Faut il aligner seulement des chiffres sur un bilan pour bien le faire ? il me semble que bien des éléments sont inquantifiables ou sont plutôt de l'impression, des faits, que purement chiffres. Parfois j'ai l'impression ainsi de n'avoir "rien fait" depuis 1985, ou rien réussi, ou pas réussi à ma vitesse nécessaire, ou trop lentement à Mattes, dans ce monde des vins qui n'était pas le mien.
Pourtant, alors mon scepticisme se brise en mille morceaux en voyant combien Mattes a changé en 30 ans. Certes, la ligne des collines est inchangée, les principaux arbres sont là, l'emplacement immuable. Mais les bâtiments ont rajeuni, les vignes ont multiplié les belles parcelles, les vins sont nés, et ont progressé, et ceci n'est pas tombé du ciel, mais voulu.
Les évènements n'ont pas manqué, racontés pour certains. Mais une fois que le sillon fut pensé et décidé, il a été suivi. Bien sûr, des efforts, du temps, et pas mal d'argent, mais pas que ceux ci, car beaucoup d'argent n'aurait pas donné plus de résultats, ni plus d'efforts, ce que je constate en voyant un voisin vaillant vendre à l'aube de sa retraite après des efforts qui m'impressionnent vraiment, a côté des miens. Je pense que le secret fut ailleurs, à la fois en moi, et dans les gens qui ont porté ce rêve et le portent encore. Comme de vieux soldats, nous pouvons être fiers de ce qui a été fait et qui l'est encore.
Mais le monde n'est pas resté immobile. Les autres domaines ont bougé pour la plupart. Je suis parfois frappé de la qualité d'humbles produits, cabernet, chardonnay, merlot, découverts ici ou là. Mais chaque fois, il s'y trouve a la base quelqu'un qui a voulu cette qualité là.
Je lisais cette nuit que les Chinois vont acquérir leur premier domaine en Languedoc, et que ce sera dans les Corbières. J'ai oublié le nom de ce domaine, qui deviendra sans doute célébre. Mais basiquement, ils ont raison. Les Corbières sont toujours et encore, et le restera, la région viticole où la géologie est la plus complexe - donc signe de diversité et de vins originaux - de France , et où la terre agricole est la moins chère.
Dans cette même revue, l'injustice ressentie en lisant qu'un vigneron de St Emilion, en 4 ans a redressé sa barraque, malgré bien des erreurs, et vend ses bouteilles à 56 € pièce. Il fait seulement 100 hl, sur un peu plus de 4 ha. Il est vrai que la terre coûte cher la bas, mais est ce "bien rationnel" ? sinon le miracle du nom, ce que j'appelle une injustice. Est ce que les mêmes consommateurs paieraient dix fois plus cher pour des salades de Corbeil, que pour celles de Perpignan ou l'inverse ? pourtant la réalité, c'est celle ci. Il existe quelques bons st emilion, mais souvent j'ai bu des horreurs indignes !! même dans les grands noms.
Sans doute le consommateur, le client moyen est abruti par les montagnes de papiers et de pub qu'on lui verse dessus, et qui l'aveuglent. Il en est de même des parfums, des vêtements, bientot des chaussures, des bijoux, des livres, des spectacles, des restaurants où l'illusion prime sur la réalité. Oui, jadis, j'avais l'impression que les gens "lucides" étaient plus nombreux. A tous les niveaux de la sté.
Je n'ai pas encore goûté les vins 2014, donc je ne peux pas rééllement faire le bilan de cette année assez bizarre a tous points de vue. Nous avons continué à investir largement, amplement, profitant de la hausse des cours, qui marque un mieux. Hélas les inondations d'il y a un mois montrent que la Nature est seule souveraine.
