mercredi 22 octobre 2014

SILLONS. 21 OCTOBRE 2014.

Parfois, comme dans le post précédent,le futur mailing a venir,  le pessimisme me gagne, et ébranle tout, ou plutôt provoque une décharge électrique, et ranime mal un corps ayant besoin d'un électrochoc.

Néanmoins, hier, alors que la tempête faisait rage dans l'apres midi, que je m'activais à mille choses urgentes, France Culture donnait la parole aux chinois de Hong Kong, aux deux camps opposés. Tout était en anglais, intéressant, bien fait, direct, sans commentaire superflu.

Sans doute vous pouvez pendant un mois retrouver cette émission, par le site. Je crois que c'etait à 16H.

Ce qui m'a frappé d'abord, c'est le langage quasiment révolutionnaire de ces jeunes, au sens Révolution de 1789, c'est à dire égalité (entre chinois), fraternité (entre HK et le continent) et égalité (entre paysans et urbains, riches et moins riches, travailleurs et rentiers).

Un se référait explicitement aux Droits de l'Homme, langage clair. Surtout ces étudiants a la fois enfants et très cultivés - leur connaissance de l'Histoire m'a frappé - savaient et voulaient situer leur action dans l'Histoire, notamment celle de la Chine depuis 5000 ans...Qu'était le PCC (parti communiste chinois) dans l'Histoire de la Chine, pour décider a la place du Peuple Chinois ? une virgule de moins de 100 ans..Les opposants avaient des arguments, mais moins fondamentaux (vaut il mieux etre banquier pas libre que pauvre et libre...?)

Cela m'a fait plaisir de voir que la jeunesse d'un Pays, c'est à dire son avenir, et sans doute le Premier du Monde, au moins par la taille, ait une telle maturité politique et historique.

Et m'est venue ensuite une autre pensée, assez positive, en tout cas forte et peu contestable. Depuis que le monde est monde, au moins le monde connu, disons six mille ans, le Bien avait survécu au Mal, et finalement avait quand même gagné, loi mystérieuse. Hitler a rejoint Néron dans son incendie et son apocalypse, Staline n'a rien gagné au final, la guerre de 14 est finie,  et les religions "méchantes" - celles qui tuaient les esclaves, les jeunes filles, les animaux, les cannibales - aujourd'hui n'existaient plus, des azteques aux cannibales, et qu'il en était de meme dans l'ordre politique, comme si existait aussi un troisieme principe de la Thermodynamique, le bonheur de l'Homme et son universalité.

Une certaine évolution vers le Bien...et que la vie était toujours là, forte et renaissante. Nul doute qu'un jour la paix reviendra sur les déserts de Syrie. "Quand bien même nous mourrons, nous allons vers la Vie".

Oui, sans doute, si Dieu le veut, HK sera un jour libre, et peut être avant 2045.

mercredi 15 octobre 2014

15 Octobre 2014 - JOUR DE LA TAXE FONCIERE - et réflexions.

Le 15 0ctobre, comme beaucoup de français dits propriétaires, j'ai envoyé mes cheques pour les taxes foncières. Au risque de passer pour riche ici, surtout pour beaucoup de contribuables, j'ai envoyé un total d'un peu plus de 21.000 € !!! excusez du peu.

Tout d'abord, je vais situer l'absurdité de ces taxes, et surtout leur non cohérence entre elles, et avec les "mots maux" de ceux qui nous gouvernent, par un exemple simple, comme je l'avais fait il y a deux ans pour le fameux CICE, dont je prédisais le futur impuissant à créer des emplois, et l'usine à gaz !!! eh bien, un autre exemple pratique aujourd'hui.

1°) taxes foncières du Domaine.

Elles sont maintenant de 12.000 € par an. c'est à dire 1.000 € par mois. En principe, les batiments agricoles ne la supportent pas (cave, etc), et les terres agricoles devaient être exonérées (promesse de Jacques Chirac en 1995...soit 19 ans).

