanmoins, j'étais peu satisfait de me retrouver pres du bois de vincennes, à faire pompette, sur des vins finalement qui ne sont qu'une partie de la production francaise, et parfois dans des appellations peu glorieuses, année après année.

Cette année, ivre de gloire, je m'inscrivis comme dégustateur a l'alpha et l'omega des concours français, je veux nommer, le Concours Général Agricole, du salon de l'agriculture, et le second, plus lointain, le Concours de Macon.

Les modalités de ces trois concours sont d'ailleurs différentes. Aux VIF, les candidats sont libres, le jury propose un classement, mais chacun remet son classement, et en principe, un ordinateur revalide une seconde dégustation (faite par qui ???). La grille de dégustation est fort bien faite.

Pour Paris, candidats libres, mais "sélection" à l'échelon départemental par des "autorités" (???).. Très curieux, car des vins sans doute magnifiques de Mattes ont été rejetés à ce niveau là par les "gardiens du Temple"...Oui, dans l'aude, on semble magnifier le carignan...n'est ce pas, Président ?
Ensuite, à Paris, sous la direction plus que vigilante d'un gardien du Temple de chaque appellation, on déguste, on propose un classement, on ne connait pas les vins dégustés. Cette année, dans mon jury, j'ai même eu une personne "ne buvant pas de vins" sic et resic, ce qui joint à l'épisode précédent m'a tout de suite rassuré sur les modalités du concours.

A Macon, modalités encore différentes, tous les candidats sont libres, tous millésimes !! nous avons cinq critères (pas très discriminants) a noter, et la grille de chaque dégustateur est ensuite analysée informatiquement, avec les commentaires individuels (j'en doute, vu la multiplicité des écritures)).

Ici, mon jury est plus professionnel si j'ose dire : deux vignerons, dont moi, un acheteur pro (de vins) et un amateur (venu de la Creuse). Le hasard fait que nous tombons sur les Bordeaux, sans autre indication, sans doute entre deux mers. C'est à la fois intéressant pour moi, car finalement c'est en principe "le gros" de la production française, en principe dans son meilleur, qui est là, et dans les cépages que je m'attache a produire à Mattes (cabernets, et merlot). Donc, cela me rend curieux. L'organisation est sans probleme, le silence grand.

Mais que diable allait il faire dans cette galère ??? J'espérais en faisant 400 km de Paris, goûter aux meilleurs vins de Bourgogne ou à d'autres appellations !! je n'avais éliminé que le Jura, car j'apprécie peu le savagnin jeune. Hélas, trois fois hélas, je compris d'un coup pourquoi la France reculait depuis dix ans sur les marchés export !! Ces bordeaux sont tous non pas "supérieurs" mais inférieurs a toutes les attentes d'un consommateur averti. 

Sur 17 vins dégustés, a peine un ou deux sont convenables, c'est à dire ayant une maturité et une concentration suffisante. La couleur est en général bonne, car le cabernet sauvignon est là. Mais le nez est faible voire inexistant. La bouche est loin d'etre agréable, ronde et charnue, comme on s'y attend, et révèle souvent des relents de vieille barrique déplaisante, genre serpillière mouillée. Un seul révèle du bois neuf, mais trop uniforme et d'ailleurs les trois autres n'aiment pas "les nouveaux vins". La concentration est maigre, insuffisante, et la longueur en bouche souvent nulle. Comment ensuite juger de l'harmonie de tels vins ?

Pourtant je suis en droit d'espérer que ces vins représentent le meilleur de la production des candidats ? suis je sévère ? sans doute non, car aucun juré ne manifestera d'enthousiasme pour aucun vin, ce qui est rare, mais aussi inquiétant !!

Et pourtant quelques uns de ces vins vont recevoir une médaille, sans doute d'Or !! bref............c'est du niveau de la prestation présidentielle de l'avant veille, de l'eau tiède avec une étiquette !