Une inquiétude, les vins blancs, nous allons connaître une rupture d'appro. La conjoncture export fut relativement molle, à l'exception des USA, en rédémarrage après des années noires. 2015 verra t'il un mieux ? Quand est il de la clientèle française ? je dirais hélas que les gens modestes soit locaux soit vacanciers qui dans les années 1995-2005 venaient volontiers au caveau, ne viennent plus et qu'on ressent généralement un souci d'économie et de bonnes affaires même pour les autres.
Mais 2014 a vu - et c'est important - notre clientèle gagner de nouveaux noms, et je suis fier de voir que certains apprécient les Mattes depuis parfois vingt ans. Car mon but, finalement, aura toujours été de voir le vin devenir meilleur, et surtout être accessible au plus grand nombre, pour un plaisir quotidien et abordable.
Etre le Berthillon des vignerons !!! Et je suis content que cette maison continue apres le décès du fondateur cette année.
Blog d'un vigneron néophyte !! chroniques d'une époque, à la fois mémoires "extérieures" et bloc bouteilles.
samedi 27 décembre 2014
vendredi 26 décembre 2014
FIN D ANNEE 2014
Rarement une année m'aura pesé autant que 2014 sans que je puisse vraiment en attribuer a quiconque la responsabilité, j'étais donc pressé d'en voir la fin, même si hélas, la course du temps ne va pas s'arrêter au 31 décembre. Du moins ai je l'illusion pour quelques jours de courir moins vite, d'être moins bousculé, et de souffler un peu.
Oui, cette année, je pense la détester parce que je n'ai pas été libre de mon temps, et les rares moments de liberté, de paix ou de tranquillité furent trop rares. Sans doute l'époque veut cela, cette bousculade permanente, mais j'y suis parfois obligé par les réalités, marchés, fisc, âge, évènements extérieurs qui ont fait une danse sans fin !!
Aussi, ce n'est que mercredi à midi que j'ai dételé , pas vraiment d'ailleurs, car il fallait se mettre au déjeuner du lendemain, en passant par la crèche dont on m'attribue la construction !
https://www.youtube.com/watch?v=dQ_Wkwg-YhM
Suis je capable à cette heure de dresser un bilan de ce que fut 2014 ? pas encore. Il y faudrait et du Temps et de la Raison. Je vois qq points positifs dans un océan de menaces ou de flots noirs.
Du moins ai je trouvé sans conteste l'APOLLON 2011 hors concours, parmi quatre ou cinq vins que j'ai tirés de la cave ou sont arrivés au hasard, dégustés ces jours ci. Un Larrivet Haut Brion, de 2005, trop empyreumatique (pour faire simple, caoutchouc brulé et déplaisant, malgré son age, c'est a dire un mauvais boisage), et un LASTOURS 2012, cuvée ARNAUD de Berre, 2012, 9 € chez Carrefour, que j'ai pris sur la base de sa médaille d'Or au Concours General Agricole 2014. J'aimerais parler à l'oenologue que je crois connaître. Je lui dirais qu'un tel vin est rustique, manque de complexité, d'élégance, et que le boisé lui manque, car il aurait l'écorce d'un grand vin. Il en a le potentiel, mais ainsi,
Je penserai aussi à plusieurs de mes amis en leur disant : était il bien nécessaire de dépenser des millions pour faire un chais ultra moderne, sans doute pratique et performant, pour ne pas atteindre le résultat de votre cave centenaire, percée de toute part, mais qui comme la créche millénaire, donne parfois naissance à des miracles !!!
Mystère de l'Etable, de la crèche, et depuis ce soir, mystère du cuvier, qui sans doute ce soir dort dans le silence sur lequel seulement la Lune veille.
lundi 1 décembre 2014
INONDATIONS - Nuit du 29 au 30 novembre 2014.
Pour une fois ici, je parlerai d'eau, une fois n'est pas coutume, enfin pas encore, apres 1987, 1999, 2009, et cette nuit là.