Les vignes a elles seules  représentent un total de 7.500 €, dont 1.800 € pour la seule Chambre d'Agriculture, qui si j'applique la règle que Mattes "pèse" 0.5 % de l'agriculture de l'Aude (soit 200 exploitations comme Mattes), voudrait dire que la chambre d'agriculture a au moins un budget de 1.800 X 200 soit 360.000. Si à l'agriculture, on appliquait les règles de la fameuse taxe prof chère au MEDEF, et le plafonnement par la valeur ajoutée, cela se traduirait sans doute par une économie de 10.000 € !! soit 80%.

J'ignore sur le plan concret a quoi sert la chambre d'agriculture, mais voila qq chose qui coûte cher. Enfin, la  seule taxe d'ordures ménagères réprésente 800 €.

Les collectivités locales prélèvent à elles seules un peu plus de 7.000 € !!! signalons pour être complet que Mattes ne bénéficie pas de l'eau de la ville, a dû payer son raccordement éléectrique, et naturellement n'a pas le tout à l'égout !!

On pourrait multiplier les considérations fumeuses, du genre les impots ont augmenté alors que la surface vignes (et leur valeur marchande) a baissé, qu'ils ont augmenté de 33 % pour les bâtiments en 7 ans, et que la valeur a pris sans doute le chemin inverse. Bref les absurdités sont innombrables, et l'injustice augmente.
Il serait intéressant - je n'ai jamais trouvé les chiffres en 30 ans - savoir ce que paierait un agriculteur similaire implanté qui en Provence, qui en Bordeaux, qui en Bourgogne ou Champagne !! juste pour la comparaison.

2°) ABSURDITES.

Ce que les français sentent surtout, c'est que ces taxes sont profondément inégales. et différentes suivant les villes. Mais au fil du temps, les absurdités et inégalités s'amplifient. Le même montant , 4000 € par exemple, peut correspondre a des biens très différents, de valeur tres différente, c'est donc une injustice (suivant la constitution, et les droits de l'Homme).
4000 € correspond par exemple a la taxe de 30 ha de Corbieres, soit un capital évalué à 300.000 €. Ca correspond a tres bel appartement sur Paris, d'une valeur disons de 4 à 5 millions, et à une grande maison, qui suivant son implantation en province, vaudra de 500.000 à 1.000.000 voire plus, suivant les cas particuliers  (ne pas hésitter à me fournir des exemples précis et localisables).

Ces montants au fil du temps sont de plus en plus significatifs, et importants par rapport aux revenus potentiels ou possibles. Cela veut dire que les communes nous tondent de plus en plus, et pour un service sans doute pas meilleur qu'il y a trente ans.

La moindre commune veut sa salle polyvalente, son terrain de foot avec gradins, sa salle omnisports, son parc des expositions, ses salles de concerts, etc, pour les plus grandes. C'est de la démagogie !!! Pourquoi pas instaurer  les bordels gratuits, au nom du bien être physique et mental des populations ??? En Allemagne, souvent citée comme exemple, les activités municipales sont restreintes, quelquefois un musée et une salle de concerts, fonctionnant sur fonds privés, pour les plus grandes villes d'Allemagne, type Dusseldorf, Koln, ou Munich !! et ne parlons pas des réseaux de bus, ou autres.

Surtout on voit bien que tout cet argent "versé" sans compensation apparente et concrète, un impôt puisqu'il faut appeler les choses par leur nom, est prélevé aux dépens d'autres dépenses plus prioritaires et plus utiles pour le Domaine ou ses propriétaires actuels, , par exemple, avoir un autre salarié, et donc créer un emploi, soulager les existants, faire des travaux sur les bâtiments, ou simplement vendre un peu moins cher !!! voila concrètement  "trop d'impôts tue l'impôt" et surtout nuit à la compétitivité. Quand nos éminences ouvriront ils les yeux ??? au moins le Pape, vieille institution, convoque t'il ses ouailles pour avoir leur avis !! oui, la Révolution reste à faire dans ce Pays.

samedi 4 octobre 2014

4 OCTOBRE 2014

Non, les vendanges, a cette heure, ne sont pas terminées. Il manque environ 8 ha. Deux grosses pluies inattendues, le jour de la st michel, puis le lendemain, ont tout fait retarder. Lundi, en revenant de Mattes, j'ai traversé vers Bessan le fameux orage qui allait inonder Montpellier dans l'apres midi. Il était formidable, les voitures sur l'autoroute étaient presque obligées de s'arreter, tellement la visibilité était courte, moins de 5 m, et la pluie abondante. Cela dura une bonne vingtaine de minutes, jusqu'a Florensac. Ensuite le Gard, tout calme en ce lundi matin, et les dernières vendanges, puis Marseille et le Var, où la pluie commencerait demain.