Tres inquiet de ma surprise et de mon innocence perdue, je sélectionnais le même jour sur une carte assez élaborée, ce qui devient rare dans la france profonde, un margaux labegorce zedé, 2009. Non, je n'avais pas rêvé, il y a bien les grands vins et les autres, et "ceux qui sont grands le sont bien pour l'avoir voulu", pour paraphraser un mot fameux. Il n'y a pas de hasard.







mercredi 13 avril 2016

MATTES - 1948

Parce que je viens de sortir de la comptabilité 2015, je souffle, et curieusement, dans un vieux carton, je retrouve le bilan comptable de Mattes de 1947-1948.

Livrons nous à quelques actualisations.


L'année comptable était du 1° septembre au 31 aout, ce qui permet de coincider avec la récolte. Pour cette année là, les ventes ont été de 4.534.193 ff (soit 157.000 € de 2015), et correspondent à 1200 hl de vin.

soit un prix moyen voisin de celui d'aujourd'hui.

Mais on voit dans les recettes les brebis et les agneaux, pour 180.000 ff  (soit 6.000 €), mais j'ignore la quantité ou le poids correspondant.

Dans les dépenses, les frais de personnel atteignent le total de 1.860.000 ff, soit en rapport des ventes, le même ratio qu'aujourd'hui. Des dépenses inconnues aujourd'hui : le fourrage, la nourriture cheptal pour 210.000 ff, le bourrelier et le mécanicien, l'entretien mécanique, pour 523.000 ff, la grêle pour 30.116 (soit 1.000 € d'aujourd'hui). Cette année, Groupama coûtera 6 fois plus cher..

La principale dépense hors personnel est "frais réfection digues" pour 631.320 ff (soit 22.000 €), et je ne vois pas à quelle digue cela correspond, mais l'autoroute a changé la configuration des lieux.

Heureux temps pour M. GATTAZ, les charges sociales et les impôts étaient ridicules : 46.940 ff et 72.103 ff respectivement ! soit 1630 € et 2.502 € pour l'année. A vue de nez, les charges sociales 2015 sont actuellement de 78.000 €, et les impots tout compris (dont la TVA inexistante a cette date), taxes en tous genre, redevances, dans les 54.000 € !! oui, les choses ont bien changé.

Le bénéfice de l'époque fut de 627.000 ff (soit 22.000 €). C'est dans les chiffres d'aujourd'hui. Mais en 1948, sur une période de deux siècles, les prix de l'immobilier sont a Paris les plus bas. Ce bénéfice, 22.000 € donc,  correspondait en parité de pouvoir d'achat, à l'achat d'un appartement de  150 m² à Paris !! toute chose qui fait rêver aujourd'hui !

Oui, les temps ont bien changé !!

vendredi 4 mars 2016

ANTIQUITES et DEJEUNER - VIEUX VINS.

Parce que le vendredi 26 février, pour déjeuner, nous avions un couple notamment le mari fin gosier, et oenophile délicat, mais aux champs bien balisés, nous nous sommes grattés la tête un instant, pour savoir quoi boire, même si le manger est ausi important par ailleurs.



Comme de nos jours, les amateurs avec qui partager de vieilles bouteilles sont rares à les apprécier, il fallait donc de vieilles bouteilles.

Quoi mettre ? mon premier choix fut un Puligny Montrachet 1998, Les Folatières,  bon millésime, de chez M. CLERC, que j'avais connu début 1990.

Comme alternative, si le vin n'avait pas été bon, j'avais prévu un CROZES HERMITAGE 1983 blanc de la cave de Tain l'Hermitage, millésime chaud, et sans doute une des dernières bouteilles que j'avais achetées avec mon père.

Ensuite, s'imposait un SASSICAIA, vin italien d'anthologie, 1998, que j'ai connu jadis par un japonais encyclopédie de vins, et vin d'ailleurs que célèbre Mondovino. Ce que j'en sais, c'est que c'est un cabernet sauvignon, que la maison BOLGHERI a planté dans les années 70.