Cette fois ci aussi, l'alerte météo avait été donnée. Ce qui fut plus étonnant, c'est que la pluie fut très forte, puisqu'il a fait en moyenne 220 mm, mais avec des pointes à 90 mm à l'heure, ce qui est beaucoup. Si bien que la Berre jouant son rôle de collecteur des montagnes voisines, soit un bassin de 40 km2, est montée d'un coup, et la pente devenant basse, l'écoulement naturel vers la mer aussi, l'eau est montée, montée, montée...
Sur la première photo on voit la ligne droite qu'a suivie la Berre en sortant de Portel (virage du haut), et se dirigeant vers Sigean (en bas de la photo). Cette ligne correspond aux vignes de plaine de Mattes, soit 15Ha, sous l'eau à l'heure qu'il est.
de chaque côté de l'autoroute, qui elle fut surelevée lors de sa construction en 1976.
Dans l'ordre, en descendant, a gauche de l'auto
route, viognier, cabernet, puis un second, puis le sauvignon ici en vert. De l'autre coté, une syrah, puis le chardonnay (les trois tâches cote droit, vers une haie d'arbres).
Bref............que d'eau, que d'eau
(Mac Mahon, je crois en 1876, visitant comme Président de la République des zones inondées).
Cette fois ci aussi, l'alerte météo avait été donnée. Ce qui fut plus étonnant, c'est que la pluie fut très forte, puisqu'il a fait en moyenne 220 mm, mais avec des pointes à 90 mm à l'heure, ce qui est beaucoup. Si bien que la Berre jouant son rôle de collecteur des montagnes voisines, soit un bassin de 40 km2, est montée d'un coup, et la pente devenant basse, l'écoulement naturel vers la mer aussi, l'eau est montée, montée, montée...
Sur la première photo on voit la ligne droite qu'a suivie la Berre en sortant de Portel (virage du haut), et se dirigeant vers Sigean (en bas de la photo). Cette ligne correspond aux vignes de plaine de Mattes, soit 15Ha, sous l'eau à l'heure qu'il est.
Dans l'ordre, en descendant, a gauche de l'auto
route, viognier, cabernet, puis un second, puis le sauvignon ici en vert. De l'autre coté, une syrah, puis le chardonnay (les trois tâches cote droit, vers une haie d'arbres).
Bref............que d'eau, que d'eau
(Mac Mahon, je crois en 1876, visitant comme Président de la République des zones inondées).
mercredi 26 novembre 2014
APOLLON 2011 - dégustation du 23 novembre, et autres propos indigestes !!
Naturellement, quand un vin est embouteillé, je souhaite le goûter, et voir ce qu'il donne en réalité, après son embouteillage, qui parfois malmène le vin pour quelques mois, et aussi pour me remettre le souvenir presque proustien de l'assemblage.
Car un assemblage, c'est très délicat, et souvent du travail sans filet. Souvent les avis divergent, en raison de mille facteurs, les personnes qui le font, leur expérience,leurs compétences, la chaleur, l'heure, l'endroit, l'humeur..et justement mes pires expériences sont comme jury de vins, dans un concours, avec des non professionnels, car les avis sont completement opposés souvent, et chacun tient au sien !!
Mais à Mattes, les choses sont moins disputées, même si je me souviens de plusieurs séances sans conclusion. D'abord parce qu'au fil des semaines, un classement intrinséque des cuves se fait, en février, puis mai, puis juillet, et souvent ca reste dans les clous initiaux (mais pas toujours........)
Mais faire un assemblage, même quand les matières premières sont excellentes, en l'occurence des barriques vieillies, est quand même exigeant, car il faut comme un parfumeur essayer de trouver par combinaison un goût unique...et mon nez me joue souvent des tours, moins ma bouche.
Bref, l'Apollon 2011 fut décidé ou construit qq part en aout, puis embouteillé début Octobre. Mais retrouverais je ce que j'avais aimé au bout de quelques mois ?
C'est donc dans une certaine anxiété - et même une anxiété certaine, car le lendemain avait lieu un rv important - que dimanche dernier, j'ouvrais une bouteille. Sur une cuisine de hasard, mais pas mauvaise, a savoir une pintade sautée, une échalotte, et je fis un risotto au safran, en catastrophe, car nous avions un invité inattendu.