Mais globalement le temps s'est maintenu beau sur toute la France, je pense que les vendanges ont beneficié de conditions exceptionnelles en Champagne, Bourgogne pour les blancs, et peut être Val de Loire.

Cette saison, cette année s'achève déjà. Il faut préparer la fin de l'année, se bousculer pour les prochains embouteillages...a un rythme de plus en plus vite.



samedi, ce fut d abord la battue aux sangliers, avec une belle prise. Ces gourmands gourmets ont mangé cette annee en une nuit une parcelle de muscat, soit l'équivalent de 3000 bouteilles !!!Il est temps de faire le menage envers ces terroristes à 4 pattes !!

Dimanche, des narbonnais sont venus s'initier aux vendanges et à la fabrication du vin, avec ces raisins ramassés entiers.

Il est certain que la machine, new holland, sic, ou autres, va beaucoup plus vite, mais quelle satisfaction de voir ces raisins entiers, et parfaitement sains.

 dans ces flacons, les futurs assemblages 2013, a embouteiller dans un mois.

Il m'est étrangement revenu un souvenir, d'un coup, de plus de 40 ans, exactement du 4 Octobre 1974, à Lyon, un samedi aussi, mais ceci serait une autre histoire dont tous les acteurs sont aujourd'hui morts, sauf le principal, à l'époque président fraichement élu..Mais en 40 ans, je peux remarquer que le monde a bien changé - on se demandait a l'époque comment faire face au choc pétrolier, alors que l'essence n'était qu'a 0.20 € - mais que ses dirigeants manquent toujours et encore plus de sens commun qu'autrefois. Car  Pompidou n'aurait jamais emmené Régine chez le Pape. Nous continuons de glisser dans le toboggan des faits, sans meme vouloir les éviter. Cette fatalité non seulement m'inquiete, mais commence a m'em...............er.



jeudi 18 septembre 2014

SAUCISSON, REFLEXIONS, VISIONS

Nous revoici dans le Midi, après un intermède sulpicien, le 5 septembre.

Dieu aime la France, car autant que je puisse en juger, le temps début septembre est devenu chaud, ensoleillé, si bien que les vendanges risquent d'en bénéficier, notamment sur les régions inondées tout l'été. Tant mieux, car voir ainsi compromis le travail de milliers de domaines par les caprices du Ciel, a de quoi stresser.

Je pensais à tout cela, et à plus grave encore, et commencais à ruminer que franchement, non, l'année pour bien des gens dans le monde, en france aussi, n'était pas facile, doux euphémisme. Pour moi :  en particulier, qui aime être maître de mon temps, je ne le suis plus, et de plus,  de moins en moins, alors que la retraite signifiait une liberté retrouvée. Mille choses m'occupent, ou plutot me dévorent, en ce moment ce controle fiscal, demain les travaux à faire, les clients a voir, les embouteillages à décider, la trésorerie de 2015, demander ma retraite, payer les impots, rechercher des objets disparus, faire les plantations d'automne, aller voir la chapelle qui prend l'eau, la toussaint, le mailing de fin d'année...ronde infernale dont je souhaite m'échapper.

Aussi redescendre de Paris au sud est une sorte de récréation  dans cette ronde. Nous décidâmes de le faire en deux jours, plutot que d'aller vite, par l'autoroute, et etre abruti le jour suivant. Un peu intuitivement, cette fois ci, je suivis la RN7 depuis fontainebleau, la vraie, pas son double autoroutier. D'ailleurs, les morceaux difficiles ont été renovés. Ce qui est frappant, c'est tous ces départements du loiret, allier, nievre, glisser dans une torpeur. Les villages ont perdu de leur caractère rieur. Semblent parfois abandonnés ou vides. Des maisons sont fermées, les volets clos. Roanne aussi a changé, on démolit les vieilles usines textiles en briques. 