Après, un vin que j'estime beaucoup, comme les ORMES de PEZ car constant, un HAUT MARBUZET 1994.

Le déjeuner était frugal, dans un sens, mais bon : koulibiac de DALLOYAU, que je recommande, un filet de boeuf ANGUS  juste au four, et sauce aux champignons madère - mon improvisation - haricots verts, plus fromages (Monoprix et très bons), un baba au rhum (moi) et un échiquier , gâteau a base de genoise, chocolat blanc, chocolat noir (Dalloyau, toujours recommandé).

Hélas, hélas, hélas, le Puligny au moins à l'ouverture est décevant, trop jaune, comme s'il avait souffert d'un bois excessif. Pourtant, dans la semaine, l'ouverture fut qu'il fut très bon, tres miel et sureau, même si hier soir j'ai préféré dans un sens le chardonnay 2011 de Mattes, éclatant. Cela m'a confirmé que les bourgognes actuels ne vieillissaient plus.

Donc ouverture du Crozes Hermitage 1983. Lui aussi très jaune, nez peu puissant, bonne bouche, meme si probablement la marsanne roussanne ont perdu de leur fraicheur, il a de très bons arômes ternaires, assez typiques.

Le SASSICAIA quant à lui se révèle fermé, mais net, très bon, puissant, pas tellement marqué par le cabernet sauvignon si j'en crois mon nez. Ce n'est pas semblable aux grands crus bordelais, c'est plus "protestant et sec" d'ailleurs le bois semble ou léger ou peu marqué. Mais c'est net, sans défaut, et on penserait qu'il peut attendre encore 50 ans. M'a t'il donné du plaisir ? pas vraiment, car "il parle peu" et coûte cher (145 € tout de même, et plus cher en boutiques). Mais c'est certainement un grand vin. L'Angus est décevant, malgré sa provenance !!! tout fout il le camp ?

Hélas aussi,  trois fois hélas, le HAUT MARBUZET a un bouchon abîmé, et je ne peux pas le renvoyer au sommelier !! malgré mon dégoût du bouchonné, j'en boirai plusieurs fois, et c'est vrai que c'est un boisé agréable, net, fruité, hélas saboté par un bouchon indigne !! 29 € avant Noel.

Je replonge dans la cave, hésitant. et finalement j'en choisis un vin que l'on m'a donné il y a un an et demi, par hasard, alors que je l'aime beaucoup dans les années récentes, un PONTET CANET 1926.
Ce n'est pas un millésime exceptionnel, comme 1929, mais assez réputé.

Le vin est haut dans le goulot, le bouchon est tout à fait correct, le vin maigre un peu comme les vins d'avant 1970. Il fait faible, de pauvres jambes. Mais le nez est intact, la bouche aussi, même si on préférerait plus d'ampleur et de couleurs, mais le bouquet est très marquant. Je finirai la bouteille dans la semaine, il ne s'abîme pas, et apprécie ce monument d'histoire. Par contre, le dernier verre fut plein de dépôts, indiquant que probablement le vin n'avait pas été filtré. Oui, un vin de 90 ans. Sans le définir plus avant, il rappelle beaucoup les cuvées SABRAN 1996 et CLOS REDON, que j'avais appréciées cet été, bien sûr différent de la syrah, mais ce côté maigre, agréable, bouquet, et dépots. En tout cas, clairement, c'est un évènement, marquant, et il est peu probable que je puisse goûter un jour, O Eternité, un vin de Mattes ayant 70 ans.

Voici les photos de cet évènement et personnel et oenologique,





A votre santé, Monsieur EVIN !!nous avons bu avec modération.










dimanche 28 février 2016

CONCOURS GENERAL AGRICOLE - CHOSES APPRISES. 28 février 2016

Plus j'avance en âge, plus je suis étonné ( mais surtout,  ne pas traduire comme la chanson de Brel, les bourgeois, c'est comme les cochons, plus ca devient vieux, plus ca devient cc ).