Bien sûr, je recherche d'abord la tonalité de l'APOLLON 2008 (le 2° essai chronologique). Le vin est certes proche, mais sans être similaire. Tout d'abord, il supporte mieux la température ordinaire, ce qui est une qualité certaine, ensuite il est "tres net" même s'il est moins long (?) en bouche. Et surtout il fait la queue de paon, c'est à dire son goût revient en bouche et remonte une fois - qq secondes - après être bu. Comme un feu d'artifice qui illumine le ciel après avoir donné son bruit, et qui éclaterait.
C'est certainement un des meilleurs vins que Mattes ait produits, de ma vie. Comment évoluera t'il dans le futur, ce jh apollonien ? un autre mystère.....
Puisque vous m'avez lu jusque là, je vous en remercie tout d'abord, et je vous livre un second mystère. Aujourd'hui, sainte catherine, tout investissement ne prendra pas racine !! La Commission Européenne vient d'annoncer un plan d'investisements de 315 milliards !!! Cela tient de la franche rigolade........après quelque examen attentif, mais sommaire..comment des gens dits sérieux peuvent énoncer de pareilles conneries ? et en attendre le salut ?
Tout d'abord, le PNB européen représente 10.000 milliards par an, pour simplifier la valeur de notre activité annuel. Ca veut dire, globalement, une formation brute de capital fixe (FBCF) de 3.000 milliards, la somme des investissements annuels en Europe, a la louche..comme Mattes dépense pour renouveller ses plantations, son matériel, faire des améliorations, etc, environ 25% de son chiffre d'affaires..
315 donc représente environ 10 % de l'effort annuel ? pensez vous qu'un tel chiffre, réparti sur plusieurs années, car il y faut du temps, sauvera le Navire ?
Ensuite, il n'y a pas 315 milliards dans la caisse, mais seulement 21 milliards mis par la Communauté, le reste étant supposé venir des Banques, des stés privées ? mais imagine t'on une sté privée créant la nouvelle gare de Nimes (projet français mis en avant) ? deuxième connerie. Si les investisseurs privés avaient des projets rentables, ils investiront d'eux mêmes et sans la poussée de la CEE.
Troisième connerie, ou mystère si vous êtes plus policé, ce montant est supposé créé 1.000.000 emplois. De mon temps, en septième, on faisait du calcul mental. On aurait vu que chaque emploi dit créé couterait 300.000 €, et on dirait, il vaut mieux que les gens restent chez eux a etre payés...que de dépenser un tel montant..
Ah si je vous livre un autre tour budgétaire entendu ces jours. Le plan de sauvegarde de l'école va engager 50 millions d'€ supplémentaires pour rattraper les hors parcours. Sachant qu'il y a 10 millions d'éleves en france, que 20 % sont presque illetrés, soit 2 millions, l'effort national pèse 25 € par élève a rattraper, soit moins d'une heure par an d'un prof dit normal.
Ah, messieurs, si vous saviez un peu compter !!! Mais la Banque Centrale trouvera facilement 1.000 milliards si une banque devait sauter..
Car un assemblage, c'est très délicat, et souvent du travail sans filet. Souvent les avis divergent, en raison de mille facteurs, les personnes qui le font, leur expérience,leurs compétences, la chaleur, l'heure, l'endroit, l'humeur..et justement mes pires expériences sont comme jury de vins, dans un concours, avec des non professionnels, car les avis sont completement opposés souvent, et chacun tient au sien !!
Mais à Mattes, les choses sont moins disputées, même si je me souviens de plusieurs séances sans conclusion. D'abord parce qu'au fil des semaines, un classement intrinséque des cuves se fait, en février, puis mai, puis juillet, et souvent ca reste dans les clous initiaux (mais pas toujours........)