Plus loin, par contre, des villages de la Hte Loire dont j'avais cru l'avenir perdu ou impossible sont vivants, des usines, des trottoirs propres, une vie. Pourquoi ? les subsides européens ? St Bonnet le Froid est ainsi, alors que la Louvesc, sa voisine d'ardeche, qui fut il y a 50 ans une coquette station de vacances, vivante, et peuplée est aujourd'hui morte et figée. Je n'ose pas interroger St Jean Francois Régis, enfant de l'Aude, né à Fontcouverte, venu mourir ici en voulant évangéliser les parpaillots de la Hte Loire..

Ma madeleine de Proust fut curieusement une rondelle de saucisson servi dans le restaurant CHATELARD à St Bonnet le Froid. Je retrouvais instantanément le goût de ce saucisson de montagne pur porc qui baigna mon enfance, et avec lui, arriverent des tas de souvenirs, et de réflexions....La France est un vieux pays paysan, cela se voit encore a ses murailles des champs montées il y a plus de 500 ans,


et a la vie de son peuple. Paysan à sa manière, pas paysanne comme un fermier japonais, ou un céréalier américain..Et j'en arrivais à disserter sur l'aphorisme pétainiste "seule la Terre ne ment pas"..Hélas, les nourritures du restaurant n'étaient plus celles de mon enfance, ni du plateau, mais presque exotiques pour mes montagnes, coquilles st jacques etc.

Et que finalement les deux meilleurs Présidents de la République, de la Ve, étaient sans conteste les petits fils de paysans, ou de militaires paysans..c'est à dire des gens qui avaient des racines puissantes, et centenaires dans ce sol. Mais ce monde là disparaît, me semblait il, et me vint une autre crise tenant justement à cette disparition, a ce changement, qu'allait devenir la France si tous les paysans disparaissaient ? si ce qui fut notre structure pendant 2000 ans, ce mélange d'indépendance et de solidarité, d'ardeur au travail et de simplidicité, d'attachement a cet horizon et à une vie simple, disparaissait ? déjà bien des choses craquaient, voila bientot depuis 50 ans, a tel point qu'une chatte ne reconnait plus ses chatons ? le monde ancien, ou est il ? non que j'y fusse attaché particulièrement, mais celui de demain me semble pire, bien pire. Quand les femmes montrent les dents a la Republique, à leur propre grandeur, et ceci dans un concert d'applaudissements, qu'aurait pensé Madame de Gaulle à laquelle je me réfère souvent quand les murs tremblent ?? non, ce n'est pas convenable.

Dieu me répondit le lendemain au moins deux fois. Après La Louvesc, existe une longue descente sur l'Ardeche et Tournon. La végétation change rapidement, passant des mélèzes aux marroniers, puis aux oliviers presque. A un virage, dans un pré, se tenait de grand matin une bergere et ses chevres. Je n'osais la photographier. Mais le passé ressurgissait. Le prochain village était St Félicien, le nom d'un fromage introuvable a Paris. Je demandais à une vieille dame, et elle me conseilla la boucherie, où il y avait encore des trésors là aussi disparus ailleurs, à des prix d'avant !!! jambonette, feuilleté, saucisson a la fleur et frais, saucisse, fromages, nous voici enfin munis. Les gorges de l'Eyrieux sont impressionnantes, et que fut dure sans doute ici la vie d'autrefois.



Tournon, Valence, Montelimar, puis à Bollène, tournant. Je veux voir Gordes. Le hasard me ramene a UCHAUX où le restaurant COTE SUD je crois est toujours aussi agréable par ses plats et sa tonnelle. Et complet........Je n'ai pas croisé la veuve de Carpentras, mais c'est une bien belle ville, me sembla t'il.

Alors que je m'attendais à un pays plat, dès la fin du couloir rhodanien, ce ne sont que des petites routes de montagnes et des virages pour atteindre Gordes. Le pays est rempli de touristes, il est impossible de stationner, et après une halte planifiée et rapide, nous nous enfuyons. Les vignes que nous avons vu sont hétérogènes, certaines bien soignées, d'autres maigres, parfois l'oidium, parfois manque de grappes ou trop de grappes. Mais les vignes des coteaux sont en général plus intéressantes. Je revois Gigondas apres 35 ans, et tous ces villages connus du sud, Rasteau, Beaumes de Venise, Sablet, Ste Cécile des Vignes, ou les vendanges battent leur plein. Machines souvent, équipes aussi.