Depuis exactement le 30 décembre 2014, un peu plus d'un an, les surprises  n'ont pas manqué, et fleurissent encore. Par exemple, la semaine dernière, avant l'heure, les journaux dits sérieux et bien informés faisaient paraitre des échos suivant lesquels le Pape, je veux dire Jean Paul II, aurait eu une liaison avec une femme mariée......pendant x années. Mon Dieu ! de quoi s'agissait il ? j'aurais bientôt tout vu !

 Ceci d'après un journaliste britannique !!Dont on sait la dévotion qu'ils portent à Rome.  Grand bien me fisse que par hasard je regarde mardi soir, je crois, ARTE, qui alors que je m'attendais à des révélations sur l'attentat dont il fut l'objet, me parla pendant plus d'une heure de cette alléguée "femme mariée" et de leur relation. Des échanges de philosophie, en public et sous le nez du mari. En plus la dame était polonaise, et son mari juif.  Bientôt, si l'on suivait ce chemin, toute personne à qui j'écrirais de façon régulière (imaginez, 300 lettres en 30 ans !! qui en plus ont été vendues par l'intéressée ) deviendrait soit mon amant soit ma maîtresse !!! décidément, le ridicule ne tue plus. Fermez le ban, la connerie humaine dépasse les bourgeois !

L'autre rigolade de la semaine fut bien sûr la comédie de Bruxelles, et le speech de M. CAMERON auto satisfait  au sortir de cette conférence. Il suait le contentement de soi.  S'il avait eu quelque doute sur l'intelligence et l'a propos de sa satisfaction, il aurait suffit de regarder la livre sterling lundi, et sa descente. Quand la raison et l'intelligence reviendront elles ?

Ai je été aussi bête en voulant participer encore une fois au Concours General Agricole à Paris ? aucun de nos vins candidats n'a franchi la barrière départementale à Carcassonne, et pourtant l'un deux a été couronné par le même Cru...il faut dire que dans les corbières, on hait la barrique comme on haïrait quoi ?? je ne suis pas sûr que mes confrères connaissent et les bons vins et les vins qui ont du succès dans le monde, mais au moins, "dormez en paix bonnes gens" jusqu'à la prochaine crise.

Mais l'avantage d'être un peu parisien m'a permis d'être juré justement au même concours, au même moment. Pour la première fois. Là aussi, j'apprends beaucoup.

Par exemple, samedi matin, en m'asseyant à la table de dégustation, celle ci commencant avec une demi heure de retard sur l'horaire fixé, je vis arriver un homme d'ailleurs respectable du genre simplet ému. Dès le départ, il se présenta comme   non buveur de vins, et de dégustateur de chocolat. Je ne pus m'empêcher de lui jeter "mais qu'est ce que vous foutez là ?". Il n'y connaissait rien !!

C'est la moindre chose que d'être compétent pour pouvoir juger de choses pareilles. Ma voisine semblait l'être, avec son ton professoral, comme directrice du Cru. Mais je perçus bientôt ses préjugés,  à travers un vin de chez elle, que je citais, et qui ne lui attira qu'une moue dédaigneuse. Les rouges que nous goûtons sont des 2014, très proches les uns des autres, avec peut être dans certains un infime soupçon de bois , qu'elle évacue comme ayatollah !! pourtant, les deux vins avaient une complexité plus grande. Résultats : les concurrents se retrouvent dans un mouchoir de poche, avec des notes entre 77 et 83, dans lesquelles elle veut mettre jusqu'a 8 médailles, sur 17 vins.......Je fatigue...et je rends mon tablier.

Le lendemain, voila des côtes du rhone. des Dégustateurs plus professionnels, et objectifs. Mais là aussi, des rouges 2015, qui me paraissent uniformes, avec beaucoup (ou que de) la syrah.......Un rosé, vraiment exceptionnel. Pour les rouges, heureusement, les trois premiers sont les mêmes pour tout le monde, mais le chef s'arrete à trois médailles, sur 17 vins.....Jury sévère mais juste.