Mais faire un assemblage, même quand les matières premières sont excellentes, en l'occurence des barriques vieillies, est quand même exigeant, car il faut comme un parfumeur essayer de trouver par combinaison un goût unique...et mon nez me joue souvent des tours, moins ma bouche.
Bref, l'Apollon 2011 fut décidé ou construit qq part en aout, puis embouteillé début Octobre. Mais retrouverais je ce que j'avais aimé au bout de quelques mois ?
C'est donc dans une certaine anxiété - et même une anxiété certaine, car le lendemain avait lieu un rv important - que dimanche dernier, j'ouvrais une bouteille. Sur une cuisine de hasard, mais pas mauvaise, a savoir une pintade sautée, une échalotte, et je fis un risotto au safran, en catastrophe, car nous avions un invité inattendu.
Bien sûr, je recherche d'abord la tonalité de l'APOLLON 2008 (le 2° essai chronologique). Le vin est certes proche, mais sans être similaire. Tout d'abord, il supporte mieux la température ordinaire, ce qui est une qualité certaine, ensuite il est "tres net" même s'il est moins long (?) en bouche. Et surtout il fait la queue de paon, c'est à dire son goût revient en bouche et remonte une fois - qq secondes - après être bu. Comme un feu d'artifice qui illumine le ciel après avoir donné son bruit, et qui éclaterait.
C'est certainement un des meilleurs vins que Mattes ait produits, de ma vie. Comment évoluera t'il dans le futur, ce jh apollonien ? un autre mystère.....
Puisque vous m'avez lu jusque là, je vous en remercie tout d'abord, et je vous livre un second mystère. Aujourd'hui, sainte catherine, tout investissement ne prendra pas racine !! La Commission Européenne vient d'annoncer un plan d'investisements de 315 milliards !!! Cela tient de la franche rigolade........après quelque examen attentif, mais sommaire..comment des gens dits sérieux peuvent énoncer de pareilles conneries ? et en attendre le salut ?
Tout d'abord, le PNB européen représente 10.000 milliards par an, pour simplifier la valeur de notre activité annuel. Ca veut dire, globalement, une formation brute de capital fixe (FBCF) de 3.000 milliards, la somme des investissements annuels en Europe, a la louche..comme Mattes dépense pour renouveller ses plantations, son matériel, faire des améliorations, etc, environ 25% de son chiffre d'affaires..
315 donc représente environ 10 % de l'effort annuel ? pensez vous qu'un tel chiffre, réparti sur plusieurs années, car il y faut du temps, sauvera le Navire ?
Ensuite, il n'y a pas 315 milliards dans la caisse, mais seulement 21 milliards mis par la Communauté, le reste étant supposé venir des Banques, des stés privées ? mais imagine t'on une sté privée créant la nouvelle gare de Nimes (projet français mis en avant) ? deuxième connerie. Si les investisseurs privés avaient des projets rentables, ils investiront d'eux mêmes et sans la poussée de la CEE.
Troisième connerie, ou mystère si vous êtes plus policé, ce montant est supposé créé 1.000.000 emplois. De mon temps, en septième, on faisait du calcul mental. On aurait vu que chaque emploi dit créé couterait 300.000 €, et on dirait, il vaut mieux que les gens restent chez eux a etre payés...que de dépenser un tel montant..
Ah si je vous livre un autre tour budgétaire entendu ces jours. Le plan de sauvegarde de l'école va engager 50 millions d'€ supplémentaires pour rattraper les hors parcours. Sachant qu'il y a 10 millions d'éleves en france, que 20 % sont presque illetrés, soit 2 millions, l'effort national pèse 25 € par élève a rattraper, soit moins d'une heure par an d'un prof dit normal.
Ah, messieurs, si vous saviez un peu compter !!! Mais la Banque Centrale trouvera facilement 1.000 milliards si une banque devait sauter..
mardi 18 novembre 2014
CLOS REDON 2008 - dégustation du 17 novembre.