Les vignes de Provence, apres AIX, semblent plus saines et plus intactes. St Maximin traversé, qui s'étend de plus en plus. Enfin, la vieille maison est la, accueillante.

Curieusement, ou pressentiment, ce voyage m'avait mis mal à l'aise. Certes, existait un pays que j'avais connu, inchangé dans ses paysages, mais mille choses disaient son malaise, des volets fermés des maisons d'autrefois à ces zones commerciales hideuses, ou ces pavillons construits à la va vite. Peu de gens rieurs dans les rues, ou attablés à une terrasse. Des fourmis pressées sur l'autoroute.

Apres la bergère, la seconde vision déterminante fut celle d'Antenne 2, l'apres journal de midi, qui parlait de la paysannerie, et qui fut la brique manquante de mon lego cérébral. Cette émission de 40 mn parlait justement de la paysannerie et de la crise. De mémoire, la famille FILOCHE, dans la Sarthe, et une autre différente du Cantal. Il serait difficile de résumer sans les images la vie de ces éleveurs, de leurs difficultés, mais ce qui m'a impressionné, c'est disons la grandeur, au sens mental et moral du terme, des enfants, dans les deux cas. On voyait que bon sang ne saurait mentir, et ca criait a travers l'écran plus que des mots de grand orateur, une vérité, un coeur, une structure, une force déferlait, dont je ne pense pas que le réalisateur lui meme avait conscience. Ces gens la étaient non seulement authentiques, mais étaient des gens bien, dans la vérité, et au dela des épreuves qu'ils traversent. Cela m'a rassuré, apaisé. Comme un arc en ciel dans un jour d'orages.

Non, non tout n'est pas mauvais du Passé, au contraire. Il ramene parfois à l'essentiel, c'est à dire au fondamental. D'ailleurs, hier, mais c'etait plus rationnel, le meme journal televisé a montré une expérience scientifique confirmant que l'apprentissage de la lecture syllabique était le plus efficace :!!! ce que tous les gens de bon sens savaient depuis 1914. Tout le monde en 1945 savait lire !! couramment, et écrire. Et dire qu'aujourd'hui la France se satisfait d'une école genre broyeuse dont 20 % des éléves entrant en 6eme - et non pas en 11eme - ne savent pas lire couramment !!!

C'est comme si un paysan négligeait 20 % de ses vaches !!!!


DEGUSTATION DU CLOS REDON 1998

Avant hier, un peu par hasard, mais aussi par curiosité, et aussi par auto-récompense à propos de je ne sais quoi, j'ai sorti de la cave ou elle dormait une bouteille de CLOS REDON 2002.


La cave de Hyeres, si elle est vaste et bien enterrée, n'est pas tres optimale, car l'été, elle peut être assez chaude, aux environs de 20°C, mais disons qu'elle est quand même convenable.

Voila bien longtemps que je n'avais goûté ce vin. De ce milésime, que je qualifie de septembre de Jean Paul II, car il fut étonnamment beau et chaud sur toute la France, j'ai dégusté plus tôt dans l'année un chevreuse, à mon avis en limite de consommation, et un SABRAN, qui lui était parfait. Pour les puristes, à l'époque, le chevreuse était issu directement de la SABRAN, avec vieillissement en fûts. Les deux ont eu des médailles d'Or à des Concours, c'était le début du réveil de Mattes, qualitatif, sous l'oeil de M. Jacques RUFFEL.

Ce fut aussi le dernier millésime qu'on fit pour les Caves ROCBERE. Ensuite, nous prîmes ou plutôt reprîmes notre indépendance.

A l'épque, notre encépagement n'était pas le même. La, c'est une pure syrah, relativement jeune, des courtalous, donc une vigne de 8 ans, jeune. en outre, notre taille était longue.

C'est donc un vin différent des vins d'aujourd'hui, plus faible en alcool, moins concentré. a l'époque, il était assez proche d'un vin moyen des vignobles de Crozes Hermitage ou St Joseph.

 Voila la bouteille. Le verdict, ce vin aura t'il tenu 15ans ? - mon objectif d'alors - quel est il ?