Bref, cela me rappelle un peu la roue de la Justice, au moins pendant la seconde Guerre, telle que la décrit M° GARCON dans son journal, "une immense loterie" . A l'époque hélas, la mort était la sentence la plus fréquente, même pour des enfantillages. Rassurons nous, "tout ce qui ne tue pas nous rend plus fort".

Mais surtout, ce qui est affligeant, c'est que le cerveau, à l'heure des machines automatiques, semble être de moins en moins utilisé, à tous points de vue. Penser, chercher, peser, s'examiner, voir, tout cela semble de moins en moins fréquent, et bientôt, je pense qu'on s'en remettra a un GPS adapté, pour avoir une réponse. Ah, Google risque de faire plus d'abrutis que de génies.

dimanche 21 février 2016

CENTENAIRE - 21 février 2016

Comment échapper aux flots des journaux sur Verdun ? Il est vrai que cette bataille fut terrifique et terrible. Qui dans cette génération y échappa ? c'etait encore 50 ans après le principal sujet de discussion des "vieux" - alors 70 ans - avec mille souvenirs.

Pour ma part, je pense à cet enfant de l'Aude, dont le journal fut publié il y a environ 40 ans, 

Louis Barthas
Louis Barthas est un ancien combattant de la Grande Guerre, né le 14 juillet 1879 à Homps et mort le 4 mai 1952 à Peyriac-Minervois. Wikipédia
Naissance : 14 juillet 1879, Homps
Décès : 4 mai 1952, Peyriac-Minervois
 
qui constitue un livre remarquable. Et aussi à Aristide Briand, Chef du Gouvernement à ce moment, et qui refusa le repli. Lui aussi lié à l'Aude d'une certaine façon. Il y a encore à Mattes, sur des sortes de diapositives en verre de l'époque, des photos où l'on voit Alyette de Lareinty, alors propriétaire de Mattes, en compagnie d'Aristide Briand, et sur le front, car Alyette est en en costume d'infirmière. Aujourd'hui encore, les liens de la famille de Lareinty avec Briand sont incertains, la seule chose sûre étant que Briand était fils d'une lingère ayant travaillé au Pont Pietin, la propriété nantaise des Lareinty. Ce qui est aussi frappant, c'est que sa ressemblance avec celle du père d'Alyette, Jules de Lareinty, sénateur de la Loire Atlantique, est étonnante.
 
Mais ceci est une autre histoire. Ce qui me frappe, c'est qu'en 100 ans, un peu plus d'une vie d'homme, les changements intervenus. A la veille de la Guerre, la France et l'Allemagne sont les deux premiers pays du Monde, riches, prospères, mais hostiles dans leur face a face, encadrés par la Grande Bretagne, dont la flotte est la première du monde, et partiellement par les empires gigantesques empires  austro hongrois et russe.
 
En moins de 5 ans, cette "Belle Epoque" est balayée, détruite, les deux empires complètement morcelés, et en proie a la Révolution,  les USA sont devenus  la banque du Monde, et son atelier, et l'empire turc est disloqué. 8 millions de morts, 9 millions d'invalides.
 
Des régions entières ont été saignées, notamment la Bretagne. Le frère d'Alyette, Honoré, un des premiers aviateurs, est mort au dessus des Vosges, à Cornimont. 
 
J'examine ce qui a changé depuis. Les familles ont été largement ruinées, du haut en bas de l'échelle sociale, si je pense à trois exemples précis. L'exode rural s'est amplifié. La production de masse, nécessaire pour la fabrication des munitions, obus, chars, etc, le travail des femmes, se sont imposés, avec leurs conséquences.  Ce sont eux peut être les marques du changement immédiat, car la voiture, le telephone, le cinéma existaient déjà, l'avion aussi. Depuis peut être, peut on considérer comme de grandes inventions l'ordinateur, l'informatique, et surtout les médicaments.
 