Après un vin portuguais hélas portant la mention "barriques françaises", mais plus certainement fabriqué avec une décoction de copeaux, à midi, j'ai eu droit par hasard - on pioche - à un CLOS REDON 2008, dont je n'avais pas un bon souvenir, car très représentatif de ces vins un peu chauds et lourds, certes agréables mais dont le fruit manque, car venant de grappes surmuries, comme les asperges perdent tout gout quand trop cuites. Pour la syrah, suivant l'été et sa chaleur, la date des vendanges peut se jouer a moins de deux jours !! On comprend qu'il faut le fil vert sur le bouton vert, etc, très précisément.
6 ans après, mes regrets sont moins grands. Cette syrah est capiteuse, et pour les puristes de la dégustation, a des notes affirmées de réglisse. La bouche est souple, presque lactique, mais en effet, on voit par contraste ce qui manque : le fruit, la longueur, la finesse, malgré le côté droit du vin.Mais il est indéniable qu'il peut se faire encore attendre dix ans. Par la concentration, et même le gout, il n'est pas sans rappeler certains grenaches des côtes du Roussillon, ou des chateauneufs.
Dans un sens, la barrique , avec l'APOLLON 2008, donne une complexité a ce vin, et le rend très feminin. Lequel des deux préférer ?
J'attends avec impatience ma spéciale 2013 !
6 ans après, mes regrets sont moins grands. Cette syrah est capiteuse, et pour les puristes de la dégustation, a des notes affirmées de réglisse. La bouche est souple, presque lactique, mais en effet, on voit par contraste ce qui manque : le fruit, la longueur, la finesse, malgré le côté droit du vin.Mais il est indéniable qu'il peut se faire encore attendre dix ans. Par la concentration, et même le gout, il n'est pas sans rappeler certains grenaches des côtes du Roussillon, ou des chateauneufs.
Dans un sens, la barrique , avec l'APOLLON 2008, donne une complexité a ce vin, et le rend très feminin. Lequel des deux préférer ?
J'attends avec impatience ma spéciale 2013 !
dimanche 16 novembre 2014
DEGUSTATION SABRAN 2000 /16 NOVEMBRE 2014
Un peu le hasard........Depuis que la cuisine a été refaite, disons rendue "normale" au printemps dernier, je cuisine plus facilement, car c'est plus facile, le four marche mieux, et les résultats sont plus faciles, pour le même effort initial, bref, les choses ont été rendues plus faciles.
Aujourd'hui, ce fut un poulet au blanc, un peu par hasard. Ce devait être un sauté, mais je ne voulais pas aller courir un poulet d'origine Dieu sait ou en ce dimanche matin. Bref, le secret, si secret il y a, est de faire un bouillon et de le laisser cuire à feu doux longtemps. Celeri, clous de girofle, laurier, poivre, oignon, persil, carotte, un peu de thym, et du poireau, qui manqua. Ce bouillon est en plus excellent pour préparer un riz pilaf, ou des pâtes italiennes.
J'aurais aimé un clos redon un peu ancien sur ce plat assez lyonnais. Mais hier, en rangeant un peu la cave, j'ai trouvé qq bouteilles de SABRAN 2000.
2000 est un peu un millésime de transition a Mattes. 1999 avait été pitoyable a cause de la pluie. 2000 fut un des premiers caniculaires. Il marque aussi la transition dans le "style" de Mattes, qui je l'observe au fil du temps, est plus le reflet du régisseur que le mien.
Ce vin donc de 14 ans, ordinaire, car il s'agit d'une cuvée de base, vendue je pense l'équivalent de 20 FF la bouteille ou moins, a bien vieilli. La couleur n'a pas varié, assez dense. Le nez, j'en suis mauvais juge en ce moment en raison d'une sinusite durable, la bouche est souple, équilibrée, agréable, fruitée, sans doute le grenache, mais pas que lui. Surtout, ce qui frappe, c'est son bouquet, complexe et la ressemblance avec de vieux côtes du rhone. La longueur en bouche, environ 7-8, et surtout la queue de paon, la rétroolfaction, le gout revenant en bouche au bout de 3 secondes. Au final, un vin agréable, même s'il n'est pas aussi complexe que le Millénium, élevé en barriques, et sans doute plus riche en syrah.