Ce qui est frappant c'est que le bouchon est, au bout de 15 ans de bouteille, toujours intact, et parfait. Le niveau est intact. Oui, bouchon de qualité, alors qu'aujourd'hui, on trouve de plus en plus souvent des bouchons, et même sur des grands vins, "indignes".

C'est un bouchon TRESCASES, et nous utilisons les mêmes ou de meilleurs, pour les vins d'aujourd'hui.

Quant à la dégustation, le vin a une couleur identique, dense, brillante, le nez leger mais typique de la syrah, la bouche révèle quant a elle la complexité si peu fréquente d'un vin de 15 ans, le bouquet fin de fruits mûrs, comme des cerises a l'alcool, et des noyaux, le vin paraît certes dilué par rapport a ceux d'aujourd'hui, mais la longueur en bouche, la persistance sont assez exceptionnelles. Oui, un côté exceptionnel.

Le lendemain, sacrilège, j'avais mis la bouteille au frigo - j'ai horreur des vins trop chauds - et au déjeuner, le vin était intact, préservé, pas du tout oxydé, et toujours intact. Je suis incapable de dire combien d'années encore il pourra être gardé en cave, mais je suis fier de voir que mes propos d'aujourd'hui - le CLOS REDON  peut se garder et s'améliorer sur 15 ans - sont tout à fait fondés. Et donc, fort de cette expérience, nous allons nous même stocker des millésimes pour les vendre plus tard.




A votre santé !! et stockez du 2011 pendant qu'il en est temps !




dimanche 7 septembre 2014

CERTITUDES DES COEURS SIMPLES

A l'heure où l'actualité déverse un flot d'insanités inimaginables, noyant tous dans un flot inégalé de boue fétide, où les chevaux mal dressés ruent dans les brancards, les vendanges ont commencé sans moi. Les blancs ont été faits cette semaine, à l'exception du muscat dévoré par les sangliers en une nuit ! Si le volume se situe dans la moyenne des dix années années, pour les mêmes parcelles, il est en recul sur 2013 et 2011, mais voisin de 2012.

Les rouges vont bientôt suivre, avec une peau epaisse, signe que l''eau a manqué au bon moment (avril, mai). Nous verrons bien. Que le temps tienne, car septembre semble meilleur que l'été..

Me voici pour quelques jours à Paris, pour des jours singuliers !! mais hier, en écoutant une nouvelle fois l'histoire des taxis de la Marne, il m'est revenu une histoire curieuse dont mon enfance a été bercée et que j'avais presque oublié.

Je n'ai pas retrouvé la photo qui aurait tout expliqué. Peut être dans les prochains jours ? toujours est il, qu'enfant, je passais beaucoup de temps chez un couple de gens sans enfant, à l'ancienne, âgés d'environ 80 ans, nés vers 1880,  ex domestiques, qui étaient restés sur place une fois la retraite atteinte; D'ailleurs, les activités continuaient, devidage de la soie naturelle, chargement du charbon, jardin potager, entretien des lapins, lavage des voitures, etc. Un peu des grands parents, mais différents. J'avais tous les jours mon couvert mis, et sans doute là que je suis devenu gourmet. L'intérieur aujourd'hui paraitrait misère, cuisine et atelier dans la pièce d'entrée, deux petites chambres, pas de salles de bains, ni de wc..le fourneau assurait le chauffage, et l''eau n'arriva qu'en 1959.

Toujours est il que Mémé Maria parlait peu. Un jour je lui fis entendre un des premiers transistors, et elle regretta simplement que les polkas ou mazurkas de sa jeunesse n'existent plus. Son mari, épousé avant 1914, fit toute la guerre, notamment Verdun, de 1914 à 1918, comme ordonnance, et en ramena d'ailleurs un pistolet que je crois avoir encore. C'etait un homme intelligent et de coeur et de bon sens.

Mais une chose partageait ce couple uni et paisible. La victoire de la Marne...Lui, en bon rationnel - catholique certes - vantait les efforts de Joffre et des soldats. Elle, sans insister, mais sans en démordre, parlait de miracle de la Marne, en disant que le 8 septembre, jour de la Nativité de la Ste Vierge, une vierge était apparue sur les lignes allemandes et les avaient stoppées. Enfant, j'écoutais d'une oreille distraite, et je ne me souviens pas des détails, seulement de la conviction qui l'animait alors, et ils passaient à autre chose.