En Agriculture, et notamment pour la viticulture, les bouleversements ont été immenses, notamment dans le Midi. Grande mécanisation, avec l'invention du tracteur, et de toutes les machines, notamment la machine à vendanger. A la veille de la Grande Guerre, il y avait à Mattes 35 ouvriers, des chevaux, des bergers. Les pressoirs ont bien changé, les cuves, alors des foudres en bois, aussi, laissant la place a l'inox et au béton. Seuls, peut être, les tonneaux sont restés identiques. La culture de la vigne a changé, avec les cépages, les engrais, les produits de traitement.

Toutes les activités autour de la viticulture ont aussi largement changé : les courtiers, les négociants , les fabricants de matériel, bourreliers,  ont vu leur nombre divisé par dix aussi. Seuls les oenologues sont apparus. 

La vieille maison est toujours là, seule a se souvenir de tous ces morts. Que verra t'elle d'ici 2116 ?


 
 

samedi 23 janvier 2016

SEMAINE DU 17 JANVIER 2016.







Le calme n'aura pas duré longtemps. Il faut décider quoi vendre des vins 2015, et donc déjà  les goûter et  les sélectionner. Le faire intelligemment, c'est à dire selon nos besoins futurs, et justement, car des cuves aujourd'hui bonnes, peuvent se révéler médiocres un an plus tard, voire pire, et l'inverse aussi.

Une autre difficulté est aussi d'évaluer quelques possibles assemblages, et d'en évaluer la longévité. C'est un exercice rude, mais sans comparaison avec le passage de la 1° entrée de médecine, tel que je l'ai vu hier à la tv sur clermont ferrand. 1370 candidats dans une salle, un peu moins de 300 admissibles, et 77 questions auxquelles il faut répondre en 2 H. soit 14 secondes avec six choix possibles, a peine le temps de lire, et des questions de chimie qui paraissent redoutables.....le niveau s'élève, puisqu'il y a dix ans, le nombre de questions n'était que de 60...

Les médecins de demain seront ils meilleurs ? il me semble qu'on meurt toujours autant, et qu'on n' est pas mieux soigné qu'il y a 50 ans, dit il en revenant de l'ophtalmologue, qu'il a fallu attendre pendant un mois, payer 67 €, et qui je crois, a raté mon problème.

Quelles questions poser a un vigneron ? il n'y a je crois pas d'examen d'entrée, mais la plupart sont maintenant oenologues ou le seront. Est ce une garantie de qualité ? hélas non, comme le CAP ne fait pas le cuisinier ! il y faut sans doute quelque chose de plus, de mieux. 

Notamment des terres et des pratiques culturales. Non pas qu'il convienne dans ce domaine ou d'autres d'être réactionnaire - "c'était mieux avant" - mais je me souviens avoir goûté un cabernet californien des frères Gallo, qui fut pire pour moi qu'un coca cola. Si le ou les marchés étaient libres, ils ne boiraient pas de telles horreurs imposées par la publicité. 

En 50 ans, j'ai vu bien des choses évoluer dans le monde des vins français. Certes, à l'époque, on voyait du vin sur la table a chaque repas, dans la plupart des familles. Mais c'etait souvent un gros ou un petit rouge, plus réchauffant que délicat. Ce fut vers les années 1967 que je découvris les premiers vins d'appellation, soit au restaurant soit chez nous, et j'allais dire par proximité géographique : crozes hermitage de tournon, cotes du forez de boen sur lignon, beaujolais aussi. Le seul vin avant était le blanc d'Alsace, pour les fêtes de début d'année.