Par rapport à la décennie suivante, le vin apparaît moins lourd, moins concentré (c'etait le premier pas d'un oenologue nouveau pour Mattes), moins riche en alcool. Pendant presque dix ans, nous allions produire des vins sûrmuris, moins sur le fruit, plus chauds, parfois trop chauds, dont l'exemple type est le CLOS REDON 2003.
Aujourd'hui, ce fut un poulet au blanc, un peu par hasard. Ce devait être un sauté, mais je ne voulais pas aller courir un poulet d'origine Dieu sait ou en ce dimanche matin. Bref, le secret, si secret il y a, est de faire un bouillon et de le laisser cuire à feu doux longtemps. Celeri, clous de girofle, laurier, poivre, oignon, persil, carotte, un peu de thym, et du poireau, qui manqua. Ce bouillon est en plus excellent pour préparer un riz pilaf, ou des pâtes italiennes.
J'aurais aimé un clos redon un peu ancien sur ce plat assez lyonnais. Mais hier, en rangeant un peu la cave, j'ai trouvé qq bouteilles de SABRAN 2000.
2000 est un peu un millésime de transition a Mattes. 1999 avait été pitoyable a cause de la pluie. 2000 fut un des premiers caniculaires. Il marque aussi la transition dans le "style" de Mattes, qui je l'observe au fil du temps, est plus le reflet du régisseur que le mien.
Ce vin donc de 14 ans, ordinaire, car il s'agit d'une cuvée de base, vendue je pense l'équivalent de 20 FF la bouteille ou moins, a bien vieilli. La couleur n'a pas varié, assez dense. Le nez, j'en suis mauvais juge en ce moment en raison d'une sinusite durable, la bouche est souple, équilibrée, agréable, fruitée, sans doute le grenache, mais pas que lui. Surtout, ce qui frappe, c'est son bouquet, complexe et la ressemblance avec de vieux côtes du rhone. La longueur en bouche, environ 7-8, et surtout la queue de paon, la rétroolfaction, le gout revenant en bouche au bout de 3 secondes. Au final, un vin agréable, même s'il n'est pas aussi complexe que le Millénium, élevé en barriques, et sans doute plus riche en syrah.
Par rapport à la décennie suivante, le vin apparaît moins lourd, moins concentré (c'etait le premier pas d'un oenologue nouveau pour Mattes), moins riche en alcool. Pendant presque dix ans, nous allions produire des vins sûrmuris, moins sur le fruit, plus chauds, parfois trop chauds, dont l'exemple type est le CLOS REDON 2003.
samedi 8 novembre 2014
8 Novembre 2014 /CHEVREUSE 2008.
En ce samedi soir, la maison est tranquille, la nuit est noire. Oui, j'ai relu le document COLLECTION 2014, et en effet j'aurais pu modifier des tournures, avoir un français plus net. Prendre des mots plus choisis. Mais le fond serait resté le même. Il fallait que le texte parte, et le temps m'a manqué.
Depuis le 2 Novembre, le blog d'avant, les Chinois ont en effet confirmé leur intérêt pour la Sabran, et seconde prévision, le Président a parlé, mais n'a pas été entendu !
Tout se rejoint dans le souvenir, celui dont je parlais dans la Collection 2014. Parce que c'est le 8 novembre, parce que c'était Elle, nous avons ouvert à midi un CHEVREUSE 2008, dédié à ma mère, et qui aurait eu aujourd'hui 96 ans.