Pourtant Mémé Maria n'était pas une grenouille de bénitier, ni une scrupuleuse, certes catholique et chrétienne, mais ayant une vision des choses modérée. Ce qui est surprenant, c'est que je me souviens de son deuxième "dada", si j'ose dire. Fatima et les prophéties. Elle croyait fermement et sérieusement que la Russie se convertirait, alors que le communisme était triomphant a l'heure de Gagarine !!! sans faire une quelconque analyse politique, ni stratégique. Simplement parce que c'etait inscrit dans le ciel, comme la vierge de la Marne l'avait été.

Aussi quand je vois la renaissance de l'orthodoxie en Russie, la construction d'églises, etc, bref en quelque sorte la réalisation des paroles d'un coeur simple qui n'avait jamais quitté son village, je suis pris d'un certaine vertige. Et il me revient aussi d'autres souvenirs. Lui, avant la guerre, avait été marchand de vins, plus exactement employé par un marchand de vins, livrant des tonneaux en charrette aux clients. Il y avait d'ailleurs dans la cave un tonneau qui me semblait gigantesque, et était donc descendu, sous la chambre !! tonneau auquel j'allais souvent tirer avant midi une bouteille pour la journée. Sans doute est ce la que j'ai goûté mes premiers vins, parfois purs, sans doute d'algérie ou coupés, qui ressemblaient assez a nos grenaches d'aujourdhui.




dimanche 31 août 2014

31 aout 2014. Fin !!

Cette année poursuit son chemin bizarre. Me voici par exemple à Paris, où tout affirme déjà un automne tôt, au lieu d'être dans la vieille maison, à la veille des vendanges..

La veille des vendanges, plus tardives cette année. 1° septembre donc, au lieu du 25 aout en général, voire plus tôt. Me voici loin de la vieille maison et de ses murs rassurants, de son atmosphere si spéciale, qui, si les lecteurs ne craignent pas les fantômes, je décrirais comme peuplée de morts et de fantômes, mais tres vivante.

Cela tient sans doute à l'âge de la maison, mais pas seulement. Des meubles ont été changés, des décors aussi, mais la permanence de ces présences reste. Cela tient il aux livres ? à la disposition des meubles ? le style ? les bustes ? les portraits ? les vieilles choses ? au silence ? sans doute. Une certaine pénombre y participe. Mais nulle part ailleurs ai je senti de telles présences !! de personnes d'ailleurs connues de leur vivant ou inconnues..des femmes essentiellement.

Très curieusement, j'ai cherché si ailleurs j'avais déjà ressenti cette même impresssion, ces présences. Nul doute que Colombey, ou Malagar ont cette densité. Mais alors, ce peut être le vertige des personnages qui nous marque. On le ressent aussi dans certains musées, type CAMONDO, ou des lieux, comme le Grand Trianon, ou le bureau du premier ministre à Matignon, mais ce sont des lieux hantés par l'Histoire. 

Mattes n'a rien d'un tel prestige, il ressemble plus à une petite chapelle de province ignorée qu'à un lieu chargé d'Histoire. Je ne saurais dire d'où cela vient. Mais une vieille dame me dit un jour, directement et d'un ton surprenant, "on sent que cette maison a une âme".

Oui, toucher les pierres de ses murs, coeur vibrant en cette veille de vendanges. s'apaiser a la vue de ce paysage millénaire, qui change insensiblement, par les arbres qu'on y met, les vignes qui le marquent, et qui reste pourtant le même.

Que sera Mattes dans 20 ans ? que sera la vieille maison sur l'ocean du Temps ? Que sera meme ce paysage qui après avoir connu la vigne partout voit maintenant des friches de plus en plus importantes ? il y aurait de quoi douter de l'avenir, même sans écouter le pessimisme ambiant. Pourtant, cette année,  nous avons largement investi, donc pris des risques importants, alors que la raison pousserait à tout freiner et à vivre autrement. Plantations, 3 ha, un pressoir, des cuves inox, des barriques, soit un peu plus de 100.000 €, soit plus du double d'une année normale.