Je fis mes études a Lyon de 1973 à 1977, et c'est vrai qu'alors le beaujolais était fort bon !! Lyon baignait dans le beaujolais, du bistrot d'étudiants aux restaurants plus étoilés. Le Sancerre était aussi fort réputé et fort bon. La Vallée du Rhone commencait sa grande expansion dans les années 1980, de St Joseph, qui n'existait pas, au Lubéron. Les escapades et les voyages d'un jour favorisaient cette découverte des vins au hasard. Pourquoi le beaujolais, vin de côteaux, ancien,  dans un climat généralement sec l'été, est il devenu l'horreur que nous connaissons ? Pourquoi les bourgognes rouges qui jadis se conservaient au moins dix ans, étaient noirs, sont maintenant des choses insipides, chères, qui se conservent rarement plus de trois ans, sauf exception ? Hier soir, dans un restaurant réputé de Paris, j'ai bu un gigondas, certes 2012, à 43 €, mais qui était inférieur aux grenaches pâlots de cette année, chez moi, Corbières !! bref une litanie presque réactionnaire !!

Mais comment ne le serait on pas, quand on voit les absurdités de la réglementation ?  les parcelles sont elles les meilleures ? quand on voit vers Beaune des parcelles a l'ombre, et a la limite de la route de la plaine, on se demande si la règle du côteau est observée.......les droits de plantation ont sauté, issue de la crise de 1929. Mais cela suffit il ? Depuis 1929, justement, on voudrait faire l'histoire des interventions étatiques dans la viticulture, au delà de d'exiger un vin loyal, sain et marchand ! la création des appellations est récente, vers 1936, pour les premières. A cette époque, les grands Vins se vendaient mal, o paradoxe, et les vins d'Algérie ont rempli les cuves françaises au moins jusqu'en 1981.
Paradoxalement, c'est à cette date qu'a changé profondément la viticulture française. Des plantations ont été faites par eux en Californie, au Chili, etc, et des pays nouveaux producteurs ont commencé d'apparaitre sur le marche mondial : afrique du sud, nouvelle zelande, australie, voire Ethiopie désormais. Mais quels sont les progrès que nous avons décidés en France, voulus et réalisés ? Je cherche, je n'en vois pas vraiment. Les autorités pronent maintenant l'irrigation !

La seule chose évidente dont témoignent les statistiques est que l'aire des appellations type champagne, qui marche, a été augmentée !! sinon des zones viticoles ont été divisées par 3 en trente ans : type le Lyonnais.

Mais pour la plupart des appellations, il n'y a pas de dégustation. La pire merde peut être labellisée, vendue , et surtout être a un prix voisin  vrac que des vins bien meilleurs. Quelques négociants le veulent ainsi, le moins cher possible.

Cette année 2015 est logique, avec un été frais, voire humide, et peu de chaleurs marquantes dans notre région. Les grenaches sont fruités, mais clairs, les syrahs sont à leur optimum, quant au carignan, il est toujours déroutant, dans un sens ou dans l'autre.

Au final, millésime tres spécial, avec des fraicheurs surprenantes. Les vins se garderont ils ? pour certaines cuvées, probablement, notamment les syrahs. les vins blancs aussi. Mais ce ne sera pas je pense un millésime "general exceptionnel"







dimanche 3 janvier 2016

3 janvier 2016

Voila une belle combinaison de chiffres !! Mais que réservera 2016 ? pas encore d'impressions, d'intuitions, juste encore une immense fatigue qui traîne, malgré cette fin d'année tranquille, sans bouger, sans partir, sans bruit, quoi, et pourtant, les ressorts ne sont pas là.

Il pleut enfin. Mais j'ai vu que vers Perpignan, il n'avait pas plu depuis deux mois. Paris était vide, presque, enfin ce que j'en vois, sortant peu. Si, mercredi, une promenade m'a conduit dans le vieux Paris où tout grouillait. Mais ensuite, il a fallu bien s'atteler de nouveau aux choses à faire.

Au total, l'INSEE aura été vite, mais il semble bien que les comptes de la viticulture aient été bons en 2015. Le détail peut être apparaîtra au fil de la comptabilité, qui va s'y atteler. J'espère simplement qu'lle ira son train, en sortant dans les temps, et non pas fin juin, comme cette année. Surtout que j'y relève aujourd'hui plein d'erreurs !