La nourriture est simple, mais ce Vin est Grand. Oui, sans doute x ou y le trouveront encore trop boisé, il a pourtant 6 ans, mais il est largement supérieur à beaucoup de Grands Crus Classés Bordelais. En le dégustant, non seulement je prends conscience que c'est rééllement un Grand Vin dont je suis fier, mais comme dit dans Collection, me reviennent mille choses de cette année 2008, si marquante à bien des égards.
Très curieusement, ils ne surgissent pas dans l'ordre chronologique, comme pour un film, mais dans le désordre. Les bons, les mauvais. Peu furent bons cette année là, sauf un été insouciant et prolongé. Oui, d'abord le dimanche de Paques, où la neige tombait a midi sur Lyon. Ses funérailles, le week end du 8 mai, dans un printemps retrouvé. La guerre du Liban. Mon licenciement au printemps, mes secousses au cocotier japonais, et ce bruit de pachinko. Les 20 ans de ma fille, à la maison, nous parqués et invisibles. Des invités s'égarent dans le couloir de ma chambre, je ratrappe ce couple sans moutons.. La fin d'un manuscrit de 5 ans. La première discussion avec un hacker hyerois étonnant. Surtout globalement, 2008 fut la dernière année de ce qui restera le monde d'avant, c'est à dire avant Lehmann Brothers...Il aurait pourtant suffi que les USA achètent toutes ces créances douteuses, j'avais calculé 3000 milliards de dollars à l'époque, pour éviter toute cette crise. alors que le QE a pesé depuis lors a peu pres le même montant.......
Mais je ne suis pas ministre des Finances, ni cultivateur de regrets. En cherchant, en voyant des photos, sans doute d'autres souvenirs reviendraient. La montée à ND des Anges. 2008, circonstances obligent, fut aussi la première année ou nous passames les vendanges à Mattes. N'est ce pas alors que fut mis la seconde version du site web ? quels travaux ai je fait cette année là ?
Plus les années passent, et plus je vois que les êtres qui nous entouraient étaient exceptionnels. Pourquoi ?
est ce que les circonstances qui les avaient forgés ? une enfance orpheline ? pourtant peu d'études, mais une culture orale immense, du bon sens, de l'énergie, du caractère !! et des principes stricts avec lesquels je n'étais pas toujours d'accord, loin s'en faut. En vrac, la messe deux fois par semaine (et à 9 H, à partir de 7 ans), la soupe pour commencer tout souper, pas de mauvaises lectures (et le territoire du permis était étroit, dicté par l'Eglise), et pour le reste, une grande indépendance. Elle se remit à travailler en 1968, à 50 ans, pour avoir son indépendance, et passa le permis, au grand étonnement de ses soeurs. Je ne l'ai jamais entendu dire du mal de quiconque, sauf de ma grand mère, femme solide, et de son beau frère, comme "pénibles". Pour le reste, elle aurait secouru l'humanité malade ! Mais quand elle avait un cap, permis, transformer sa cuisine, faire son devoir, rien ne l'aurait fait dévier. Son grand chagrin avait été de perdre sa soeur, brutalement et violemment, l'année de ma naissance, et elle ne remit jamais les pieds dans sa maison natale, par chagrin.
C'est une photo je pense des années 1920, elle est a droite, premier rang, avec ses 3 soeurs.
la, je pense, que c'est une photo prise peu apres 1945, avant son mariage.
tout est plus facile pour celle ci, ou je suis jeune, 25 ans, et mince !! elle a 60 ans, et cette photo fut prise dans la cathédrale de Chartres, en juin 1978.
Voila en quelques mots, son histoire, et la raison d'être de ce Vin, ô lecteur buveur .
PS du 9 novembre. Le lendemain, au déjeuner, sur une canette au poivre vert, sauvage, il fut encore plus splendide !! Il tiendra encore dix ans, je pense...et me reviendront encore quelques fortes paroles..
PS du 9 novembre. Le lendemain, au déjeuner, sur une canette au poivre vert, sauvage, il fut encore plus splendide !! Il tiendra encore dix ans, je pense...et me reviendront encore quelques fortes paroles..
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