Oui, demain, la vie va reprendre à son allure, et les jours se succéder. Mon premier acte de 2016 aura été de choisir les vins du déjeuner du 1°, et j'y ai vu à la fois un signe et une conclusion, sans m'en rendre compte sur l'instant. 

Curieusement, le jeudi matin, en faisant les courses, j'avais pris un canard, pas un gros, mais plus qu'un caneton. 3 livres. Au moment de l'enfourner pour son heure, je suis descendu à la cave, et ai remonté une bouteille que j'avais mise de côté, qq jours avant, un SABRAN 2000, et une autre, au cas où son âge déplairait à Madame, un second vin du château MALECOT, la dame de MALESCOT, 2010. C'est pour moi un vin inconnu, jamais goûté.

Ce vin, acheté parce que il y a quelques mois deja, la cave du Lutetia, mise aux enchères, a des prix parfois vertigineux, trouva bcp de ferveurs dans les vins de MALESCOT. Pour ma part, j'acquis pas mal de demi bouteilles de Ladoucette. 

 



 Tres bon canard, sauvage, goûteux, point trop gras. Hélas, il manque le poivre vert, ou un condiment. Mais pas d'armagnac.

Les vins.........Ce margaux m'est inconnu, même si je les aime beaucoup en général. Dauzac, du Tertre, et bien d'autres. La contre étiquette me frappe immédiatement : assemblage de cabernet franc, cabernet sauvignon, et de merlot. A Mattes, nous avons tous ces cépages, sauf le merlot, arraché en 1998. Et pour la première fois, nous avons fait une cuvée de cabernet franc, que j'ai apprécié particulièrement, même si peut être j'ai une faiblesse pour le sauvignon

Naturellement, tout de suite, avant de goûter,  est ce ce vin sera comparable a ceux de Mattes ?

Curieusement, on le sent immédiatement exceptionnel, même si on le voudrait un peu différent.  Deux impressions : que le franc domine, que le vieillissement n'est pas suffisant, ou le boisé. Le vin fait tres jeune, et on a l'impression d'un déséquilibre, que le vin n'est pas encore fondu. Il faudrait avoir tous les détails de la composition, du vieillissement, de la longueur de l'élevage. Sur 3 jours, il sera de plus en plus fondu et complexe, ce qui montre bien qu'il avait un potentiel très élevé.

Mais j'ai eu aussi  l'impression très  nette que Mattes pourrait faire aussi bien ou mieux, avec peut être des vins plus mûrs et mieux élevés, et une pointe de syrah. bref, une révélation utile, a tout point de vue. Que les appellations sont largement une rente, mais que les vignerons doivent faire toujours et encore des progrès. L'Italie est plus ouverte.

Deuxième chose. 2000 avait vu deux vins produits par Mattes, assez exceptionnels. Le Millénium, et le Chevreuse 2000.

J'avoue ne pas me souvenir du Sabran, que je n'ai pas goûté depuis longtemps. C'est un vin à l'ancienne, c'est à dire "maison Ruffel". On dit généralement du Corbières que c'est un vin à boire vite (ce qui est vrai quand il s'agit de carignan, et quand les rendements sont trop haut). Mais voilà un vin disons de moyenne gamme de Mattes, à l'époque où beaucoup de progres restaient à faire (refrigérant, encépagement, etc), et qui après 15 ans de bouteille, est tout simplement magnifique, avec des arômes fondus, ternaires, complexes, une fraîcheur suffisante pour le faire accepter à Madame, un côté inédit - jamais bu avant - et long en bouche. C'est différent du Millénium.

Les deux vins vont tres bien l'un et l'autre sur cette viande, et je passe de l'un a l'autre sans probleme. Peut être une préférence pour le SABRAN, non parce qu'il est mien, mais parce que son arôme est rare, inconnu, à découvrir, alors que Malescot est un bon cabernet franc, sans reproche.

Oui, comme une rencontre riche, de ce qui a été fait, de ce qui peut être fait, des directions à tenter. Oui, il y a encore un avenir et des choses à tenter.






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